Samedi dernier, le 24 octobre, l’Acte II Gilets/jeunes a été un formidable pied de nez à Macron qui deux jours plus tôt à la télévision, dans une déclaration de 8 minutes, où pas un mot n’était consacré aux revendications des jeunes et des travailleur·es, avait recommandé sur un ton martial, mesures d’interdictions à l’appui, « qu’il n’y ait pas de manifestations dans les jours à venir ». Malgré la frénésie répressive débridée de son gouvernement, des Lecornu, Nuñez et Darmanin, ce sont 800 000 manifestant·es qui lui ont répondu dans des cortèges aussi massifs, déterminés et joyeux que le 17 octobre.
Se tenait en même temps à Orléans, sous haute protection policière, 2000 CRS et gendarmes mobiles supplémentaires, un blindé Centaure et des canons à eau, le congrès d’un RN aux portes du pouvoir. Les militants d’extrême droite ont réélu à près de 99 % président du parti l’antisémite Bardella. Les informations de Mediapart avaient révélé qu’il avait été biberonné dès ses premiers pas au FN à l’antisémitisme de Soral et qu’il se répandait en accusations complotistes contre les Juifs dans ses échanges privés sur le net. Les dirigeants du RN, bien au courant des faits, se sont reconnus dans leur poulain, fidèles aux origines de leur parti fondé par d’anciens Waffen-SS et le tortionnaire, fier de l’être, de la guerre d’Algérie, un Le Pen père qui avait affirmé à plusieurs reprises que les chambres à gaz n’étaient qu’un « détail de l’histoire » de la Deuxième guerre mondiale.
Au congrès lui-même, les gros bras du service d’ordre du RN ont expulsé violemment des militants de l’Union des Etudiants juifs de France (UEJF) qui avaient déployé une banderole dénonçant l’antisémitisme du RN. « Bardella réélu : le racisme et l’antisémitisme ça ne dérange pas le RN, au contraire ! ». Les médias aux ordres, si prompts d’ordinaire à accuser le prétendu antisémitisme de LFI comme de toutes celles et ceux qui dénoncent les crimes de masse de l’État israélien, n’ont pas dit un mot de l’épisode.