La crise sociale et politique hexagonale, réfraction des effets sociaux et politiques de l’évolution du capitalisme mondialisé, oblige à remettre sur l’établi les conceptions qui ont façonné le mouvement révolutionnaire depuis l’effondrement de l’URSS et des partis staliniens, trois décennies d’occasions manquées tant par Lutte ouvrière que la Ligue communiste révolutionnaire et le NPA. La scission de ce dernier, combinée à la dérive sectaire de LO, est l’aboutissement de cette période d’échecs qui mériterait un bilan critique pour travailler à nous donner les moyens de répondre aux besoins de la période actuelle alors que la crise globale du capitalisme connaît une brutale accélération. L’intronisation de Trump-Musk à la Maison blanche par toute la classe dirigeante américaine ce lundi en est le symbole.

Aucune tendance ne peut prétendre par elle-même surmonter la situation de division et de marginalisation de notre mouvement. Cela passe par un choix politique et ne peut se réaliser qu’à travers la construction de rapports démocratiques permettant action commune et discussion sur la période et les tâches pour définir ce qui nous rassemble. Le NPA-R a les moyens d’y contribuer du moins si nous sommes capables de dépasser les limites des deux dernières années qui ont vu nos camarades des tendances d’AetR et de L’Etincelle constituer une majorité de « fusion par la construction » selon leur expression.

Malheureusement, cette majorité a tout fait pour tenter de circonscrire le congrès aux discussions de bilan et de construction, le bilan lui-même étant limité au bilan organisationnel. Pour l’essentiel un bilan d’autosatisfaction sans bilan politique et une perspective, « la fusion par la construction » en « prenant appui sur ce que nous sommes pour construire le parti que nous voulons »… Et d’un même élan, nous nous proclamons… parti.

Il est certain que plus de deux ans après la scission il est difficile de faire autre chose qu’un bilan organisationnel, la gestion pratique et juridique de la scission, puisque nos camarades ont refusé toute conférence ou congrès de refondation au lendemain de la scission qui aurait permis de discuter et de définir l’orientation et les perspectives qui nous rassemblaient dans la même organisation après l’échec de notre politique visant à empêcher la scission.

Il n’en a pas été question puisque l’objectif qui rassemblait les deux fractions était de construire leur fraction-parti ensemble en continuant le NPA.

Sans doute, de ce point de vue, nos camarades ont toute raison de se féliciter de cette situation « inédite » mais leur raisonnement est pour le moins autocentré, de fait sectaire, ignore le reste du mouvement révolutionnaire si ce n’est en invoquant un pôle des révolutionnaires, une « boussole » dont il est bien difficile de savoir exactement où est le Nord et le Sud !

Et c’est bien là toute la discussion. L’intitulé de la partie 3 de la plateforme qu’ils soumettent au congrès (PF1)[i] résume la question : « Prendre appui sur ce que nous sommes déjà, pour construire le parti que nous voulons ».

Ce titre suppose une différence entre « ce que nous sommes » et « le parti que nous voulons ». Cela peut vouloir dire deux choses : soit nous sommes en petit le parti que nous voulons et il nous faut grossir soit il devrait y avoir à un moment ou à un autre un saut qualitatif entre ce que nous sommes et ce que nous voulons. Lequel ou lesquels ?

Autant de questions sans réponse pour une bonne raison, nos camarades se concentrent sur leur construction tout en écrivant en marchant leur politique.

Le marxisme nous apprend pourtant que contribuer à la construction d’un parti des travailleurs s’inscrit dans l’évolution même de la lutte de classe, des prises de conscience des travailleurs, de la jeunesse qui en résultent et suppose une compréhension de la période, une stratégie.

C’est la question qui devrait être au cœur de notre congrès mais aussi des autres congrès, celui de LO qui a eu lieu récemment ou de RP en même temps que le nôtre.

« Un monde sans frontière », une proclamation générale ou un véritable internationalisme pratique

Le texte de la PF1 se revendique d’un « monde sans frontières », une formule générale sympathique que tout le monde partage, proclamatoire et plus abstraite que celle d’un monde sans classe ou que l’abolition du salariat mais surtout qui ne renseigne pas sur notre stratégie internationaliste. Elle reste au niveau des proclamations anticapitalistes

C’est le cas en ce qui concerne l’Ukraine. Les marxistes analysent la nature d’une guerre en fonction des conditions historiques globales qui y ont conduit et non en fonction de principes abstraits sans contenu ni historique ni de classe qui laissent le champ libre aux pressions politiques, celles de la propagande officielle, celles aussi de courants opportunistes au sein du mouvement révolutionnaire ou au sein de la gauche syndicale et parlementaire.

Contrairement à ce que continue d’être la politique du NPA-R, la guerre d’Ukraine n’est pas une guerre de libération nationale combinée à une guerre interimpérialiste. Elle est une guerre par procuration des USA et de l’Otan contre la Russie, les deux puissances méprisant autant l’une que l’autre le droit des peuples. Et il ne suffit pas de dénoncer les deux camps, le mot d’ordre « Troupes russes hors d’Ukraine » signifie en réalité la victoire du camp de l’Otan, nous souhaitons la défaite de notre propre impérialisme, l’ennemi est dans notre propre pays.

La guerre génocidaire d’Israël nous pose aussi la question de donner un contenu concret à notre politique internationaliste, la perspective d’une fédération des États socialistes du Moyen Orient, une politique certes minoritaire qui est la seule façon de donner un contenu pratique à la lutte pour le respect des droits du peuple palestinien.

Toujours et encore le stade impérialiste ou celui de la financiarisation mondialisée

A l’image du NPA de Besancenot ainsi que de la plupart des tendances et fractions du mouvement révolutionnaire, la PF1[ii] aborde les questions internationales prisonnière d’une grille de lecture, l’impérialisme de l’époque de Lénine, dont le contenu ne correspond plus à la réalité du capitalisme mondialisé. Ce conservatisme pose plusieurs problèmes.

- Il est impossible de comprendre les défaites, échecs et reculs passés qui ont façonné le mouvement ouvrier et le mouvement révolutionnaire sans les inscrire dans l’évolution même du capitalisme, comme il est impossible de comprendre et de penser les transformations tant objectives que subjectives qui rendent les perspectives révolutionnaires, socialistes, communistes crédibles aujourd’hui. A moins de vivre dans un monde manichéen, moraliste, dans lequel les défaites sont dues aux trahisons et « il faut construire un parti qui »…

- Une telle analyse de la continuité de l’impérialisme gomme des phénomènes historiques majeurs dont les révolutions et luttes de libération nationale, l’effondrement de l’URSS, l’évolution du capital lui-même ainsi que la révolution technologique, ensemble de phénomènes que l’on ne peut réduire à de simples réorganisations et ne permet pas de comprendre les bouleversements en cours au niveau de la planète.

- Une telle vision tire un trait d’égalité entre des processus radicalement différents que sont le développement à travers des siècles de pillage des vieilles puissances impérialistes qui ont dominé le monde et défendent leur domination et celui des puissances capitalistes qui sont nées des luttes de libération nationale et de la mondialisation financière comme de l’intégration de l’ensemble des nations au marché capitaliste mondial.

- Cela conduit à discuter de la mondialisation de la guerre en cours comme d’une répétition du passé, une nouvelle guerre de 40 pour le leadership mondial en minimisant la responsabilité du camp occidental, celui de notre propre impérialisme. Et dans la foulée on oublie que l’ennemi est dans notre propre pays.

- Ce raisonnement ahistorique tourne le dos au marxisme et nous conduit à une compréhension erronée de l’évolution des rapports entre les classes et les nations, du tournant économique, social et politique qui a lieu aux USA, et de la guerre par procuration d’Ukraine ainsi que de l’offensive guerrière d’Israël qui s’inscrivent dans une même guerre commerciale et guerre tout court des USA contre les puissances capitalistes qui ne s’intègrent pas à leur politique.

L’avenir ne peut se penser comme la répétition du passé. Nous devons radicalement adapter notre grille de lecture à la phase nouvelle du développement du capitalisme aujourd’hui mondialisé et financiarisé.

Montée de l’extrême droite, menace de dictature populiste et antifascisme

L’offensive réactionnaire, la montée de l’extrême droite, la menace de dictatures populistes dont la victoire de Trump-Musk fait une hypothèse à prendre au sérieux sans en minimiser les risques, contrairement à ce que fait le texte de la PF1[iii], déboussolent bien des militant.es et obligent à rompre avec les habitudes de penser de l’anti-fascisme. Elles représentent autant d’avertissements, d’alertes pour le mouvement révolutionnaire.

Les évolutions politiques en cours ne sont pas de simples évolutions idéologiques mais des évolutions politiques profondes qui s’inscrivent dans l’évolution globale des luttes de classes.

L’instabilité économique et sociale entraîne une instabilité politique qui ne peut trouver de réponse que dans une fuite en avant de plus en plus autoritaire qui ouvre la voie à des dictatures. D’une certaine façon, ce sont les mêmes mécanismes que dans les années trente qui sont à l’œuvre mais à une autre échelle et dans un contexte radicalement différent qui rend la bourgeoisie des vieilles puissances impérialistes très fragiles. Ne serait-ce que du fait que ce processus est impulsé par les dirigeants de la première puissance mondiale confrontée à une crise majeure tant de sa domination sur le monde que de sa domination chez elle.

L’analogie avec les années trente indique la logique à l’œuvre mais sans que le processus en route aujourd’hui soit identique. Nos camarades de Révolution Permanente[iv] reprennent superficiellement l’analyse de Trotsky pour voir, dans leur texte de congrès, le bonapartisme à l’œuvre tant au niveau international dans le trumpisme que national reprenant l’analyse de Trotsky des gouvernements bonapartistes pré-fascistes dans les années trente.

En réalité, il n’y a pas aujourd’hui de logique bonapartiste propulsant des hommes providentiels arbitres entre des forces politiques qui se neutraliseraient.

Le processus en route au sein des puissances occidentales tend plutôt vers un consensus national qui explique la facilité avec laquelle Trump s’est emparé du Parti républicain et la tétanie dont ont été frappés les Démocrates. Ce qui explique aussi l’échec de Macron à jouer le rôle de Bonaparte dont il rêve depuis les Gilets jaunes ou la situation qui se crée en Allemagne.

La base politique de ce consensus, c’est la défense de l’Occident, la guerre d’Ukraine et d’Israël, la guerre économique contre la Chine, la lutte contre les migrant.es. Il se construit à travers les luttes parlementaires comme on le voit ici. La montée de l’extrême droite répond aux besoins du capital, s’inscrit dans son évolution et ne peut être combattue qu’en le combattant.

L’impossible réformisme ou la lutte pour les revendications immédiates et la démocratie indissociables de la lutte pour le socialisme

L’exubérance des profits ne doit pas faire illusion, elle est l’expression d’un capitalisme hors contrôle où la nécessité impérieuse d’extraire de nouveaux profits sans cesse plus importants ruine l’économie et menace d’un krach financier. La crise de rentabilité, d’accumulation du capitalisme sénile peut trouver des expédients, mais elle n’a pas d’issue à court et long terme. Elle est une crise historique du mode de production, sa phase ultime. Cela ne signifie pas que de cette faillite naîtra automatiquement une société socialiste mais que l’effondrement du système crée les conditions objectives et subjectives de sa transformation révolutionnaire.

L’affrontement de classe entre le capital et le travail apparaît de plus en plus nettement ainsi que le lien entre l’extrême droite, ce que l’on pourrait appeler un nouveau fascisme, et la faillite du capitalisme. Les arguments moraux contre l’extrême droite qui ne serait pas un parti comme les autres n’ont déjà aucun sens, la lutte contre le racisme et la xénophobie n’est pas un combat moral mais bien un combat de classe incluant les migrants qui concerne l’ensemble du monde du travail d’origine immigrée ou non.

C’est une lutte pour en finir avec le capitalisme inconciliable avec les droits sociaux et démocratiques, la paix, le respect de la nature.

Incapable de satisfaire les revendications économiques et sociales du monde du travail, le capital ouvre les portes aux forces les plus réactionnaires. Hors contrôle économiquement, il liquide les conquêtes démocratiques imposées par les mobilisations de la classe ouvrière. Il n’a plus les moyens de laisser les partis réformistes, le PS et le PC, contrôler les masses comme il le fit en France dans les années trente. Ces partis sont finis, intégrés à l’ordre bourgeois depuis longtemps et il n’y a plus de réformisme possible. Le rapport d’exploitation et d’oppression apparaît de plus en plus à nu dans toute sa brutalité sans autre réponse que la révolte, la lutte, la révolution.

La lutte pour les revendications immédiates est indissociable de la lutte pour la démocratie et contre la guerre, contre l’extrême droite, les deux se combinent dans le programme de la révolution socialiste.

Se présenter aux élections, une évidence qui ne va pas de soi

Nous sommes tous favorables à l’utilisation par les révolutionnaires des élections comme tribune voire, en fonction des rapports de force, pour avoir des élus, y compris à l’Assemblée nationale si cela était possible. Après, il ne reste plus qu’à discuter de façon concrète de telle ou telle élection et des possibilités du mouvement révolutionnaire dans son ensemble. Exemple les dernières européennes. Fallait-il se présenter contre LO ou en concurrence avec LO même si nous n’avions pas réussi à « convaincre ou contraindre » les autres organisations révolutionnaires de se présenter ensemble ? La formule de nos camarades, « convaincre ou contraindre », résume la philosophie d’une démarche, on se construit, on crée un rapport de force et on voit !

Et que voit-on, l’explosion du mouvement révolutionnaire paralysé par ses divisions sectaires.

C’est aussi la question d’avoir participé contre LO, et pas en simple concurrence cette fois, à la campagne Poutou pour une gauche radicale et le soutien à la guerre en Ukraine présentée comme une guerre de libération nationale en souhaitant la victoire du camp de notre propre impérialisme ! Et pourtant, il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre que la B préparait la scission ! Et que dire du choix aux Législatives de 2022, quand le NPA et Poutou appelaient à voter LFI contre nous, des camarades de l’Etincelle de ne pas se présenter pour ne pas gêner la majorité du NPA d’alors...

Autre question, celle de « Notre formule d’appel à voter au 2e tour pour les candidats LFI ou PCF » qui « répondait au besoin de ne pas appeler à voter pour ce projet du NFP, sans donner raison à ceux qui, autour de nous, prétendaient combattre les politiques des gouvernements précédents en votant RN. [...] C’était aussi une manière de nous adresser à ces militants de la gauche – presque exclusivement du PCF et de LFI avec qui nous militons dans bien des luttes. Nous ne mettons donc pas tous les partis de gauche, et surtout pas leurs électeurs, dans le même sac. » Un charabia qui justifie un opportunisme alambiqué qui conduit à faire des choix au sein du NFP sur le terrain électoral, comme s’ils ne portaient pas la même politique à ces élections !

Une question qui renvoie à la question plus générale, existe-t-il aujourd’hui une gauche réformiste ? Les partis qui constituent le NFP ne sont-ils pas des partis bourgeois ne prétendant même plus changer la société et un nouveau réformisme peut-il voir le jour à l’époque du capitalisme sénile ? La réponse nous semble assez évidente si nous n’appliquons pas des formules toutes faites du passé sur une réalité nouvelle.

Et pour ce qui concerne les élections à venir, probablement anticipées, les choix que nous serons amenés à faire ne pourront être déterminés par la nécessité de faire connaître nos porte-parole et construire un appareil ou de construire un rapport de force mais décidés à travers une discussion de toute l’organisation du point de vue des intérêts de l’ensemble du mouvement révolutionnaire et ouvrier.

Construction d’un parti révolutionnaire, conditions objectives et subjectives

On peut lire dans le texte de la PF1 à propos du parti que les prolétaires n’ont jamais été aussi nombreux dans le monde et qu’Octobre 17 a eu lieu « malgré des conditions objectives bien moins favorables » que celles que nous connaissons. Ces deux remarques mériteraient d’être approfondies car elles sont essentielles. En effet le développement d’un jeune prolétariat mondial participe de ces conditions objectives plus favorables qu’il faudrait expliciter pour, en particulier, montrer en quoi ces conditions objectives se traduisent par des conditions subjectives elles aussi plus favorables, qualification, culture, capacité à communiquer, à s’organiser…

Ces conditions objectives et subjectives plus favorables répondent à un développement des luttes de classes qui ont bouleversé les rapports entre le prolétariat et la bourgeoisie, rapports dont l’évolution conditionne les évolutions de conscience, plus précisément la formation d’une conscience de classe, la conscience que l’avenir de l’humanité est entre les mains du prolétariat capable de rallier à lui d’autres couches sociales comme la paysannerie et la petite bourgeoisie que les forces réactionnaires cherchent à enrôler à leur service.

La théorie de la révolution permanente a fait son travail. Jamais dans l’histoire les possibilités de transformations révolutionnaires à l’échelle mondiale n’ont été aussi développées en proportion de la nécessité de liquider le mode de production capitaliste sénile qui entraîne l’humanité dans une catastrophe.

Les deux contradictions fondamentales du capitalisme, la concentration de plus en plus grande de richesses entre les mains d’une minorité parasite alors qu’à l’autre pôle les inégalités, la pauvreté, la misère s’accroissent, et entre la socialisation mondialisée de l’économie et la propriété privée capitaliste et l’État se vérifient à une échelle internationale jamais vue. C’est la manifestation brutale de ces contradictions dans la vie de millions de prolétaires qui provoque les prises de conscience, les mouvements sociaux et les révoltes, les révoltions dont nous avons connu les signes avant-coureurs à partir de 2011.

C’est à travers elle que se formera un parti révolutionnaire des travailleurs.

Une stratégie fondée sur la compréhension de la période

Pour reformuler la façon de voir de la PF1, en titre de son texte 3, nous dirions : Nous appuyer sur ce qu’est le mouvement révolutionnaire, ce que nous sommes au sens large et non sectaire, pour avancer vers le parti pour lequel nous militons, le parti de l’émancipation des travailleurs par eux-mêmes. 

Un parti ne peut naître de la seule volonté de minorités mais des contradictions dialectiques entre facteur objectif et subjectif, du lien entre le parti et l’évolution globale du prolétariat, de la lutte de classe dans son ensemble. L’avant garde, son propre niveau de conscience ne sont pas indépendants du prolétariat dans son ensemble, de ses divisions, de ses différents niveaux de conscience, de son degré d’organisation syndicale et politique.

Le parti n’est pas une chose en soi bien centralisée qui a bien appris les leçons du passé pas plus que ne l’est une organisation qui milite pour que le prolétariat s’organise en parti. L’un et l’autre sont des structures ouvertes en évolution permanente qui se définissent d’abord par une orientation, des analyses, des perspectives et une politique.

Ces dernières ne sont nullement déterminées par les « tâches de construction » du groupe mais par les intérêts de classe.

Ainsi que le disaient Marx Engels dans Le Manifeste Communiste, les communistes n’ont pas d’intérêts autres que les intérêts généraux du mouvement, a fortiori, pour les révolutionnaires, autres que les intérêts généraux du mouvement révolutionnaire et ils font donc de l’unité de ses forces une priorité.  S’unir, c’est définir ce qui nous rassemble, donc se délimiter en évitant le sectarisme et l’opportunisme. En conséquence, nous avons besoin pour cela de formuler notre compréhension de la période, c’est-à-dire d’abord la spécificité et l’originalité du capitalisme aujourd’hui, le capitalisme financiarisé et mondialisé, les causes de sa crise globale : épuisement des gains de productivité et de l’accroissement de l’extraction de la plus-value, crise de rentabilité et d’accumulation du capital qui entraînent un épuisement de la croissance capitaliste.

Le capitalisme sénile n’a pas d’autre choix que de renforcer l’exploitation des prolétaires mis en concurrence à l’échelle mondiale, d’aggraver la destruction de la nature, d’exacerber la concurrence économique et commerciale, la militarisation et la guerre.

S’unir, c’est donner un contenu concret et démocratique à l’objectif d’un pôle des révolutionnaires, un pas vers un parti révolutionnaire qui ne peut émerger et se constituer que dans un rapport dialectique avec un mouvement prolétarien prenant conscience de lui-même à travers la décomposition du capitalisme et des classes dirigeantes.

Notre congrès devrait prendre une initiative dans ce sens.

Texte de discussion dans le cadre du congrès du NPA-R

[i] https://npa-revolutionnaires.org/plateforme-1-pour-un-monde-sans-frontieres-ni-patrons-urgence-revolution-construire-le-npa-r-comme-outil-pour-un-pole-des-revolutionnaires-texte-3/

[ii] https://npa-revolutionnaires.org/plateforme-1-pour-un-monde-sans-frontieres-ni-patrons-urgence-revolution-construire-le-npa-r-comme-outil-pour-un-pole-des-revolutionnaires-texte-1-international/

[iii] https://npa-revolutionnaires.org/plateforme-1-pour-un-monde-sans-frontieres-ni-patrons-urgence-revolution-construire-le-npa-r-comme-outil-pour-un-pole-des-revolutionnaires-texte-2-situation-interieure/

[iv] https://www.revolutionpermanente.fr/Guerres-bonapartismes-et-luttes-de-classes-dans-le-monde-de-la-crise-de-l-hegemonie-nord-americaine

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