Ce dimanche nous sommes invité·es à voter pour les élections municipales alors que la guerre de Trump-Netanyahou fait rage en Iran et au Liban où les frappes israéliennes ont fait 634 morts et plus de 800 000 déplacés. Elle atteint les monarchies du Golfe, l’Irak et la Syrie tandis que la guerre génocidaire contre le peuple palestinien se poursuit à Gaza réduit à un champ de ruines et en Cisjordanie. Par ses conséquences économiques mais aussi politiques, elle déstabilise la planète confrontée au risque d’une crise économique et financière. Elle est locale, régionale mais aussi mondiale. Elle est le produit de la lutte des USA pour le maintien de leur domination mondiale avec leurs alliés, Israël qui postule à dominer le Moyen-Orient et les vieilles puissances colonialistes et impérialistes européennes dont la France, qui veulent préserver leurs propres intérêts dans la concurrence capitaliste qui dresse les nations les unes contre les autres.

A l’heure du capitalisme et de la concurrence mondialisée la guerre économique se combine avec le militarisme et la guerre dans un engrenage destructeur qui conduit à la catastrophe tant économique, sociale, politique qu’écologique.

Face à la démence du capitalisme sénile, ces élections municipales semblent dérisoires tant la vie politique hexagonale est conditionnée par les luttes de classes internationales. Dominées par l’État et l’austérité budgétaire, les municipalités n’ont aucune possibilité de répondre aux difficultés que rencontrent les classes populaires, tout au plus peuvent-elles aménager un cadre de vie qui répond aux besoins des catégories sociales les plus aisées. Incapables de répondre à l’insécurité sociale, la plupart des candidat·es se font les champions des politiques sécuritaires, soucieux de préparer les élections présidentielles de leur parti…

Le seul geste utile ce dimanche est le vote révolutionnaire en rupture avec les partis institutionnels et leur course aux places, le carriérisme et les intérêts de leur parti. C’est le seul vote qui peut contribuer à préparer la suite, c’est-à-dire à nous rassembler, à nous organiser dans nos quartiers comme sur nos lieux de travail pour défendre nos droits, nos conditions de vie et de travail contre la minorité capitaliste qui détient les rênes du pouvoir tant économique que politique et agir pour en finir avec la domination de celle-ci.

Contre la guerre et l’extrême droite, contre l’exploitation et le capitalisme c’est en nous rassemblant, en nous organisant que nous pourrons devenir une force capable d’inverser le cours des choses.

Les manifestations de dimanche dernier, à l’occasion de la journée internationale des femmes et des minorités de genre, qui ont regroupé à travers 150 rassemblements dans tout le pays 200 000 personnes pour défendre les droits des femmes, dénoncer les violences sexuelles, la montée du masculinisme et de l’extrême droite, et pour combattre le militarisme et la guerre comptent plus que nos bulletins de vote.

La lutte des femmes est déterminante pour l’avenir de la société ici comme en Iran pour en finir avec la dictature des Mollahs. « Femme, vie, liberté ! »

Nulle part, la violence capitaliste, le droit du plus fort et la loi des armées et des bombes n’apporteront la liberté et le bien-être dont ils sont la négation brutale et qui ne peuvent se développer que par l’organisation consciente des exploité·es et des opprimé·es.

Guerre, concurrence mondialisée, inflation, spéculations financières et boursières, le capitalisme conduit à la catastrophe

« Nous ne céderons pas tant que l’ennemi n’aura pas été vaincu de manière totale et définitive », a affirmé, arrogant, le suprémaciste blanc Pete Hegseth, ministre de la guerre de Trump qui, lui, avait déclaré, cynique, qu’il s’agissait « d’une petite excursion » avant que le ministre de la Défense israélien ne déclare, mercredi, que les opérations israéliennes contre l’Iran dureront « sans limite de temps ». Ils affichent la même arrogance méprisante, se réjouissant de la capacité des États-Unis et d’Israël à humilier les populations par leurs violences barbares en bombardant les populations civiles de Téhéran ou de Beyrouth dont le sud de la ville ressemble aujourd’hui à Gaza.

La guerre de Trump-Netanyahou ne sera ni une simple « excursion » ni ne pourra vaincre de manière totale et définitive. Quels qu’en soient les étapes et les rythmes, elle s’inscrit sans limite dans la guerre sans fin pour perpétuer leur domination mondiale. Ils agissent comme s’il était possible de faire faire marche arrière à l’histoire, d’effacer les conquêtes des luttes des travailleur·es et des peuples, luttes démocratiques, luttes pour l’indépendance nationale du XXe siècle, de restaurer la domination coloniale et impérialiste des puissances occidentales. Objectif dément et barbare qui pourrait être leur tombeau !

Dans leur croisade idéologique et religieuse au nom de la « tradition chrétienne occidentale », aveuglés par leurs préjugés et la logique de leur propagande paranoïaque prétendant tout contrôler, ils ne voient pas que leur fuite en avant guerrière les conduit dans un piège dont les guerres d’Afghanistan ou d’Irak n’étaient qu’une pale préfiguration.

Leur guerre est sans fin parce qu’au-delà de leurs fantasmes réactionnaires et morbides, elle est une composante centrale de la politique de Wall Street et des milliardaires de l’IA.

Dans cette folle guerre mondialisée engagée par la première puissance mondiale, les rivaux capitalistes des USA ont des réponses non seulement militaires mais aussi économiques qui font aujourd’hui du contrôle du détroit d’Ormuz, par où transitent 20 % du pétrole mondial, un enjeu décisif.

Cette dimension essentielle de la guerre, sa dimension économique, implique nécessairement sa mondialisation.

D’une façon ou d’une autre l’ensemble des nations seront impactées.

Dès aujourd’hui, le pétrole et le gaz sont moins disponibles, leurs prix augmentent fortement entraînant l’ensemble des coûts de production et, finalement, les prix à la consommation. Dès lors, les salaires réels s’effondrent et par suite la consommation, accentuant la « stagflation » conjuguant hausse du chômage, baisse de la consommation et forte inflation. Pris de panique, mercredi, les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont décidé de libérer 400 millions de barils de pétrole provenant de leurs réserves stratégiques, une mesure qui gagne un peu de temps mais laisse la question sans réponse de fond. Ne voulant surtout pas remettre en cause les profits et les spéculations des multinationales du pétrole, les Etats composent avec la spéculation en essayant de la freiner pour conjurer la menace d’une crise majeure.

Dans un premier temps, les États-Unis peuvent être les bénéficiaires de cette étape de la guerre du fait qu’ils sont le premier producteur mondial de pétrole mais nécessairement ils seront touchés par le recul de l’économie mondiale, par l’inflation qui déjà ruine le pouvoir d’achat du monde du travail.

Leurs objectifs de guerre, la réaffirmation de leur domination économique mondiale contre la Chine pourrait au final renforcer cette dernière et se retourner contre eux d’autant que le plan sioniste de dominer le Moyen-Orient pourrait aussi dresser les populations arabes contre Israël et faire du contrôle du golfe Persique un mirage.

Le rêve dément des milliardaires de l’IA porté par Trump dont la fortune a, selon les derniers chiffres de l’agence Forbes, augmenté de 27 % pour atteindre environ 6,5 milliards de dollars et le place en 645e position parmi les 3 428 milliardaires que compte le monde -400 de plus qu’en 2025-, sera leur cauchemar.

Un krach financier et boursier pourrait entraîner l’ensemble du système capitaliste dans la faillite face à laquelle les USA, dominés par la politique des milliardaires libertariens fanatiques du marché et de la dérégulation totale de l’économie afin de favoriser l’accumulation du capital, seraient sans possibilité de riposte.

Macron, va-t-en-guerre ridicule, se rallie aux deux criminels de guerre pour servir le CAC40

Après avoir dit que la France n’était pas partie prenante de la guerre contre l’Iran parce qu’il avait été mis devant le fait accompli par Trump et Netanyahou, Macron n’a pas tardé à s’aligner pour tenter d’en tirer profit. Contrairement aux discours officiels, il ne s’agit pas d’une politique « défensive ». Au total, la présence française qui se déploie de la Méditerranée orientale à la mer Rouge et au large du détroit d’Ormuz, mobilisera huit frégates, deux porte-hélicoptères amphibies et le porte-avions Charles De Gaulle dans le but, dixit Macron, de contribuer à la « désescalade ».

En réalité, derrière ses déclarations hypocrites, ce déploiement militaire vise, comme dans la guerre d’Ukraine contre la Russie ainsi que le rappelait Macron recevant ce vendredi Zelensky, à défendre les intérêts de grands patrons français.  Ces derniers ont d’énormes intérêts au Qatar, au Koweït, aux Émirats arabes unis, qui sont notamment parmi les plus gros acheteurs d’armes françaises. La France est le deuxième, derrière les Etats-Unis, exportateur d’armes et de matériels militaires en direction des pays du Golfe.

Ancienne puissance coloniale au Moyen-Orient, elle a noué des accords de défense avec ces derniers pour y installer des bases militaires.

L’intervention militaire française vise également à sécuriser ses accords financiers et les investissements à venir des monarchies pétrolières.

Cette politique a un coût, pour les soldats sacrifiés aux intérêts du capital, un soldat a été tué en Irak et 5 autres blessés, pour la population qui en paiera les frais. La politique extérieure militariste et la politique intérieure d’austérité participent de la même lutte de classe. Elles sont une même et seule politique du CAC40, du capital pour s’approprier les richesses produites par les travailleur·es ici et dans le monde. La lutte contre la guerre et la lutte contre l’austérité et pour nos droits constituent elles aussi une seule et même politique contre les classes dominantes, l’État et les politiciens qui les servent. Pas un euro, pas un homme, pas une arme pour leur sale guerre !

Les travailleurs ne peuvent se contenter de dire non à la guerre et à la participation française, ils sont les seuls à pouvoir arrêter cette folle aventure meurtrière

La guerre, la propagande officielle relayée par les médias étouffent tout débat politique d’autant que tous les partis parlementaires de LFI au RN sont, sur le fond, d’accord avec Macron. La gauche syndicale et politique dont LFI qui se félicite de voir la France « honorer ses engagements » dans la région via son déploiement militaire, se prononce dans le même temps contre les guerres impérialistes, pour la paix, pour la justice au nom du droit international, pour demander que la France condamne la guerre et s’en retire. Une variante de l’hypocrisie de Macron lui aussi pour la désescalade et pour la paix et le respect du droit international !

Cette politique pacifiste est vaine.

Il est urgent de rejeter sans aucune ambiguïté l’agression impérialiste en cours contre l’Iran à laquelle participe la France dans le seul but de préserver ses intérêts dans la région, urgent de reprendre à notre compte le mot d’ordre de Karl Liebknecht [i], l’ennemi principal est dans notre propre pays !

Il est vain de demander aux bellicistes de faire la paix, de demander que la France se retire de la guerre.

La lutte contre la guerre n’a de sens que si elle s’attaque à ses racines, le capitalisme et la concurrence pour les marchés et les matières premières, l’énergie. Elle ne peut être qu’anticapitaliste, révolutionnaire, internationaliste et socialiste pour mettre fin à la dictature du capital financier et au système économique qui est la cause fondamentale du militarisme et de la guerre.

La fin de la guerre de Trump-Netanyahou, la fin de leur escalade militaire ainsi que le renversement de la dictature des Mollahs viendra de la victoire des travailleur·es, des femmes et des opprimé·es en Iran, au Moyen Orient ainsi qu’au cœur du capitalisme occidental vers une transformation révolutionnaire mondiale.

Sans illusion sur les élections, dire avec notre bulletin de vote notre révolte, notre volonté d’agir pour en finir avec la guerre et le capitalisme, pour le socialisme

Nous n’avons aucune illusion sur les élections de dimanche qui ne sont pour les travailleur·es qu’une tribune pour faire entendre leur voix au même titre que les institutions bourgeoises auxquelles nous pourrions être élu·es. Les camarades qui se reconnaissent dans notre courant et qui militent au sein du NPA-R ont participé à la construction des listes de ce dernier, ils en ont pris l’initiative quand ils étaient en position de le faire comme sur Pessac, Cenon et Lormont. Sur ces deux dernières villes deux camarades sont élues conseillères municipales depuis 2001. Leurs listes s’intitulent « C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons »[ii].

Nos camarades qui militent au sein du NPA-R voteront bien sûr pour les listes du NPA-R là où elles existent, d’autres camarades qui partagent notre démarche peuvent se sentir plus proches de Révolution Permanente ou de Lutte Ouvrière, l’essentiel est de faire entendre une voix révolutionnaire autant que faire se peut dans les urnes mais surtout de prendre à bras le corps la tâche urgente qui est devant toutes les organisations et toutes et tous celles et ceux qui veulent changer le monde, la construction d’un pôle, d’un front révolutionnaire.

Ce samedi 14 mars ont lieu des manifestations « contre le racisme, les fascistes et les violences d’état » qui, de la même façon que les manifestations pour la journée internationale des femmes, portent la protestation et la lutte contre la guerre. Le mouvement qui se dit antifasciste ainsi que le mouvement des femmes participent à un même mouvement d’ensemble qui, de fait, conteste la domination du capital, un mouvement révolutionnaire comme l’ensemble des luttes et des résistances, mais il a besoin au regard du basculement brutal qui s’opère aujourd’hui de définir clairement sa perspective et sa stratégie.

En réponse à la confusion politique qui règne où l’invocation mythique du passé sert souvent de boussole, il est indispensable de discuter et de définir les bases politiques nécessaires pour construire le rassemblement de toutes celles et ceux qui ont conscience que le combat contre la guerre et l’extrême droite ou ce qui est souvent désigné confusément comme un néofascisme, le combat pour la paix et la démocratie est un combat révolutionnaire pour en finir avec la dictature du capital, son État et son pilier le patriarcat.

La volonté de construire un front antifasciste hétéroclite et sans programme politique, en ignorant que l’évolution vers une dictature politique est le produit de l’évolution de la dictature du capital et que la réponse ne peut venir que de la classe ouvrière s’avérera une impasse. La politique de la gauche du « Front républicain » s’est terminée en une mascarade dont l’extrême droite tire profit. Un front antifasciste sans politique de classe serait un nouvel échec.

La tâche du jour est de construire un front démocratique et révolutionnaire visant à unir les forces de la classe ouvrière, de la jeunesse, du mouvement révolutionnaire, des mouvements féministe, écologiste, antifasciste autour d’une même stratégie pour attaquer le mal à la racine. Cela suppose un programme dans la perspective politique de conquérir la démocratie, le droit de contrôler et de décider, le pouvoir sans patrie ni frontières des travailleur·es.

Yvan Lemaitre

[i] https://www.marxists.org/francais/liebknec/1915/liebknecht_19150500.htm

[ii] https://npa-revolutionnaires.org/wp-content/uploads/2026/03/PF-Lormont-CASANOVA.pdf

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