Nous voudrions saluer la mémoire et le combat de notre camarade Alain Krivine qui nous a quitté.es samedi. Nous partageons avec les siens, ses proches, nos camarades du NPA, toutes celles et ceux qui ont partagé sa révolte, ses idées par-delà les divergences ou désaccords, l’émotion, la tristesse, le sentiment d’un manque que fait naître l’évocation de sa mémoire, des souvenirs, des multiples combats dans lesquels il était pleinement engagé.

Il était le symbole d’une génération, d’une époque, celle des révolutions anticoloniales, de la lutte contre le stalinisme, de l’attachement au trotskysme, de la révolution de 68 dont nous croyions qu’elle allait changer le monde… Il en restait et en restera la constante expression, la continuité, une belle vie de luttes et de fidélité révolutionnaire.

Exclu du PCF, puis fondateur de la JCR, il fut de cette phalange de jeunes qui, avant 68, avait eu l’audace, la force de caractère, l’indépendance d’esprit nécessaires pour faire vivre le mouvement trotskyste, ces organisations faibles et minoritaires qui permirent à celles et ceux qui rejoignirent le combat révolutionnaire après Mai 68 de s’approprier le capital politique qu’elles représentaient.

Il fut à l’élection présidentielle en 1969, alors sous les drapeaux, le candidat du mouvement de Mai, soutenu par Lutte ouvrière, et deviendra acteur de la lutte pour l’unité des révolutionnaires toujours soucieux du respect des autres courants et de la démocratie.

Quand, après l’exclusion de Lutte ouvrière en mars 1997 des camarades à l’origine de notre courant -nous voulions faire de l’appel d’Arlette Laguiller, après l’élection présidentielle de 1995, à la construction d’un parti des travailleurs une politique dynamique, ouverte en particulier à la LCR-, il fut pour nous un point d’appui. Après les élections européennes de 1999 qui virent Lutte ouvrière et la LCR obtenir 5 député.es, dont Alain, au Parlement européen, nous illustrions notre politique d’unité des révolutionnaires en parlant du « parti d’Arlette et d’Alain ». Et il sut aider au travail collectif après que le congrès de la LCR de juin 2000 ait entériné le processus de « fusion-intégration » entre la LCR et Voix des travailleurs.

Au-delà des divergences, des différences d’histoire, voire de conceptions militantes, malgré les inévitables conflits internes, il gardait un sens collectif, solidaire et fraternel, respectueux des autres. Son ironie, son humour parfois sarcastique n’épargnaient aucune bêtise ou prétention.

Il reste pour nous cette figure de rassemblement, d’ouverture, d’unité et de fidélité à ses idées et à soi-même. Avec lui, une page se tourne mais la contestation et les idées de Mai qu’il a contribué à semer trouvent une force et une jeunesse nouvelles…

Salut camarade !

Démocratie révolutionnaire

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