Alors que la crise mondiale du capitalisme s’accentue, le mouvement révolutionnaire, sans stratégie, écarte la possibilité d’une campagne présidentielle unitaire et commune
- Par Démocratie révolutionnaire
Sans prendre la mesure de la brutale accélération de la lutte de classe à l’échelle internationale et de la crise politique qui mine les USA et les vieilles puissances impérialistes dont la France, du mûrissement de la crise globale du capitalisme où convergent stagflation et menace de krach, guerres, extrême droite et menace fasciste, catastrophe écologique, pandémie, le mouvement révolutionnaire, enfermé sur lui-même, affiche, une nouvelle fois, ses divisions pour la campagne présidentielle. Que ce soit Révolution permanente, Lutte ouvrière, le NPA-A, le Parti des travailleurs, alors que le NPA-R faisait le choix de ne s’adresser qu’à LO, chaque fraction raisonne en fonction de ses propres intérêts et objectifs, en fonction de sa propre construction plutôt que de l’ensemble du mouvement.
L’affaire n’est pas nouvelle, elle se pose de façon plus aiguë aujourd’hui et ne peut être perçue et comprise, au regard des enjeux, que comme une irresponsabilité qui ne répond pas aux intérêts des travailleur·es et exprime, quant au fond, une impuissance politique qu’il nous faut comprendre et analyser pour contribuer à la surmonter.
En faisant passer leurs intérêts fractionnels avant ceux de l’ensemble du mouvement, les différentes fractions révolutionnaires restent prisonnières du système, du jeu électoral qu’elles surestiment, complément de la surestimation, chacune, de leur propre rôle. Il y a là une façon de s’intégrer au système, à la marge certes mais néanmoins, élections d’un côté et travail syndical de l’autre, le tout combiné à une absence de stratégie préjudiciable au travail d’organisation démocratique des travailleur·es et de la jeunesse.
Une telle attitude est contraire aux intérêts du mouvement révolutionnaire. Non qu’il s’agisse de prétendre créer une dynamique électorale, mais bien de donner du crédit à nos idées pour aider à l’organisation démocratique du monde du travail et de la jeunesse dans la perspective d’un parti révolutionnaire.
Au sein du NPA-R, Démocratie révolutionnaire a défendu une tout autre politique dans une motion soumise au vote du Conseil politique national d’avril et dont l’intitulé résume le contenu, « Engager des discussions pour avancer vers un pôle démocratique des révolutionnaires contre la guerre, les profiteurs de guerre et la vie chère et pour une campagne commune pour l’élection présidentielle »[1]. Elle est restée sans réponse, ignorée par les deux fractions qui dirigent le NPA-R, qui décident et tranchent sans la moindre discussion publique entre elles au profit de compromis bureaucratiques.



