Nous avons souhaité revenir sur l’histoire de notre courant, sa contribution à la lutte pour l’unité des révolutionnaires, à travers une sélection de textes qui sont autant d’éléments de bilans et de discussion sur les évolutions du capitalisme, de la situation sociale et politique, du mouvement ouvrier ainsi que du mouvement révolutionnaire qui ont façonné les coordonnées de la période actuelle.

La scission au sein du NPA tourne une page. Il ne s’agit pas simplement d’un nouvel épisode de la crise chronique du mouvement révolutionnaire mais d’un symptôme aigu de cette crise. Confrontés à cette situation nouvelle, il nous a semblé indispensable de revenir sur les années qui ont vu la naissance de notre courant, sa fusion avec la Ligue communiste révolutionnaire puis la fondation du NPA jusqu’à son explosion. Indispensable pour nous afin d’avoir une appréciation de notre politique au regard de la situation actuelle et être en mesure de la reformuler au regard des tâches nouvelles qui s’imposent à nous, aux militant.es du NPA toutes tendances confondues et à l’ensemble du mouvement révolutionnaire.

Ce retour sur le passé ne relève pas d’un quelconque narcissisme mais du besoin d’y voir clair, pour nous ainsi que pour celles et ceux qui le souhaitent, d’exercer leur critique ou de s’approprier la continuité de notre combat. La tâche peut sembler loin de l’urgence de maintenir le NPA, elle nous semble au contraire nécessaire. Maintenir le NPA, c’est en assumer l’histoire réelle, son caractère inédit et surtout comprendre les raisons de son échec pour en tirer les enseignements, tirer aussi les enseignements de notre propre politique d’unité des révolutionnaires qui n’a pas atteint ses objectifs. Cette expérience représente un apport qui nous semble indispensable pour dépasser les divisions et avancer vers un parti des travailleurs

Une nouvelle étape commence. Il s’agit bien de s’approprier le passé, de le comprendre pour saisir le moment que nous vivons, pour comprendre le monde, agir, refonder, remettre le travail sur le métier... Nous ne partons pas de rien, il n’y a pas de table rase, mais le fil rouge d’une histoire militante, d’une continuité politique qui doit se redéfinir au regard de nouvelles tâches dans une situation qui souligne à quel point serait nécessaire la refondation politique, théorique du mouvement révolutionnaire dans son ensemble, tous courants confondus, en lien avec l’activité militante, l’intervention dans les luttes.

Afin de faciliter à chacune et chacun le choix de textes qui jalonnent cette histoire parmi ceux que nous avons nous-mêmes sélectionnés, nous proposons un découpage en cinq étapes chronologiques :

  • 1995-1997, de l’appel au parti des travailleurs d’Arlette Laguiller au lendemain de l’élection présidentielle de 1995 à notre exclusion de Lutte ouvrière ;
  • 1997-2002, la politique pour l’unité des révolutionnaires et la fusion avec la LCR ;
  • 2002-2009, de la discussion sur le dépassement et l’élargissement de la LCR sur des bases révolutionnaires à la fondation du NPA ;
  • 2009-2017, la crise chronique du NPA ;
  • 2017-2022, de l’implosion à l’explosion du NPA.

Bonne lecture !

1995-1997, aux origines de notre courant

L’offensive contre les travailleurs et les peuples après le tournant de la crise économique mondiale des années 1987-1990, de la chute du Mur puis de l’effondrement de l’URSS accélère la mondialisation financière impérialiste et bouleverse à travers le monde les rapports de classes. Ici, les travailleurs répondent à la brutalité de cette offensive par une remontée des luttes, une sanction de la gauche après les quatorze années de Mitterrand, et un score électoral inédit à la présidentielle de 1995 d’Arlette Laguiller (5,3 %, 1,6 millions de voix) qui lance un appel à construire un parti des travailleurs. La direction de Lutte ouvrière y renonce dès l’été. Nous pensions pour notre part que cet appel devait définir une politique répondant aux données de la nouvelle période, une discussion qui n’a pu avoir lieu et fut brutalement tranchée par… notre exclusion en mars 1997. Quelques jours après nous éditions une brochure répondant aux calomnies de la direction de Lutte ouvrière et traçant nos perspectives :

 

1997-2002, après notre exclusion de Lutte ouvrière, militer pour un parti des travailleurs et unité des révolutionnaires, fusion avec la LCR

Alors que la gauche revenue au pouvoir poursuit son adaptation servile à la défense des intérêts des classes dominantes, de leur politique libérale et impérialiste qui voient les vieilles puissances s’engager dans la « guerre contre le terrorisme » après les attentats de 2001 pour défendre leur domination sur le monde, au sein du monde du travail, de la jeunesse, les ruptures s’approfondissent. L’extrême-gauche connaît de nouveaux succès électoraux. 5 députés Lutte Ouvrière-LCR sont élus au Parlement européen en 1999. A la présidentielle de 2002, Arlette Laguiller et Olivier Besancenot totalisent ensemble près de 3 millions de voix soit plus de 10 %. La question de l’unité des révolutionnaires vers la construction d’un parti des travailleurs se pose très concrètement, nourrit les discussions et échanges avec les autres courants, les militants de la revue Carré rouge, la tendance R ! de la LCR, la fraction de LO. En juin 2000, Voix des travailleurs fusionne avec la LCR.

Textes au moment de la fusion-intégration avec la LCR :

Un cadre de discussion dans la LCR, Débat militant :

 

2002-2009, vers la fondation du NPA

Alors que la mondialisation financière capitaliste conduit à la grande crise de 2008-2009, le mouvement antimondialisation se renforce tout en se limitant au terrain de l’antilibéralisme. Les grèves massives de 2003 sont conduites dans l’impasse par les directions syndicales soumises au dialogue social. La campagne unitaire pour le Non au référendum sur le Traité constitutionnel européen du 29 mai 2005 ravive au sein de la LCR les vieux démons de la recomposition à gauche avec en ligne de mire l’élection présidentielle de 2007. Et cela d’autant que la liste LCR-LO aux élections régionales de 2004 n’a pas eu les résultats escomptés. Au final, le succès de la candidature d’Olivier Besancenot en 2007 redonne l’initiative à la LCR tout en renforçant le courant hostile ou réticent à la politique d’unité avec LO qui elle-même prend ses distances. Se mettent ainsi en place les conditions qui vont présider à la fondation du NPA.

               Discussion sur la nécessité d’une nouvelle force politique :

Une plateforme au sein du congrès de la LCR :

A propos de l’accord électoral LO-LCR de 2004 :

Discussion à propos de l’antilibéralisme et du Non au référendum sur le Traité constitutionnel européen :

Dans la continuité de la présidentielle de 2007, la bataille pour un nouveau parti :

2009-2017, crise chronique au sein du NPA, départ de la Gauche anticapitaliste, la lutte pour sauver et refonder le NPA 

La crise financière et économique de 2008-2009 frappe le monde. Les peuples, les classes ouvrières, la jeunesse répondent : vague révolutionnaire dans le monde arabe, grèves générales en Grèce, mouvement des Indignés en Espagne, et tant d’autres. Ici, se succèdent les mouvements sur les retraites, les « nuit debout », la lutte contre la loi travail, etc. Le NPA fondé en 2009 est l’expression d’une réelle dynamique, un cadre ouvert et inédit de regroupement des anticapitalistes et des révolutionnaires, engagé dans les luttes, mais il laisse en suspens les questions stratégiques, la question du pouvoir. Après la fondation du Front de gauche, les ambiguïtés s’expriment sans retenue. Une partie de sa direction organise la première scission. La Gauche anticapitaliste rejoint Mélenchon au sein du Front de gauche. La première campagne de Philippe Poutou de 2012, au lendemain de la lutte contre la fermeture de l’usine Ford de Blanquefort en Gironde, aurait pu être un premier pas vers une refondation du NPA sur des bases ouvrières et révolutionnaires. Un premier pas bien trop timide pour pouvoir inverser les évolutions en cours.

Pour faire vivre la démocratie révolutionnaire au sein du NPA :

Le deuxième congrès du NPA et ses suites :

 

2017-2022, de l'implosion à l'explosion du NPA, la mue douloureuse du mouvement révolutionnaire, une nouvelle page à écrire...

Les réponses des classes dominantes à la crise de 2008-2009 ne font qu’en aggraver ses conséquences du point de vue du monde du travail sans apporter la moindre réponse à plus long terme à la déroute capitaliste. Les partis de droite et de gauche, le PS avec Hollande revenu au pouvoir de 2012 à 2017 et qui a propulsé Macron, sont discrédités au profit de l’extrême droite et des forces les plus réactionnaires. La gauche essaie de se recycler dans un nouveau populisme social et écologiste, cherchant à capter les aspirations de celles et ceux qui luttent. Son échec sans combat en Grèce en 2015 accentue son discrédit. Pour le NPA, la campagne ouvrière de 2017 rencontre un large écho, en phase avec la colère des classes populaires... mais, en interne, c’est l’implosion, la paralysie, produit du refus d’organiser la discussion stratégique pour choisir entre l’orientation vers un parti révolutionnaire des travailleurs, ou celle des « partis larges non délimités ». La crise s’approfondit jusqu’à l’explosion.

Le 4ème Congrès du NPA :

Une nouvelle période et une nouvelle page à écrire :

Une bataille pour l’indépendance de classe contre la politique d’unité avec LFI de la direction du NPA :

Le dernier congrès du NPA :

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