La sanglante et absurde partie de poker menteur qui se joue sur le dos des peuples au Moyen-Orient au prix du génocide du peuple palestinien, de milliers de morts et de destructions considérables, entre les USA, Israël, l’Iran et le Liban se poursuit après que Trump a décidé de laisser la porte ouverte à la reprise des négociations. Parler de prolongation sine die du cessez-le-feu est en réalité une fiction hypocrite alors que les USA maintiennent le blocus des ports iraniens et qu’Israël continue ses bombardements, que son armée rase le Sud-Liban. Trump prolonge le cessez-le feu pour mieux poursuivre la guerre !

La mise en scène odieuse orchestrée par Trump se vantant de détruire l’Iran ramené à l’âge de pierre et plongeant l’économie mondiale dans la crise illustre l’impasse et l’échec de la guerre engagée contre l’Iran, le 28 février, par Israël et les États-Unis. Elle s’inscrit dans la continuité des agressions terroristes qui s’enchaînent depuis le 7 octobre 2023 et de la guerre génocidaire d’Israël.

Elle n’est pas la conséquence de la seule démence de Trump mais bien de la démence d’une classe prise de panique devant son propre déclin, se laissant emporter par sa furie guerrière pour perpétuer sa domination historiquement dépassée de façon irréversible du fait du développement du capitalisme à l’échelle mondiale et de l’intégration de toutes les nations au marché international.

Elle est la terrible et barbare démonstration de l’irréversible déclin de la première puissance mondiale ayant perdu sa suprématie et incapable d’imposer la paix par la force malgré son hyper puissance militaire qui représente plus de la moitié des dépenses de défense mondiale.

Trump prétend que le peuple américain est victime du reste du monde, en fait, c’est le pillage du monde qui a enrichi les USA et c’est grâce à l’ouverture des frontières appelée libéralisation du commerce et mondialisation que Wall Street a imposé sa loi.

Dépassé par le développement du capitalisme et la concurrence qui s’en est suivie et qu’ils ont eux-mêmes impulsée, incapables de maintenir une stabilité qu’ils ont eux-mêmes rompue, obsédés par la volonté de maintenir leur domination, ils deviennent un facteur aggravant du désordre mondial.

La farce sanglante et tragique que Trump met en scène à la face du monde est le spectacle de la première puissance mondiale ayant perdu ses repères moraux, politiques, économiques et militaires, prise de panique dans sa fuite en avant, invoquant dieu et la bombe atomique pour insulter le pape, ses alliés et les peuples, prise de panique devant l’avenir qu’elle voudrait construire et la menace du soulèvement de son propre peuple, des exploité·es et du prolétariat.

La guerre accélère les processus politiques, économiques et sociaux qui conduisent à l’implosion de l’empire américain, inaugurant une ère marquée non par la suprématie chinoise, mais par un ordre politique et économique en décomposition, l’effondrement d’un capitalisme ayant épuisé ses possibilités ouvrant des perspectives révolutionnaires pour la classe ouvrière partout dans le monde.

Le capitalisme n’a jamais connu la paix autrement que sous la forme d’un répit entre deux guerres, aujourd’hui il s’engage dans une ère de guerre permanente mondialisée qui ne peut que produire son effondrement économique, une fin sinistre dont le prolétariat n’a pas à craindre de hâter l’échéance pour construire un nouvel ordre social, le socialisme.

La guerre composante de l’économie capitaliste, accélérateur de l’agonie du capitalisme sénile

Les énormes profits spéculatifs que réalisent une poignée de multinationales et de milliardaires profiteurs de guerre, la fermeture du détroit d’Ormuz, l’inflation et le militarisme sont l’illustration de la faillite de la minorité capitaliste des milliardaires qui dirigent la planète. Incapable d’organiser rationnellement la marche de l’économie et des échanges, dominée par la logique du profit à tout prix, par la concurrence qui opère en permanence une sélection sans pitié entre capitalistes et concentre toujours plus le capital entre quelques mains, la classe dominante ne peut qu’aggraver les contradictions dont elle est prisonnière.

La guerre permanente dans laquelle le capitalisme entraîne l’humanité est l’expression de la schizophrénie d’un système déchiré par la contradiction irréductible et violente entre la propriété privée capitaliste et la socialisation mondialisée des forces productives, des techniques et des échanges.

L’exploitation violente du prolétariat se combine avec la lutte violente et armée pour l’appropriation des richesses produites et les luttes, la concurrence technologique, commerciale et monétaire, militaire entre les différentes fractions nationales du capital.

La contradiction entre propriété privée et socialisation s’exprime dans la concurrence, les rivalités entre les nations, la guerre, le militarisme qui, aujourd’hui, à l’heure de la mondialisation financiarisée, combine étroitement guerre économique, financière et militaire.

Cette contradiction entre propriété privée capitaliste et socialisation de la production et des échanges se manifeste dans l’affrontement entre la minorité parasite des milliardaires et le prolétariat.

Le développement mondialisé du prolétariat moderne signe la condamnation et la fin de la minorité parasite et démente qui a perdu tout contact avec la réalité et voudrait imposer sa folie au reste de l’humanité par un déchaînement de violence barbare. La brutale accélération de sa marche à la faillite à travers l’accélération de la guerre commerciale et militaire provoquée par les USA accentue les luttes de classes à l’échelle internationale et au sein de la citadelle capitaliste que sont les USA. Un affrontement sans trêve est en route.

Vers une crise révolutionnaire mondialisée

Tout au long de son histoire, le capitalisme a évolué de crise en crise, de révolution en révolution qu’il n’a surmontées qu’à l’aide d’expédients financiers, répressifs et militaires pour conquérir de nouveaux territoires, de nouveaux marchés dans une marche sanglante et chaotique contre les peuples et le prolétariat. Il a repoussé l’échéance fatale tout en renforçant les causes de sa maladie, des capitaux pléthoriques dévorant la production de l’intérieur alors que les possibilités d’expansion du marché se réduisaient. Le capitalisme a atteint ses limites historiques.

La dernière crise qu’il a connue, la grande récession de 2008-2009, a montré la même incapacité, expédients financiers pour sauver le système bancaire, expansion du crédit quoi qu’il en coûte pour maintenir la production et les profits, développement spéculatif de l’IA pour au final centrer tous ses efforts dans la guerre commerciale et militaire accentuée par Biden avant que Trump n’en fasse une croisade au nom de la religion du profit et de la violence dominatrice.

Tant que le capital trouvait de nouveaux marchés solvables, il pouvait reprendre sa marche en avant, aujourd’hui son horizon est bouché. Les gigantesques moyens de production que les progrès scientifiques et techniques, le travail humain ont permis de développer se heurtent aux limites du marché alors que le capitalisme s’est développé à l’échelle de toute la planète. La concurrence fait rage et le capital devient de plus en plus prédateur et destructeur, prédateur des richesses des peuples, prédateur du travail humain, destructeur de la nature, menace pour la civilisation même par le militarisme et le nucléaire.

La politique d’armement, la guerre implique une austérité chronique pour alimenter les budgets militaires tout en maintenant les profits du capital sous perfusion permanente.

La hausse des prix des carburants, l’inflation conséquences de la guerre permettent une explosion des profits d’une minorité alors que la population et le monde du travail voient leur niveau de vie reculer.

La guerre renforce les inégalités de façon insupportable. Elle aggrave les tensions entre les classes dans le même temps qu’elle sacrifie les vies humaines, ruine les populations des pays directement engagés dans cette course barbare, prépare un effondrement financier et économique, amplifie une crise écologique destructrice, engendre la réaction et la dictature.

A travers les affrontements militaires et les affrontements sociaux et politiques de classe se crée une nouvelle conscience internationale de rejet du capitalisme et des forces politiques et sociales qui le servent, annonciatrice de nouveaux processus révolutionnaires.

L’histoire ne se répète pas, le mouvement ouvrier a besoin d’une stratégie internationaliste révolutionnaire pour répondre aux nouvelles possibilités objectives et subjectives de la période

Il serait erroné et aveugle de voir dans les processus bellicistes en cours la répétition des deux guerres impérialistes mondiales du siècle dernier, vision conservatrice que, paradoxalement, on retrouve au sein des milieux révolutionnaires comme si l’histoire n’était qu’une simple continuité ou répétition. Cette vision s’accompagne d’un certain fatalisme, d’un catastrophisme paralysant que voudraient corriger les proclamations révolutionnaires ou anti-impérialistes.

L’enjeu des guerres impérialistes du XXème siècle était le repartage du monde et la lutte entre une poignée de puissances impérialistes pour le leadership mondial après que l’Angleterre eut perdu sa suprématie alors que les USA devenaient la première puissance mondiale. Aujourd’hui aucune puissance, même la Chine, n’est en mesure d’imposer sa domination au monde pour prendre la place des USA. Le capitalisme mondial est en voie de décomposition à travers la guerre économique et militaire mondialisée.

La seule réponse à ce chaos est le socialisme.

Le déclin en cours du capitalisme est la conséquence de son propre développement qui a porté les contradictions du système à un niveau jamais atteint, un chaos capitaliste qui rend improbable la répétition des processus militaires du passé mais conduit à un chaos militariste et guerrier, un affaiblissement, voire un effondrement du capitalisme, qui prépare un processus révolutionnaire mondialisé. La révolution permanente a poursuivi son travail...

Loin de voir l’avenir à travers les victoires et défaites du passé, le mouvement révolutionnaire a besoin d’anticiper les évolutions objectives et subjectives en cours non pas avec un regard catastrophiste, sans perspective, mais en anticipant les possibilités révolutionnaires qui mûrissent.

Prendre argument de ce que le niveau de conscience des travailleur·es, de la jeunesse serait trop en retard serait en réalité une mythification du passé, idéalisé par celles et ceux qui en font un modèle dont ils seraient les détenteurs et les continuateurs alors qu’il est l’histoire des luttes de classes telles qu’elles se sont développées, riches de l’enseignement des victoires comme des défaites, pour aboutir à une nouvelle période de guerres et de révolutions qui porte en elle l’avenir de la société.

La tâche centrale de notre époque est bien de hisser le mouvement révolutionnaire à la hauteur de ses ambitions, c’est-à-dire des besoins du prolétariat qui, ainsi que le disait Marx, est révolutionnaire par sa position dans les rapports de classes au cœur de la production, position qui nourrit très concrètement ses évolutions de conscience alors que les directions révolutionnaires restent enfermées dans ce qu’elles considèrent comme leur légitimité, l’héritage du passé mais aussi le poids des défaites.

Face à l’impuissance du pacifisme et des proclamations anti-impérialistes, l’internationalisme révolutionnaire

Loin d’idéaliser le passé nous avons besoin d’en dégager les enseignements, de les assimiler en les inscrivant dans le nouveau processus historique, par nature-même profondément original, à strictement parler inédit. A défaut de saisir le contenu de la période que nous vivons, les proclamations pacifistes, anti-impérialistes, voire révolutionnaires, communistes révolutionnaires sans contenu prennent inévitablement le dessus, illusions du verbe qui, pratiquement, laisse la place à une dénonciation de la guerre abstraite et pacifiste, une déclaration de guerre à la guerre sans les moyens de mener cette guerre, c’est-à-dire sans stratégie.

La difficulté à inclure la lutte contre la guerre par procuration d’Ukraine contre l’agression de Poutine dans la même lutte contre la guerre génocidaire des USA et d’Israël contre le peuple palestinien, contre la guerre au Moyen-Orient, dans une même lutte globale internationaliste contre l’offensive engagée par les USA et le capitalisme, est symptomatique des faiblesses du mouvement révolutionnaire qui laissent ainsi la place au pacifisme ou à un anti-impérialisme propagandiste qui conduit à vider l’internationalisme de son contenu révolutionnaire.

Déjà, à l’époque des luttes et des révolutions nationales des peuples coloniaux pour arracher leur indépendance nationale, le mouvement de soutien anti-impérialiste, soucieux de combattre les sales guerres coloniales, a été amené à s’aligner sur la petite bourgeoise nationaliste, se revendiquant ou pas du communisme, en renonçant à la lutte internationaliste du prolétariat désarmé par la réaction stalinienne, pour voir dans le Cuba de Castro, la Chine de Mao, le Vietnam d’Ho Chi Minh de nouveaux Etats ouvriers et socialistes.

Aujourd’hui, pas plus l’Iran que l’Ukraine n’échappent aux rapports de classes et aux rivalités entre nations au sein du capitalisme financiarisé mondialisé dont leur bourgeoisie et leur Etat sont des acteurs, y défendent leur place par l’exploitation et le sacrifice de leur prolétariat.

L’anti-impérialisme devient une formule creuse qui n’a d’autre fonction que de capter la révolte contre la guerre sans lui fixer de perspective révolutionnaire en actualisant les enseignements du passé du mouvement ouvrier révolutionnaire dont Trotsky a transmis les acquis. La lutte contre la guerre est la lutte contre notre propre bourgeoisie pour sa défaite et la conquête du pouvoir, le socialisme dans une perspective internationaliste.

Il n’y a pas d’autre stratégie révolutionnaire.

A défaut, l’opposition à la guerre laisse la place à la politique de la gauche syndicale et politique. LFI en exprime les confusions et ambiguïtés, incapable d’imaginer une issue hors du cadre institutionnel de l’État capitaliste national, partie prenante de la guerre.

Après le 28 février, Mélenchon a dénoncé une guerre d’agression « négation de tout droit international » pour en appeler à la diplomatie de Macron : « Face au danger qui monte, plus que jamais le droit et les Nations-Unies sont les seuls moyens de la France ». Comme si le droit international n’était autre chose que la codification hypocrite de la loi du plus fort.

Mélenchon et Panot, même ostracisés et calomniés par les autres partis à cause de leur soutien au peuple palestinien, ont déclaré que « la France doit honorer ses engagements » participant au concert de tous les chefs de parti, en pleine campagne municipale pour approuver sans réserve l’envoi du porte-avions Charles De Gaulle en Méditerranée.

Le mot d’ordre qui était au centre du rassemblement contre la guerre du 17 avril à Paris, « Aucune participation française à cette sale guerre », revient à prétendre avoir une politique pour la France ce qui vide l’internationalisme de son contenu révolutionnaire pour s’aligner sur la politique de LFI qui se revendique, elle, de la France.

La seule politique du mouvement ouvrier pour la paix consiste à lutter pour renverser ce gouvernement belliciste et militariste, à souhaiter la défaite de notre propre bourgeoisie impérialiste, et c’est seulement de cette manière que nous pouvons être solidaires des exploité·es et opprimé·es du Moyen-Orient.

L’ennemi est dans notre propre pays, nous souhaitons sa défaite et celle de ses alliés

David Amiel, Ministre de l’Action et des comptes publics, a annoncé que la « situation géopolitique instable au Moyen-Orient » aurait « un coût pour les finances publiques de 6 milliards d’euros » en précisant que « toute nouvelle dépense devra être compensée ». Lecornu confirme tout en annonçant un « dispositif d’accompagnement » face à la hausse des prix du carburant pour « les grands rouleurs », un geste dérisoire alors que l’inflation fait des ravages au sein des classes populaires.

Pas question pour les milliardaires et leur Etat de payer le prix de la guerre dont ils sont partie prenante, leur guerre. Pas question de supprimer les taxes sur les carburants et les produits de première nécessité, pas question de prendre sur les profits des grands groupes capitalistes comme Total ou Lactalis, pas question d’augmenter les salaires et de s’opposer aux licenciements. Le gouvernement et l’État retournent leur propre faillite contre celles et ceux qui en sont les victimes pour leur imposer de nouveaux sacrifices.

Leur politique tant économique que militaire n’a d’autre but que servir les intérêts du CAC40 face à la tourmente qui secoue leur propre système.

Le monde du travail, la jeunesse ont besoin de rompre le carcan idéologique, nationaliste que la bourgeoisie voudrait leur imposer et auquel se plie la gauche syndicale et politique. Le pouvoir voudrait donner en exemple le sacrifice de deux soldats français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). « La nation s’incline devant la mémoire d’un de ses fils qui a donné sa vie pour elle », a déclaré la ministre des Armées, Catherine Vautrin, lors de l’hommage rendu à l’un d’eux. Et Mélenchon demande « l’armement au niveau d’un droit de réplique des sept cents soldats français déployés par la FINUL » faisant semblant de croire à la neutralité de la FINUL, une façon indirecte de soutenir Netanyahou ! Ainsi que le disait Anatole France, « On croit mourir pour la patrie et on meurt pour des industriels ».

Les travailleur·es n’ont aucune raison de sacrifier leur vie au capital, aux milliardaires dont la politique est toute entière tournée contre eux. Il leur faut les combattre, ce qui exige une totale liberté de penser, de manœuvre et d’action, une pleine conscience de nos propres intérêts et perspectives au mépris de toute union nationale.

Notre politique vise à donner les moyens à la classe ouvrière, au monde du travail de se protéger en imposant leurs exigences, l’augmentation des salaires et l’échelle mobile, l’interdiction des licenciements et le partage du travail entre toutes et tous, l’annulation de la dette et la mise en place d’un monopole public bancaire pour financer la production en fonction des besoins sociaux. Elle est indissociable de notre politique contre la guerre.

Nous refusons de payer pour leur guerre parce que nous refusons cette guerre qui vise les peuples et les travailleur·es et qui nous vise nous aussi.

Trump, Netanyahou, Macron and Co savent que la principale menace pour eux et les milliardaires qu’ils servent, c’est la classe ouvrière, la révolution sociale qui gronde aussi bien aux USA que dans le reste du monde. Elle gronde aussi en Iran où, avant que Trump et Netanyahou n’écrasent le pays déjà affamé par les sanctions économiques sous les bombes, les travailleur·es, la population pauvre s’étaient soulevé·es. Nous souhaitons la défaite des USA, d’Israël et de leurs alliés dont la France mais nous savons que la paix au Moyen-Orient passe par la victoire des exploité·es et des opprimé·es contre la dictature théocratique de l’État capitaliste d’Iran.

Notre solidarité avec elles et eux que nous exprimerons dans la rue le 1er mai est notre combat contre notre propre bourgeoisie.

Yvan Lemaitre

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