En ce début d’année, les vœux ont une tonalité particulière. Il est difficile de se souhaiter une « bonne année » alors qu’elle débute dans le sang et l’horreur dans une boîte de nuit à Istanbul, quelques jours à peine après l'attentat du marché de Noël de Berlin et celui de Bagdad, que l’actualité est faite par les Trump, Poutine, Assad ou Erdogan, et que nous vivons ici depuis plus d’un an sous l’état d’urgence…

2016 aura été une année de basculements, de ruptures qui changent le regard, la conscience des travailleurs et des jeunes ici comme partout dans le monde. La violence des rapports de classes, le parasitisme des classes possédantes, ont pris une ampleur sans précédent aux conséquences dramatiques pour les classes populaires. La concurrence effrénée que se mènent les grandes puissances et les multinationales pour le pillage des ressources et l’exploitation des travailleurs du monde entier intensifie la guerre faite aux peuples et aux pauvres. Les vieux pays impérialistes n’échappent pas aux éclats de cette guerre.

Et malgré l’instrumentalisation des inquiétudes, des pertes de repères par les réactionnaires et les démagogues de tous poils, malgré l’exacerbation des préjugés, une nouvelle conscience se forge : celle d’être, par-delà les frontières et les continents, citoyens d’un même monde que le capitalisme précipite dans une crise majeure, sociale, démocratique, écologique, militaire.

Nos vœux pour 2017 ne peuvent être qu’internationalistes, démocratiques et révolutionnaires.

Des vœux optimistes car ils s’appuient sur une conviction profonde : malgré les rapports de forces dégradés, avec bien des difficultés, à travers des drames, du vieux monde qui se délite commence à émerger du neuf.

Fuite en avant sécuritaire… montée des populismes, des régimes autoritaires

L’année 2016 a été celle de la fuite en avant sécuritaire. En France, l’état d’urgence dure depuis plus d’un an, prolongé pour la cinquième fois le mois dernier par 228 députés contre 32 jusqu’au… 15 juillet 2017 ! « Jamais la menace terroriste n’a été aussi élevée » ont à nouveau pilonné gouvernement et opposition pour justifier l’état d’exception permanent qui donne tout pouvoir aux forces de l’ordre, à l’Etat policier, permet d’assigner à résidence sans limite… Une cynique fuite en avant qui ne peut en aucun cas réduire la « menace terroriste » que leur propre politique renforce, mais qui vise à encadrer, surveiller, ficher, contraindre les classes populaires, « classes dangereuses » pour le pouvoir, et qui s’accompagne d’une propagande xénophobe et raciste pour tenter de diviser les travailleurs.

Ce renforcement des politiques sécuritaires et réactionnaires a lieu dans le monde entier. Au nom de la lutte contre le terrorisme, les patrouilles armées dans les lieux publics sont devenues communes, les frontières sont érigées tout autour de l’Europe et en son sein pour repousser les centaines de milliers de femmes, d’hommes, d’enfants qui fuient la guerre, la misère extrême, les dictatures. Et cela alors même que la « coalition internationale » intensifie la guerre au Moyen-Orient et amplifie le chaos, s’appuyant sur les régimes dictatoriaux d’Assad ou d’Erdogan. Une politique qui renforce dans le monde entier les régimes autoritaires sur lesquels s’appuient les multinationales pour intensifier pillage et exploitation, détruire les droits sociaux et démocratiques.

L’élection dans la première puissance mondiale du multimilliardaire réactionnaire, raciste, sexiste Trump, entouré de banquiers, de généraux, soutenu par le Klu Klux Klan, donne la mesure de la décomposition du capitalisme. Une victoire qui, après celle du Brexit en Angleterre, renforce les populismes nationalistes et d’extrême-droite comme en Autriche, en Italie… ou en France avec le FN et Le Pen qui présentait ses vœux à la presse expliquant avoir « préparé [son] quinquennat ». Autant d’avertissements…

« Patriotisme économique », souverainisme… pour mieux accroître l’exploitation

Des politiques protectionnistes se mettent en place aux USA, en Europe pour tenter de soutenir les bourgeoisies respectives alors que les rapports de force économiques sont en train de se redéfinir, avec la nouvelle place occupée par la Chine... Une politique qui accroît les pressions sur la classe ouvrière au nom du « produire français » ou de l’« America first » pour mieux tenter de la piéger, la diviser.

L’épisode de Trump et de l’industrie automobile aux USA l’illustre. Un tweet de Trump aurait nous dit-on fait faire amende honorable à General Motors et poussé Ford à choisir d’implanter une nouvelle usine au Michigan plutôt qu’au Mexique… Mais le problème de General Motors, Ford et les autres, c’est de dégager le profit maximum, et peu leur importe que ce soit par l’exploitation de travailleurs mexicains, français ou américains. Les capitalistes ne délocalisent pas par idéologie. S’ils peuvent produire sur le sol des États-Unis avec des profits équivalents à ceux obtenus dans des maquiladoras mexicaines de l’autre côté du mur, que leur importe ! Ils vont là où la politique des États, les conditions qui leur sont faites, la législation et le niveau des salaires permettent un taux de profit optimal. Et c’est à cela que s’emploient l’ensemble des gouvernements occidentaux : mettre les travailleurs en concurrence pour baisser les salaires, les couvertures sociales, augmenter le temps de travail, repousser l’âge de la retraite… nivelant par le bas les conditions de travail et de vie de tous.

La « souveraineté nationale », le protectionnisme, le repli sur les frontières sont autant d’armes contre le monde du travail. En France, la situation des chantiers naval de Saint-Nazaire illustre la réalité de ces entreprises où des milliers de travailleurs sont ballottés entre groupes mondiaux concurrents qui se livrent une guerre sans merci, fusionnent, s’absorbent, licencient, dictant leur loi aux États… Ce prétendu « fleuron français », ancienne propriété d’Alstom, a été vendu en 2006 à un groupe norvégien, racheté par un groupe sud coréen en 2008… et est aujourd’hui en cours de reprise par un groupe italien leader du secteur, par ailleurs lié à un groupe chinois… Quant aux salariés des chantiers, 2/3 d’entre eux travaillent pour une kyrielle d’entreprises sous-traitantes… et on y parle toutes les langues : entre 10 et 15 % sont des travailleurs détachés.

Plus que jamais, la marche du capitalisme mondialisé pousse les travailleurs à l’unité et à la solidarité de classe, par delà les propagandes et les préjugés, contre tous ceux qui cherchent à dresser des murs entre embauchés, intérimaires, sous-traitants, travailleurs détachés, français et immigrés, « ici » et « là-bas »…

L’exigence démocratique et sociale et la solidarité internationale

L’année 2016 a été marquée par des mobilisations qui posent la question sociale, démocratique et politique. Parmi eux, le mouvement de solidarité internationale avec les migrants, la lutte des femmes polonaises, le mouvement du printemps en France… Des luttes qui s’enrichissent les unes des autres, prises en main par des militant-e-s de tous âges et ancienneté, des jeunes, des travailleurs, des femmes qui leur ont donné une dimension démocratique et sociale nouvelle.

La solidarité qui s’est exprimée cette semaine à l’occasion du procès d’un agriculteur de la vallée de la Roya, près de Vintimille, accusé d’« aide à l'immigration clandestine » pour avoir hébergé et aidé des réfugiés africains fuyant l’enfer (dont nombre de mineurs pourtant théoriquement protégés par la loi française…), témoigne de la richesse du mouvement de solidarité avec les migrants. Alors que de nombreux soutiens manifestaient devant le tribunal (l’agriculteur poursuivi a par ailleurs été désigné par les lecteurs du journal Nice Matin « azuréen de l’année 2016 »), le procureur lui a reproché de faire du procès une « tribune politique » et requis 8 mois de prison avec sursis, témoignant de la hargne du pouvoir face à ceux qui contestent l’ordre établi, forts de la conviction collective de porter un autre avenir.

Une conviction tout aussi chevillée au corps des femmes polonaises qui ont par leurs mobilisations, leur détermination, fait reculer le pouvoir ultra conservateur polonais qui voulait interdire l’IVG, droit déjà très limité en Pologne.  Ce combat et sa victoire, même partielle, a eu des échos dans de nombreux pays où l’égalité entre les sexes et les droits des femmes à disposer de leur corps sont remis en cause ou restent à conquérir. « Dans chaque société, le degré d’émancipation des femmes est la mesure naturelle de l’émancipation générale » disait Charles Fourier il y a deux siècles…

Et c’est bien l’aspiration à l’émancipation et l’exigence démocratique, contre le démantèlement des droits sociaux, l’exploitation, qui se sont exprimées dans le mouvement contre la loi travail « et son monde ». Même si malgré son dynamisme, sa capacité à rebondir et aller bien au-delà de ce que les bureaucraties syndicales avaient envisagé, le mouvement n’a pu gagner, il a accéléré les prises de conscience et ouvert de nouvelles perspectives. Des milliers de lycéens, étudiants, salariés, chômeurs, s’en sont fait les militants, faisant ensemble l’expérience de l’impasse du dialogue social et du nécessaire affrontement avec l’Etat, sa police, ses institutions pour transformer la société, rompre avec la logique du profit. Des prises de conscience qui ont consommé la rupture avec le PS et « la gauche » et renforcé la conviction que les opprimés doivent prendre eux-mêmes leurs affaires et leurs luttes en main.

Un parti des travailleurs, pour la conquête de la démocratie, la prise du pouvoir

Ce sont ces acquis, les perspectives qu’ils portent qu’il nous faut faire vivre alors que la faillite du réformisme est consommée donnant toute son actualité à la révolution.

Un siècle après 1917, la révolution est non seulement une nécessité urgente alors que le capitalisme pourrissant mène l’humanité à la barbarie, mais elle est en germe dans le monde qui s’écroule, dans l'internationalisation et la socialisation de la production et des échanges, dans les progrès technologiques, dans les aspirations et la révolte des classes populaires et de la jeunesse, dans leur volonté de prendre en main la chose publique, de ne pas subir, de faire en sorte que les intérêts collectifs déterminent l’organisation et la marche de la société. Ces aspirations démocratiques posent la question du pouvoir, de l’expropriation des banques et des capitalistes, du contrôle de l’économie par les travailleurs et la population.

Les vieux partis issus des luttes du mouvement ouvrier s’effondrent, PS et PC liquidés par leurs propres dirigeants. Le premier finit de se déliter dans la mascarade des primaires où s’opposent 5 anciens ministres du dernier quinquennat dont ils n’ont manifestement aucun souvenir… tandis que l’ancien ministre de l’économie, « jeune » énarque et banquier nouvellement « antisystème », a choisi de concourir à part, prenant bien soin de se démarquer du PS et de la gauche. Quant au PC, il est emporté dans les décombres par la logique de sa politique, n’ayant d’autre issue que de passer sous les fourches caudines de Mélenchon qui n’a aucune raison de lui laisser le moindre espace… Un Mélenchon nouvel homme providentiel posant au petit chef d’État qui cultive l’ambiguïté sur Assad et Poutine et multiplie les professions de foi nationalistes : « Je suis français. Mon point de vue est strictement français ».

Le nôtre est strictement du côté des travailleurs, des classes exploitées !

Ce qui est aujourd'hui à nouveau à l’ordre du jour, c’est la construction d’un parti des travailleurs, des opprimés, pour la conquête de la démocratie et du pouvoir. Un parti qui ne peut naître et grandir qu’à travers la dynamique du rassemblement de tous les anticapitalistes et révolutionnaires.

Un parti en lien avec les mobilisations, qui en fasse vivre les acquis, qui en porte et formule les perspectives, pose la question du pouvoir en  aidant à prendre conscience de ce qui émerge de l’ancien monde qui s’écroule. C’est cette perspective que nous voulons porter dans la campagne autour de Philippe.

Isabelle Ufferte

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En ce début d’année, les vœux ont une tonalité particulière. Il est difficile de se souhaiter une « bonne année » alors qu’elle débute dans le sang et l’horreur dans une boîte de nuit à Istanbul, quelques jours à peine après l'attentat du marché de Noël de Berlin et celui de Bagdad, que l’actualité est faite par les Trump, Poutine, Assad ou Erdogan, et que nous vivons ici depuis plus d’un an sous l’état d’urgence…

2016 aura été une année de basculements, de ruptures qui changent le regard, la conscience des travailleurs et des jeunes ici comme partout dans le monde. La violence des rapports de classes, le parasitisme des classes possédantes, ont pris une ampleur sans précédent aux conséquences dramatiques pour les classes populaires. La concurrence effrénée que se mènent les grandes puissances et les multinationales pour le pillage des ressources et l’exploitation des travailleurs du monde entier intensifie la guerre faite aux peuples et aux pauvres. Les vieux pays impérialistes n’échappent pas aux éclats de cette guerre.

Et malgré l’instrumentalisation des inquiétudes, des pertes de repères par les réactionnaires et les démagogues de tous poils, malgré l’exacerbation des préjugés, une nouvelle conscience se forge : celle d’être, par-delà les frontières et les continents, citoyens d’un même monde que le capitalisme précipite dans une crise majeure, sociale, démocratique, écologique, militaire.

Nos vœux pour 2017 ne peuvent être qu’internationalistes, démocratiques et révolutionnaires.

Des vœux optimistes car ils s’appuient sur une conviction profonde : malgré les rapports de forces dégradés, avec bien des difficultés, à travers des drames, du vieux monde qui se délite commence à émerger du neuf.

Fuite en avant sécuritaire… montée des populismes, des régimes autoritaires

L’année 2016 a été celle de la fuite en avant sécuritaire. En France, l’état d’urgence dure depuis plus d’un an, prolongé pour la cinquième fois le mois dernier par 228 députés contre 32 jusqu’au… 15 juillet 2017 ! « Jamais la menace terroriste n’a été aussi élevée » ont à nouveau pilonné gouvernement et opposition pour justifier l’état d’exception permanent qui donne tout pouvoir aux forces de l’ordre, à l’Etat policier, permet d’assigner à résidence sans limite… Une cynique fuite en avant qui ne peut en aucun cas réduire la « menace terroriste » que leur propre politique renforce, mais qui vise à encadrer, surveiller, ficher, contraindre les classes populaires, « classes dangereuses » pour le pouvoir, et qui s’accompagne d’une propagande xénophobe et raciste pour tenter de diviser les travailleurs.

Ce renforcement des politiques sécuritaires et réactionnaires a lieu dans le monde entier. Au nom de la lutte contre le terrorisme, les patrouilles armées dans les lieux publics sont devenues communes, les frontières sont érigées tout autour de l’Europe et en son sein pour repousser les centaines de milliers de femmes, d’hommes, d’enfants qui fuient la guerre, la misère extrême, les dictatures. Et cela alors même que la « coalition internationale » intensifie la guerre au Moyen-Orient et amplifie le chaos, s’appuyant sur les régimes dictatoriaux d’Assad ou d’Erdogan. Une politique qui renforce dans le monde entier les régimes autoritaires sur lesquels s’appuient les multinationales pour intensifier pillage et exploitation, détruire les droits sociaux et démocratiques.

L’élection dans la première puissance mondiale du multimilliardaire réactionnaire, raciste, sexiste Trump, entouré de banquiers, de généraux, soutenu par le Klu Klux Klan, donne la mesure de la décomposition du capitalisme. Une victoire qui, après celle du Brexit en Angleterre, renforce les populismes nationalistes et d’extrême-droite comme en Autriche, en Italie… ou en France avec le FN et Le Pen qui présentait ses vœux à la presse expliquant avoir « préparé [son] quinquennat ». Autant d’avertissements…

« Patriotisme économique », souverainisme… pour mieux accroître l’exploitation

Des politiques protectionnistes se mettent en place aux USA, en Europe pour tenter de soutenir les bourgeoisies respectives alors que les rapports de force économiques sont en train de se redéfinir, avec la nouvelle place occupée par la Chine... Une politique qui accroît les pressions sur la classe ouvrière au nom du « produire français » ou de l’« America first » pour mieux tenter de la piéger, la diviser.

L’épisode de Trump et de l’industrie automobile aux USA l’illustre. Un tweet de Trump aurait nous dit-on fait faire amende honorable à General Motors et poussé Ford à choisir d’implanter une nouvelle usine au Michigan plutôt qu’au Mexique… Mais le problème de General Motors, Ford et les autres, c’est de dégager le profit maximum, et peu leur importe que ce soit par l’exploitation de travailleurs mexicains, français ou américains. Les capitalistes ne délocalisent pas par idéologie. S’ils peuvent produire sur le sol des États-Unis avec des profits équivalents à ceux obtenus dans des maquiladoras mexicaines de l’autre côté du mur, que leur importe ! Ils vont là où la politique des États, les conditions qui leur sont faites, la législation et le niveau des salaires permettent un taux de profit optimal. Et c’est à cela que s’emploient l’ensemble des gouvernements occidentaux : mettre les travailleurs en concurrence pour baisser les salaires, les couvertures sociales, augmenter le temps de travail, repousser l’âge de la retraite… nivelant par le bas les conditions de travail et de vie de tous.

La « souveraineté nationale », le protectionnisme, le repli sur les frontières sont autant d’armes contre le monde du travail. En France, la situation des chantiers naval de Saint-Nazaire illustre la réalité de ces entreprises où des milliers de travailleurs sont ballottés entre groupes mondiaux concurrents qui se livrent une guerre sans merci, fusionnent, s’absorbent, licencient, dictant leur loi aux États… Ce prétendu « fleuron français », ancienne propriété d’Alstom, a été vendu en 2006 à un groupe norvégien, racheté par un groupe sud coréen en 2008… et est aujourd’hui en cours de reprise par un groupe italien leader du secteur, par ailleurs lié à un groupe chinois… Quant aux salariés des chantiers, 2/3 d’entre eux travaillent pour une kyrielle d’entreprises sous-traitantes… et on y parle toutes les langues : entre 10 et 15 % sont des travailleurs détachés.

Plus que jamais, la marche du capitalisme mondialisé pousse les travailleurs à l’unité et à la solidarité de classe, par delà les propagandes et les préjugés, contre tous ceux qui cherchent à dresser des murs entre embauchés, intérimaires, sous-traitants, travailleurs détachés, français et immigrés, « ici » et « là-bas »…

L’exigence démocratique et sociale et la solidarité internationale

L’année 2016 a été marquée par des mobilisations qui posent la question sociale, démocratique et politique. Parmi eux, le mouvement de solidarité internationale avec les migrants, la lutte des femmes polonaises, le mouvement du printemps en France… Des luttes qui s’enrichissent les unes des autres, prises en main par des militant-e-s de tous âges et ancienneté, des jeunes, des travailleurs, des femmes qui leur ont donné une dimension démocratique et sociale nouvelle.

La solidarité qui s’est exprimée cette semaine à l’occasion du procès d’un agriculteur de la vallée de la Roya, près de Vintimille, accusé d’« aide à l'immigration clandestine » pour avoir hébergé et aidé des réfugiés africains fuyant l’enfer (dont nombre de mineurs pourtant théoriquement protégés par la loi française…), témoigne de la richesse du mouvement de solidarité avec les migrants. Alors que de nombreux soutiens manifestaient devant le tribunal (l’agriculteur poursuivi a par ailleurs été désigné par les lecteurs du journal Nice Matin « azuréen de l’année 2016 »), le procureur lui a reproché de faire du procès une « tribune politique » et requis 8 mois de prison avec sursis, témoignant de la hargne du pouvoir face à ceux qui contestent l’ordre établi, forts de la conviction collective de porter un autre avenir.

Une conviction tout aussi chevillée au corps des femmes polonaises qui ont par leurs mobilisations, leur détermination, fait reculer le pouvoir ultra conservateur polonais qui voulait interdire l’IVG, droit déjà très limité en Pologne.  Ce combat et sa victoire, même partielle, a eu des échos dans de nombreux pays où l’égalité entre les sexes et les droits des femmes à disposer de leur corps sont remis en cause ou restent à conquérir. « Dans chaque société, le degré d’émancipation des femmes est la mesure naturelle de l’émancipation générale » disait Charles Fourier il y a deux siècles…

Et c’est bien l’aspiration à l’émancipation et l’exigence démocratique, contre le démantèlement des droits sociaux, l’exploitation, qui se sont exprimées dans le mouvement contre la loi travail « et son monde ». Même si malgré son dynamisme, sa capacité à rebondir et aller bien au-delà de ce que les bureaucraties syndicales avaient envisagé, le mouvement n’a pu gagner, il a accéléré les prises de conscience et ouvert de nouvelles perspectives. Des milliers de lycéens, étudiants, salariés, chômeurs, s’en sont fait les militants, faisant ensemble l’expérience de l’impasse du dialogue social et du nécessaire affrontement avec l’Etat, sa police, ses institutions pour transformer la société, rompre avec la logique du profit. Des prises de conscience qui ont consommé la rupture avec le PS et « la gauche » et renforcé la conviction que les opprimés doivent prendre eux-mêmes leurs affaires et leurs luttes en main.

Un parti des travailleurs, pour la conquête de la démocratie, la prise du pouvoir

Ce sont ces acquis, les perspectives qu’ils portent qu’il nous faut faire vivre alors que la faillite du réformisme est consommée donnant toute son actualité à la révolution.

Un siècle après 1917, la révolution est non seulement une nécessité urgente alors que le capitalisme pourrissant mène l’humanité à la barbarie, mais elle est en germe dans le monde qui s’écroule, dans l'internationalisation et la socialisation de la production et des échanges, dans les progrès technologiques, dans les aspirations et la révolte des classes populaires et de la jeunesse, dans leur volonté de prendre en main la chose publique, de ne pas subir, de faire en sorte que les intérêts collectifs déterminent l’organisation et la marche de la société. Ces aspirations démocratiques posent la question du pouvoir, de l’expropriation des banques et des capitalistes, du contrôle de l’économie par les travailleurs et la population.

Les vieux partis issus des luttes du mouvement ouvrier s’effondrent, PS et PC liquidés par leurs propres dirigeants. Le premier finit de se déliter dans la mascarade des primaires où s’opposent 5 anciens ministres du dernier quinquennat dont ils n’ont manifestement aucun souvenir… tandis que l’ancien ministre de l’économie, « jeune » énarque et banquier nouvellement « antisystème », a choisi de concourir à part, prenant bien soin de se démarquer du PS et de la gauche. Quant au PC, il est emporté dans les décombres par la logique de sa politique, n’ayant d’autre issue que de passer sous les fourches caudines de Mélenchon qui n’a aucune raison de lui laisser le moindre espace… Un Mélenchon nouvel homme providentiel posant au petit chef d’État qui cultive l’ambiguïté sur Assad et Poutine et multiplie les professions de foi nationalistes : « Je suis français. Mon point de vue est strictement français ».

Le nôtre est strictement du côté des travailleurs, des classes exploitées !

Ce qui est aujourd'hui à nouveau à l’ordre du jour, c’est la construction d’un parti des travailleurs, des opprimés, pour la conquête de la démocratie et du pouvoir. Un parti qui ne peut naître et grandir qu’à travers la dynamique du rassemblement de tous les anticapitalistes et révolutionnaires.

Un parti en lien avec les mobilisations, qui en fasse vivre les acquis, qui en porte et formule les perspectives, pose la question du pouvoir en  aidant à prendre conscience de ce qui émerge de l’ancien monde qui s’écroule. C’est cette perspective que nous voulons porter dans la campagne autour de Philippe.

Isabelle Ufferte

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