Le déclenchement par les Etats-Unis et Israël il y a un mois et demi de la guerre contre l’Iran, après la guerre d’Ukraine et la guerre génocidaire contre les Palestiniens et maintenant le Sud-Liban, outre l’abomination et l’absurdité de la guerre elle-même et sa logique d’extension, est l’expression de la faillite du système capitaliste et de la domination des vieilles puissances coloniales et impérialistes.
Le projet de l’administration US d’augmenter le budget militaire de 50 %, de 1000 à 1500 milliards de dollars, suivi par les Etats européens dont la France, qui quelques distances qu’ils veuillent exprimer par rapport à Trump, augmentent eux aussi leurs budgets militaires pour tenter de récupérer quelques miettes du butin, indique qu’on entre dans une période de guerres perpétuelles auxquelles les classes possédantes, les multinationales des vieilles puissances impérialistes veulent soumettre les populations.
C’est pourquoi ces dernières font le choix comme aux Etats-Unis de porter au pouvoir l’extrême droite ou des blocs réactionnaires incluant l’extrême droite.
L’aventure guerrière criminelle de Trump-Netanyahou provoque une spéculation généralisée sur les prix de l’énergie qui touche directement le monde du travail et les classes populaires, menace d’une récession économique mondiale, d’un krach.
L’augmentation des prix des carburants, la hausse des prix des produits alimentaires, conséquence de cette crise qui touche toute la chaîne des produits dérivés du pétrole dont les engrais, les transports, la hausse aussi des prix du gaz entraînent d’ores et déjà une importante dégradation du pouvoir d’achat et du niveau de vie des classes populaires. Des vagues de licenciements encore plus nombreuses sont annoncées, qui augmenteront encore le chômage et la précarité.
L’État et le gouvernement sont impuissants à apporter des réponses à la vie chère tout autant qu’à la guerre et aux spéculations des profiteurs de guerre, Total en premier lieu.
Seules la mobilisation et l’intervention des travailleurs, des femmes, de la jeunesse peuvent imposer les mesures protégeant le monde du travail, en premier lieu des hausses de salaires et leur indexation sur les prix, l’interdiction des licenciements.
De ce point de vue, la troisième journée du No Kings qui a rassemblé aux Etats-Unis plus de 8 millions de personnes, et plusieurs centaines de milliers à Rome, Athènes ou Londres montre que la révolte contre la dictature de Trump et l’extrême droite, le racisme et la guerre, est largement partagée. En Israël même, à Tel-Aviv, plus d’un millier de personnes ont défié la répression pour manifester leur opposition à la guerre menée par leur propre gouvernement contre l’Iran, au Sud-Liban et contre les Palestiniens.
La lutte contre la guerre et la régression sociale sont un même combat.
Les élections municipales viennent de montrer l’existence d’un courant réel qui s’est emparé du vote révolutionnaire, dont la politisation s’accélère et qui est amené à jouer un rôle déterminant dans ce contexte de guerre et d’attaques réactionnaires, de menace de l’extrême-droite.
Il appartient au mouvement révolutionnaire dans son ensemble de créer les conditions pour avancer vers la construction d’un parti des travailleurs instrument de la lutte contre la guerre, les profiteurs de guerre et la vie chère et de la transformation révolutionnaire de la société.
Dans ce cadre, alors que se discutent la participation des différentes organisations révolutionnaires à la présidentielle de 2027, il convient de préparer dès aujourd’hui la possibilité d’une candidature unique des révolutionnaires capable de porter une perspective crédible pour le monde du travail et la jeunesse, une perspective d’indépendance de classe, de transformation révolutionnaire de la société.
Du fait de notre histoire plurielle et de notre politique visant à construire un pôle des révolutionnaires, nous avons toute légitimité à prendre des initiatives dans ce sens pour proposer, sous des formes et des modalités à définir, aux autres organisations révolutionnaires d’engager une discussion pour confronter nos compréhensions de la situation aussi bien internationale que nationale et étudier la possibilité de mettre nos forces en commun dans les entreprises, les lieux d’étude et les localités afin de contribuer à une contre-offensive du monde du travail et de la jeunesse et envisager une campagne commune du mouvement révolutionnaire pour l’élection présidentielle.
04/04/2026
Texte de discussion au sein du NPA-R



