Une fraction du monde du travail et de la jeunesse vote révolutionnaire contre la guerre, le militarisme et le capitalisme ; un réel courant qui a besoin de se constituer en parti
- Par Isabelle Ufferte
Si les municipales ont sans surprise été marquées par une abstention record, hors période Covid, expression de la défiance grandissante vis-à-vis des institutions même locales, une fraction minoritaire mais non négligeable du monde du travail s’est emparée des candidatures révolutionnaires pour faire entendre la contestation du capitalisme qui plonge le monde dans le chaos, malgré les divisions et rivalités entre Lutte ouvrière, le NPA-Révolutionnaires, Révolution permanente ou le Parti des travailleurs, qui se présentaient parfois en concurrence sans aucune concertation.
Ces listes construites et animées par des collectifs de travailleur·es avec ou sans emploi, des jeunes étudiant·es ou précaires, des retraité·es ont affirmé le refus de la guerre, du militarisme, la nécessité que les travailleur·es, cell·eux qui font tourner la société, postulent à la prendre en main et la diriger. Toutes reprenaient ou déclinaient le slogan des manifestations « C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons ! ».
Au total, les révolutionnaires ont rassemblé 117 038 voix dont 74 600 pour LO, qui présentait 266 listes (24 élu·es), 18 445 pour le NPA-R avec 29 listes (1 élue dans la banlieue rouennaise), 12 382 pour RP avec 9 listes (2 élu·es à Saint-Denis) et 11 531 pour le PT pour 59 listes. Si les résultats sont modestes, à part dans de petites villes ouvrières où ces listes étaient la seule opposition (jusqu’à plus de 20 % pour LO) et dans des banlieues populaires, elles ont permis l’expression d’un courant bien réel dans le pays qui ne se résigne pas à l’air ambiant, au rouleau compresseur réactionnaire qui vise à écraser toutes celles et ceux qui résistent. Un courant qui affirme la solidarité internationaliste des exploité·es, qui s’oppose au consensus militariste, guerrier, nationaliste et qui porte la perspective d’une société débarrassée des oppressions et de l’exploitation, reposant sur la solidarité et l’entraide, une société socialiste, communiste. Un avenir qui dépend de nous, de notre capacité à dépasser les divisions pour unir nos forces, du rassemblement démocratique du monde du travail et de la jeunesse pour contester le pouvoir à l’ultra-minorité parasite.



