Macron a cru un moment pouvoir s’élever vers des sommets, ou du moins un peu au-dessus de sa bassesse quotidienne, en recevant le président chinois Xi Jinping comme il avait tenté, non sans ridicule, de le faire au début de son mandat avec Trump à peine élu. Tout aussi ridicule cette fois, face à la puissance capitaliste chinoise, le vieil impérialisme français fait figure de lilliputien. Il a cependant tenté de se hisser sur ses épaules pour mener… sa campagne électorale pour les élections européennes en conviant à la réception Merkel et Junker… Macron prend la pause du défenseur d’une Europe capitaliste en déroute en prétendant imposer à la Chine des relations équitables ! Le blabla macronien...

« La compétition positive » ou les ravages de la concurrence capitaliste

Xi Jinping comme Merkel ont joué le jeu pour se faire les avocats du multilatéralisme face à l’offensive des USA de Trump. « Ce que nous voulons bâtir ensemble, c'est un cadre multilatéral rénové, plus juste, plus équilibré », dixit Macron auquel Xi Jinping répond poliment qu’entre la Chine et l'UE, « certes il y a des points de désaccord, de la compétition mais c’est de la compétition positive […]. Nous sommes en train d’avancer ensemble ». Certes, et pour donner du crédit aux propos, quelques contrats déjà engagés à parapher, comme celui passé avec Airbus pour quelque 30 milliards d’euros nous dit-on, ne font pas de mal. D’autant que de la signature à la concrétisation, la route est longue...

Au même moment, la Grande Bretagne va vers un Brexit non négocié. L’Italie vient de s’engager à participer aux investissements de la nouvelle Route de la soie mise en chantier par la Chine. La montée du nationalisme et des politiques protectionnistes sapent les bases de l’Europe du capital.

Macron essaye de négocier la place de la France en s’appuyant sur l’Allemagne et l’UE au moment où celle-ci est en train d’exploser sous la pression de la logique capitaliste dont elle a fait sa constitution et son credo, « la concurrence libre et non faussée ».

En réalité, le capitalisme financiarisé mondialisé, c’est la mondialisation de cette concurrence que Xi Jinping appelle par euphémisme « la compétition positive » qui dresse les États les uns contre les autres pour défendre les intérêts de leur classe capitaliste alors que les multinationales tirent les ficelles.

La Chine a conquis sa place de grande puissance capitaliste en surexploitant des centaines de millions de paysans transformés en prolétaires. Elle veut aujourd’hui profiter de sa force sur le terrain international en jouant le jeu de la « compétition ». La Route de la soie s’inscrit dans cette politique en finançant pour plus de 1000 milliards de dollars des infrastructures pour interconnecter des voies de chemin de fer, des routes ou des ports entre la Chine, l’Asie et l’Europe. Une façon de construire des alliances avec 68 pays.

Aussitôt, les USA, qui ont imposé leur domination au monde entier dont ils pillent les richesses et qu’ils ruinent, y voient une menace qui, selon le directeur du FBI, « pèse sur toute la société » et mérite « une réponse à l’échelle de l’ensemble de la société ». Des propos qui viennent justifier la guerre commerciale contre la Chine qui met en danger l’économie de l’ensemble de la planète et pourrait bien se retourner contre ses instigateurs.

L’issue, le soulèvement des travailleurs et des peuples

C’est bien de l’économie de marché, de cette concurrence stupide et aveugle, de la course à la rentabilité financière que toute la société est malade. C’est d’elle dont sont victimes les travailleurs et les peuples eux mêmes mis en concurrence au nom de la course à la compétitivité qui justifie la remise en cause des moindres droits sociaux et démocratiques. C’est elle qui accentue les inégalités, concentre les richesses entre quelques mains, étouffe toute démocratie, engendre la crise climatique et conduit l’humanité à la régression voire au krach généralisé alors que des progrès extraordinaires ont été réalisés. Ces bouleversements ouvrent une nouvelle époque.

Le soulèvement des travailleurs et du peuple algériens s’y engage en tournant la page d’une époque révolue pour mettre fin à la sinistre farce d’un pouvoir morbide. Comme ici le mouvement des gilets jaunes en tant qu’expression d’une révolte de l’ensemble des classes populaires tourne une page. Lui aussi représente une première victoire des classes populaires au sens où il a profondément affaibli le pouvoir auquel il a imposé un premier recul. Il a ouvert une crise qui ne pourra trouver d’issue que dans la mobilisation, l’organisation du monde du travail, de sa jeunesse pour imposer leurs droits et instaurer une démocratie révolutionnaire, imposer son contrôle sur l’économie et la marche de la société. Cela est vrai ici, au niveau de l’Europe comme de toute la planète.

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