Au cœur de la canicule, de la violence sociale, des inégalités insupportables, l’accumulation sans limite de richesses entre quelques mains au détriment de toute la population
- Par Christine Héraud
Marx écrivait dans Le Capital : « l’accumulation de richesse à un pôle signifie donc en même temps à l’autre pôle une accumulation de misère, de torture à la tâche, d’esclavage, d’ignorance, de brutalité et de dégradation morale pour la classe dont le produit propre est, d’emblée, capital » (Le Capital, livre 1 chap. XXIII). Cette phrase décrit avec précision le monde d’aujourd’hui malgré les gigantesques progrès scientifiques et techniques accomplis depuis par le travail humain.
Depuis l’époque de Marx, la concentration des richesses n’a cessé de croître de manière fulgurante, exponentielle aujourd’hui et a creusé les inégalités de façon tout aussi exponentielle.
La canicule en révèle brutalement les effets dramatiques pour les travailleur·es et les populations les plus pauvres et les aggrave. Plus de quarante degrés au thermomètre de ce deuxième épisode caniculaire depuis mai, un véritable enfer dans les logements dont la moitié sont catalogués comme bouilloires thermiques, au travail où l’immense majorité des usines, ateliers, cuisines de restaurant n’ont ni climatisation ni même ventilation, dans nombre d’hôpitaux, services psychiatriques, Ehpad et autres établissements où patients et personnels suffoquent. Partout les travailleur·es doivent bricoler avec les moyens du bord pour rendre l’air plus respirable. Le gouvernement, paniqué face à son irresponsabilité, a donné des consignes en urgence pour faire fermer des milliers d’écoles, reporter des examens, annuler à l’aveugle des évènements publics, arrêter les transports.
Tout entiers investis dans leur politique au service du CAC40 et le militarisme qui l’accompagne, les gouvernements qui se sont succédé depuis des décennies sont tout aussi incapables d’engager la lutte contre le réchauffement climatique que de prévenir et d’anticiper ses effrayantes conséquences. Ainsi, le Fonds vert destiné aux collectivités pour lutter contre le réchauffement climatique est passé de 2,5 milliards à 850 millions, celui pour la rénovation des logements a été amputé de 600 millions. Des coupes budgétaires qui s’ajoutent à toutes celles qui pillent les budgets publics pour alimenter les profits des milliardaires et de la finance.



