Depuis jeudi soir, les cheminots ont « posé le sac » dans un profond mouvement de colère, en plein départ de congés et face à une campagne haineuse.

En début de semaine, des agents de la région parisienne ont fait valoir leur droit de retrait suite à plusieurs agressions de conducteurs. Depuis des années, la direction de la SNCF et le gouvernement laissent se dégrader les conditions de transport des voyageurs de banlieue, les lignes et les gares qui se réduisent à des distributeurs de billets. Toujours moins de personnel et au final, c’est le conducteur qui subit seul les conséquences de cette politique.

Le 16 octobre, une collision entre un convoi exceptionnel et un TER dans les Ardennes a fait déborder le vase. Le conducteur, privé de moyens de communication, seul et même blessé, a dû laisser ses 70 passagers (dont 11 blessés) pour aller prévenir en urgence un train en sens opposé et éviter la catastrophe !

La nouvelle a fait le tour des roulants, les syndicats réclamant en particulier le retour des contrôleurs sur les TER, supprimés au mépris de la sécurité. Les dépôts de droit de retrait ont fait tache d’huile sur tout le réseau, touchant en particulier les trains Intercités, les TER, les lignes RER et même les TGV Ouigo. Le mouvement s’est répandu très rapidement. Dès vendredi 8h, 60 % de trains étaient supprimés et le mouvement se poursuit, malgré les menaces de sanctions.

En se battant, les cheminots défendent la collectivité

La catastrophe ferroviaire a été évitée de justesse, mais cette situation n’a rien d’accidentelle. Elle est le résultat de cette politique de réduction des coûts, des moyens de sécurité, pour la sacro-sainte « productivité ». Comme partout, la direction et ses spécialistes suppriment des postes, réévaluent le « risque », réorganisent, taillent dans les collectifs de travail, sans jamais s’exposer ou en subir les conséquences.

Face à l’ampleur du mouvement des cheminots, les médias se sont dépêchés de trouver des experts du « droit de retrait », discutant doctement s’il est recevable ou non… sans rien dire sur l’accident lui-même et la responsabilité de la SNCF dans ce qui aurait pu être une vraie tragédie. Ils préfèrent se joindre au chœur des déclarations de Philippe contre « une grève sauvage », du secrétaire d’Etat aux Transports contre « une grève surprise hors du cadre légal » ou de Pepy qui étudie « la voie judiciaire » !

Mais la colère des cheminots est profondément légitime. Ils défendent leurs conditions de travail, la sécurité des usagers, leurs conditions de transports. Ils luttent contre l’irresponsabilité sociale des classes possédantes et de ceux qui les servent, qui ne pensent qu’à supprimer des postes alors que le chômage bat son plein. Tout cela pour engranger plus de profits, au détriment de l’intérêt collectif.

Exercer notre « droit de retrait » contre le capitalisme

La campagne haineuse contre les cheminots révèle une chose, c’est la crainte de ce beau monde quand les travailleurs sortent du cadre habituel du « dialogue social » pour exprimer directement leur colère, sans préavis ! C’est un des acquis des mouvements des Gilets Jaunes et de ceux qui se poursuivent aujourd’hui, aux urgences, dans l’éducation, les pompiers…

La rapidité avec laquelle le mouvement s’est répandu, bousculant la direction de la SNCF, montre la force collective des travailleurs sans lesquels rien ne tourne dans cette société. La question de la suite est posée non seulement aux cheminots mais à l’ensemble des travailleur.e.s du public comme du privé. La préparation de l’affrontement avec le pouvoir est en discussion. La grève du 5 décembre pour les retraites est en ligne de mire, c’est bien une grève générale que nous devons ensemble construire en prenant l’affaire en main comme l’ont fait les cheminots.

La régression sociale portée par Macron et ses donneurs d’ordre est bien un « danger grave et imminent » pour la collectivité. Exerçons notre droit de retrait, contestons leur pouvoir sur toute la société.

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