Macron, Trump, Merkel, May, Trudeau… sans même inviter Poutine ont instrumentalisé le 75ème anniversaire du débarquement et l’émotion provoquée par cette opération où des dizaines de milliers de soldats et de civils ont perdu la vie, pour renouveler les mythes de la guerre « juste » contre les « totalitarismes », au nom du « flambeau de la liberté, de la paix et de la démocratie » (May).
La déclaration qu’ils ont adoptée prétend faire croire qu’« au cours des soixante-quinze dernières années, nos nations ont défendu la paix en Europe et dans le monde, la démocratie, la tolérance et l’État de droit » ! Effacées les sales guerres coloniales, dès le 8 mai 1945 en Algérie, et dans toute l’Asie et l’Afrique, les trente ans de conflit au Viêt-Nam… Effacées, les guerres de la mondialisation depuis les années 80, en Irak, en Afghanistan, au Rwanda, en Yougoslavie… Soixante-quinze ans d’implication directe et indirecte de ces grandes puissances dans des conflits « locaux », pour soutenir des pouvoirs « amis », renforcer les influences, contrôler les matières premières, prendre des marchés, etc.

Cette propagande des vainqueurs est un énorme mensonge, une mythification qui invoque les sacrifices de millions de soldats comme de civils, hommes, femmes, enfants pour masquer les véritables enjeux de la 2nde Guerre mondiale, dans la continuité de la grande boucherie impérialiste que fut la 1ère, une guerre sans merci pour la domination du monde. Cette guerre dont les travailleurs et les peuples sont les fantassins se poursuit aujourd’hui encore sous la forme d’un état de guerre permanent, et ne pourra prendre fin qu’avec la fin de la domination capitaliste.
La lutte pour le partage du monde
La 2nde Guerre mondiale fut le deuxième acte de la guerre entre puissances impérialistes pour se disputer les colonies et les marchés, pour imposer leur domination sur l’ordre capitaliste mondial.
Avant 1914, la domination des deux puissances coloniales qu’étaient la Grande-Bretagne et la France était déjà dépassée et contestée. De nombreux conflits « locaux » avaient débouché sur une première « guerre mondiale » qui fit près de vingt millions de morts. La « paix » signée à Versailles en 1919 ne réglait aucun des problèmes qui avaient provoqué la guerre. Au contraire, la domination des vainqueurs sur les vaincus ne faisait que les exacerber, créant les germes d’une guerre plus destructrice encore.
Seule la victoire de la vague révolutionnaire qui suivit la Révolution d’Octobre de 1917 en Russie, aurait pu empêcher le déferlement de violence, l’enchaînement de la folle concurrence capitaliste jusqu’à la crise de 1929 et l’engrenage vers la guerre. Vaincue par la réaction, le fascisme et le stalinisme, sans oublier la trahison de la social-démocratie, la révolution ne put empêcher les classes capitalistes de se disputer la domination du monde sur les champs de bataille.
La guerre éclata d’abord entre la Chine et le Japon en 1937, puis devint européenne et mondiale en 1939, provoquant des destructions jamais atteintes dans l’histoire de l’humanité, les millions de victimes de la « solution finale », les plus terribles batailles comme à Stalingrad, les bombardements de Dresde ou d’Hiroshima, plus de soixante millions de morts de tous les continents.
La « paix » de Yalta entre les alliés, USA, URSS et Grande-Bretagne, associant la France pour sa domination en Afrique, ne fut qu’un nouveau partage entre brigands pour dominer le monde. Un nouvel acte de la guerre mondiale se préparait, la guerre des grandes puissances pour maintenir les peuples coloniaux sous leur coupe. Dans ce cadre de la Guerre froide, les conflits n’ont jamais cessé, pour écraser les luttes d’émancipation, et pendant la révolution chinoise, en Corée, au Vietnam, en Algérie, à Cuba, jusqu’aux bourbiers des guerres Iran-Irak ou de l’Afghanistan...
75 ans plus tard, état de guerre permanent, montée des nationalismes et des militarismes
Les libertés dont se revendique la déclaration du 5 juin 2019 signée par seize chefs d’Etat, ce sont celles des capitalistes, des multinationales et de leurs Etats, de continuer à imposer leur domination au reste du monde. Cette liberté, c’est celle de l’exploitation, du profit, de la concurrence et du pillage, des spéculations financières et des guerres commerciales.
Aujourd’hui, le monde capitaliste a profondément changé. Les anciens peuples coloniaux ont conquis leur indépendance et se sont intégrés au marché capitaliste mondial, au premier rang d’entre eux, la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Iran… Leur développement représente une concurrence, une menace pour les vieilles grandes puissances capitalistes, en particulier pour celle qui en assure la domination, les USA. La concurrence commerciale entre ces derniers et la Chine fait rage, à coup de surtaxes douanières, d’interdictions de certains produits, de contrôle sur les nouvelles technologies, d’accès aux marchés financiers… Pendant que les dirigeants occidentaux se retrouvaient à Portsmouth et en Normandie, Poutine recevait Xi Jinping, pour célébrer « le niveau sans précédent » de coopération entre la Russie et la Chine. Les tensions entre les USA, leurs alliés Israël et l’Arabie saoudite, l’Iran s’aggravent aussi.
La concurrence économique de la mondialisation capitaliste s’accompagne d’une montée du militarisme. La croissance folle du marché mondial de l’armement, 1822 milliards de dollars en 2018, se concentre entre quelques puissances : 50% pour les seuls USA (36%) et Chine (14%) ! Macron s’est félicité d’une augmentation de 30% des ventes d’armes en un an, à hauteur de 9,1 milliards. Et son gouvernement poursuit la croissance du budget militaire pour atteindre 2% du PIB.
Cette montée des militarismes a pour corollaire la montée des nationalismes vantés par les forces réactionnaires qui se font les agents de l’offensive des classes capitalistes contre les peuples et les travailleurs. Inévitablement, cette fuite en avant débouche sur de nouveaux affrontements, de nouveaux drames humains où les peuples sont sacrifiés.
Drames sociaux, militarisme, nationalisme, guerres, crise climatique, la perpétuation de la domination capitaliste plonge le monde dans une régression d’autant plus insupportable que les progrès techniques et scientifiques réalisés grâce au travail humain sont immenses.
Cette régression mondialisée, globalisée, les menaces de nouveaux conflits militaires, les risques d’enchaînements incontrôlables ne pourront être évités que si les classes exploitées et opprimées prennent l’avenir de la société en main pour mettre hors d’état de nuire les apprentis sorciers qui dirigent le monde.

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