« Blanquer, protocole de guignol, démission ! », « A bas Blanquer ! Vive la grève ! », « Blanquer, le virus, c’est toi ! Le remède, c’est nous ! » …, scandaient les salariés de l’éducation qui ont laissé exploser leur colère dans la rue, jeudi 13 janvier.

La grève a été massive, à la mesure du mécontentement contre l’improvisation sanitaire de Blanquer et son mépris affiché : 75 % des professeurs des écoles, près d’une école sur deux fermée, 62 % de grévistes dans les collèges et les lycées, selon les syndicats. La grève a aussi été massive chez les personnels de vie scolaire, d’éducation, du médico-social, y compris chez les personnels de direction. Elle a emporté l’adhésion des parents d’élèves et le soutien de la FCPE.

L’exaspération et la colère sont telles que l’ensemble des syndicats de l’éducation ont dû signer l’appel à la grève, sous peine d’être totalement discrédités. Les enseignants ont exprimé leur ras-le-bol des mensonges, des promesses politiques non tenues, une rupture avec les politiciens des partis qui se sont succédés au gouvernement, y menant les mêmes politiques d’austérité et de démantèlement de l’école, jusqu’à éjecter de la manif parisienne Anne Hidalgo, la candidate qui avait annoncé vouloir doubler le salaire des enseignants !

Les premières manifestations, au début de l’année, du soulèvement le plus important survenu au Kazakhstan depuis des décennies ont eu lieu à Janaozen, une ville à l’ouest du pays proche de la mer Caspienne, région où sont situées les exploitations pétrolières et gazières. Dès l’annonce le 1er janvier de l’augmentation -jusqu’à être doublé- du prix du gaz liquéfié, GPL, le carburant de très loin le plus utilisé par les automobilistes, une cinquantaine d’ouvriers se sont rassemblés et ont transmis aux autorités locales un message vidéo exigeant, au nom de la population, l’annulation de cette hausse.

Le lendemain, le dimanche 2 janvier, des manifestants plus nombreux occupaient un rond-point dans la même ville tandis que dans la soirée, à Aktaou, une ville proche sortie de terre avec l’exploitation à partir de 1960 des gisements pétroliers de la Caspienne, des milliers de travailleurs se rassemblaient devant l’hôtel de ville, annonçaient le début de la grève pour le lendemain et scandaient le slogan : « Dehors, le vieux ! ». Etait ainsi visé Noursoultan Nazarbaïev, l’ancien président, dictateur en place depuis 1990, dont la famille et le clan ont mis la main sur toutes les richesses du pays, en particulier les revenus tirés du gaz et du pétrole. Nazarbaïev avait donné sa démission en mars 2019 tout en restant au pouvoir dans les coulisses, à la tête notamment d’un « Conseil de sécurité ». Le nouveau président Tokaïev lui avait fait allégeance, allant jusqu’à renommer Astana, la capitale politique du pays, de son prénom, Noursoultan.

« Pour la première fois dans l’histoire, un président n’a pas seulement perdu une élection, il a tenté d’empêcher un transfert pacifique du pouvoir », a accusé Biden lors d’un discours devant le Congrès à l'occasion de l’anniversaire de la proclamation de sa victoire, il y a un an, le 6 janvier, anniversaire aussi du coup de force de Trump et de ses partisans qui menaient l’attaque sur le Capitole, qu’il a qualifiée d'« insurrection armée ».

« Nous devons décider aujourd’hui quelle nation nous allons être. Allons-nous être une nation qui accepte que la violence politique devienne la norme ? Allons-nous être une nation qui autorise des responsables officiels partisans à renverser la volonté exprimée légalement par le peuple ? Allons-nous être une nation qui ne vit pas dans la lumière de la vérité mais à l’ombre du mensonge ? ». Et d’affirmer, « Je ne laisserai personne mettre le couteau sous la gorge de la démocratie ». Se voulant le président du « Retour de l’Amérique », Biden a donné une dimension internationale à son prétendu combat pour la démocratie, une lutte l’opposant à l’autocratie tant aux USA que face à… la Chine et la Russie.

« Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire » ; « un irresponsable n’est plus un citoyen »… Macron a repris les méthodes démagogiques et provocatrices de Sarkozy et de l’extrême-droite pour tenter de masquer son incurie et sa panique en désignant des boucs émissaires. Il en a rajouté lors de la conférence de presse vendredi avec la présidente de la Commission européenne Ursula Van der Leyen : « J’assume totalement […] La vraie fracture du pays est là, quand certains font de leur liberté, qui devient une irresponsabilité, un slogan ». Sans blague, mais la « liberté » des classes dominantes, elle, n’a rien d’un slogan ! Cette liberté bien sonnante et trébuchante plonge la société dans le chaos. La fuite en avant de l’infime minorité des possédants, financiers, grands actionnaires, pour maintenir leurs profits dans un système économique à bout de souffle, a des conséquences dramatiques pour les 99 %.

Macron prépare la suite, l’intensification de la guerre de classe et stigmatise les non-vaccinés pour tenter de diviser, paralyser. Pécresse, pas en reste, veut « ressortir le kärcher de la cave ».

Sans surprise, le bruit et la fausse fureur retombés après les propos cyniques de Macron, les députés ont très majoritairement adopté le projet de loi sanitaire en première lecture. Un peu plus tôt, au Sénat, Castex avait assuré le service après-vente : « Qui outrage la nation ? Qui fracture la nation ? Qui conduit les soignants dans nos urgences à faire des choix éthiques dramatiques ? ».

L’installation le 31 décembre du drapeau européen sous l’Arc de triomphe voulue par Macron pour marquer le premier jour de sa présidence de l’Union européenne a déclenché parmi toutes celles et ceux qui tricolorent une polémique tout aussi ridicule et dérisoire que la gloriole présidentielle.

Le Pen a crié à la provocation, un drapeau européen au-dessus de la tombe du soldat inconnu, « une offense pour ceux qui se sont battus pour la France » et une « victoire patriotique » quand il a été retiré le lendemain ! Un « outrage » pour Zemmour. Un « effacement de l’identité française », s’est emportée Pécresse qui se veut « patriote et européenne » et aurait « aimé qu’on affiche à côté du drapeau européen le drapeau français ».

« je continuerai à vous servir », tels étaient les vœux de Macron, adressés avec « optimisme » à lui-même et à la réussite de sa politique au service... des classes dominantes. Boniments et mensonges pour justifier la poursuite de sa police sanitaire qu’illustrent les dernières mesures annoncées pour faire face à la propagation du virus Omicron. Elles jouent sur les inquiétudes et la peur, expression de la panique du pouvoir lui-même. Le ridicule le dispute au mépris. La transformation du passe sanitaire en passe vaccinal rend de fait la vaccination obligatoire alors que Macron avait prétendu y être opposé. Pour tenter de masquer sa propre incurie il fait des non vaccinés des boucs émissaires responsables de la propagation du virus alors que si le vaccin protège de la maladie rien ne dit qu’il empêche réellement sa propagation.

Cette attitude punitive est d’autant plus insupportable que le refus de lever les brevets ralentit considérablement la vaccination à l’échelle internationale et favorise l’apparition des variants comme Omicron. Seule 7 % de la population de l’Afrique est protégée.

La seule réponse des classes dirigeantes est le vaccin pour le plus grand profit de Big Pharma et se barricader derrière les frontières, la soumission aux multinationales et le nationalisme vaccinal au mépris des intérêts de l’humanité, qui exigent l’accès aux soins et aux médicaments, comme un droit universel…

A l’annonce du résultat du second tour de l’élection présidentielle le 19 décembre, des centaines de milliers de Chiliens sont sortis dans les rues. Sidérés par le premier tour, l’heure était plus au soulagement qu’à la joie.

En effet, le 19 novembre, un candidat d’extrême droite populiste, José Antonio Kast, fils d’un lieutenant nazi, anticommuniste partisan du retour à l’ordre de Pinochet et qui avait fait 7,9 % des voix en 2017, l’avait emporté d’une courte tête sur Gabriel Boric. Jeune candidat ex dirigeant de la lutte pour une éducation gratuite « et sans profits » en 2010, ce dernier s’est présenté à la tête d’une alliance du Front Large (front d’organisations antilibérales) et du PC, les partis institutionnels de gauche qui malgré leur discrédit lié à leur participation gouvernementale sous la socialiste Michelle Bachetet, ont capitalisé en partie la sympathie de la rue, très active depuis une décennie.

Mercredi, le président-pas-encore-candidat Macron s’est offert un show de deux heures sur TF1 et LCI, la télé de Bouygues, pour nous livrer la vision qu’il a de son quinquennat, entre autosatisfaction, fausses excuses pour ses « erreurs », mensonges, platitudes hors-sol…

Récusant le titre de « Président des riches » et coupant la parole à la journaliste qui tentait bien timidement de le contester, on l’a vu prétendre, invoquant l’Insee, que sa politique économique avait permis d’augmenter le pouvoir d’achat des plus pauvres. Il s’appuyait pour cela sur une étude de la Direction Générale du Trésor (DGT) concernant l’effet des mesures prises depuis 2017 selon laquelle le niveau de vie de la population aurait augmenté en moyenne de 1,6 % sur le quinquennat, plus que lors des deux précédents. Cerise sur le gâteau, l’augmentation aurait été de 4 % pour les 10 % les plus modestes et de seulement 2 % pour les 10 % les plus riches. CQFD !

La journaliste, elle, tentait de lui opposer les chiffres d’une étude plus récente, réalisée à partir des mêmes données statistiques de l’Insee par un organisme privé, l’Institut des Politiques Publiques (IPP). Mais alors que la DGT calcule les moyennes par tranche des 10 %, l’IPP le fait beaucoup plus finement, par tranches de 1 %. On constate alors que la moyenne de 4 % pour les 10 % les plus pauvres masque de fortes disparités, au point que les 5 % les plus précaires (3,34 millions de personnes) ont, eux, perdu du pouvoir d’achat, révélant le mensonge de Macron et de ses comparses. Et cette estimation est certainement bien en dessous de la réalité. L’Insee a en effet publié en mai dernier les résultats d’une enquête de 2018 dans laquelle elle évaluait le nombre de personnes qui, pour des raisons diverses dont l’extrême précarité, échappent à ses statistiques : 1,6 million, dont 900 000 dans les TOM-DOM !

Plus de 10 000 personnes sont venues écouter, dimanche dernier, le maintenant candidat Zemmour à Villepinte, galvanisées par ses appels à la violence et à la haine raciste et xénophobe, par ses délires souverainistes et de références aux traditions d’une France ancestrale fantasmée. Un discours identitaire qui surfe sur la peur du déclassement et de la ruine d’une partie des classes moyennes qui constituent son public, un public réactionnaire qui n’était que haine contre les travailleur.se.s, les immigré.es, les migrant.es, les femmes, les LGBTI… stigmatisé.es comme les responsables du prétendu déclin de la France.

Une violence et une haine qui sont l’expression de la peur des classes possédantes devant leur propre déclin, celui de la faillite de leur société capitaliste, incapable de répondre aux besoins sanitaires, sociaux, écologiques, démocratiques de la population, des classes populaires et des jeunes.

Des violences ont éclaté contre des journalistes, des militant.es d’SOS-Racisme entré.es dans la salle pour déployer leur slogan « Non au racisme » ont été brutalisé.es. Service d’ordre musclé, nazillons nervis de Zemmour les ont violemment agressés avant que les forces de l’ordre acheminées en nombre pour protéger Zemmour ne prennent le relais. Au même moment, la manifestation des syndicats, partis et associations contre l’extrême-droite, partie de Barbès était également chargée par les forces de l’ordre, tabassages, interpellations et gardes à vue à la clé….

A cinq mois de la Présidentielle, la campagne témoigne avec brutalité des accélérations politiques, expressions de l’intensification de la guerre de classe menée par les classes dominantes, de l’effondrement économique et social du capitalisme et de la décomposition morale qui l’accompagne. Le Pen, Ciotti, le répugnant Zemmour, Pécresse, Darmanin et bien d’autres surfent sur les préjugés, exaltant les rancœurs et les frustrations pour tenter de faire taire la révolte et les exigences des travailleur.ses, de la jeunesse, des classes populaires.

Cette colère s’exprime de façon encore diffuse, éparpillée dans des grèves locales, pour les salaires, contre les licenciements, dans les mobilisations telle celle des travailleur.ses du secteur social le 7 décembre ou celle, même si moins massive, du 4 décembre pour la défense de l’hôpital, et de façon radicale en Guadeloupe et Martinique.

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