L’annonce par General Electric de la suppression de 1044 emplois dans l’usine ex-Alstom de Belfort rend bien dérisoire l’annonce que vient de faire l’Insee d’une baisse de 0,8 % du chômage au 4ème trimestre 2018. D’autant que ces licenciements s’ajoutent à une liste déjà longue : dans la distribution, Castorama va supprimer près de 800 postes, à Auchan 700 sont menacés, à Carrefour 3 000 et le groupe Rally, qui possède Casino, croule sous les dettes. Dans l’industrie, entre 400 et 800 emplois sont menacés à l’usine Bosch de Rodez ; Britich Steel, repreneur d’Ascoval, vient d’être déclaré en faillite ; un an après son rachat, l’ancienne usine Whirpool d’Amiens est de nouveau en redressement judiciaire ; à Mulhouse, un millier d’emplois vont disparaître à PSA ; à Blanquefort, le plan de fermeture de l’usine Ford est en cours, touchant 850 salariés, etc.

Et ce n’est certainement pas le « pacte productif » annoncé par Macron lors de sa conférence de presse du 25 avril, nous promettant le plein emploi pour 2025, qui mettra un terme à l’hémorragie. Les promesses de Macron et du gouvernement, leur bluff et leurs mensonges, tout comme ceux de leurs prédécesseurs, on les connaît… On a vu le ministre de l’économie Le Maire à l’œuvre dans certains de ces « dossiers », comme par exemple à Ford. Macron, alors ministre de l’économie de Hollande, a piloté la vente d’Alstom Energie à General Electric fin 2014, avec la promesse de ce dernier de créer 1000 emplois supplémentaires… Et qui pourrait croire à leur prétendue volonté de développer l’emploi alors qu’ils en liquident des dizaines de milliers dans la Fonction publique ?

Le RN dénonce, dans le gouvernement, « un collectif de golden-boys [..] bien impuissants [face à] l'accumulation considérable de plans sociaux massifs. […] L'Etat doit jouer son rôle de stratège et de protecteur … »

Oui, Macron et son gouvernement sont impuissants face aux décisions des grands groupes financiers et industriels, aux vagues de concentrations qui s’accentuent avec l’exacerbation de la concurrence et le ralentissement de la croissance. Mais il ne s’agit pas d’une question de « volonté politique », Le Pen le serait tout autant, la gauche le fut, et pour les mêmes raisons. Macron et son gouvernement, comme ses prédécesseurs et ceux qui lui succéderont, ne sont que les exécuteurs de basses œuvres des grands actionnaires des multinationales financières et industrielles qui contrôlent réellement l’économie. Quant à jouer leur rôle de « stratège et protecteur », plus précisément assurer la gouvernance dont les capitalistes auraient besoin pour que leur intérêts généraux en tant que classe soient un minimum équilibrés face à l’anarchie destructrice qui émane de la concurrence, des lois du marché, d’une économie soumise à la propriété privée, c’est devenu impossible, à l’échelle de la planète. L’impuissance économique et financière des gouvernements, les crises politiques dans lesquelles ils s’enlisent, traduisent le fait que le capitalisme financier mondialisé est aujourd’hui au bord d’une faillite généralisée. Les capitalistes et les gouvernements aux ordres n’en retardent l’échéance qu’au prix d’une guerre permanente contre les salariés et les peuples en accentuant les rapports d’exploitation, en opposant la répression des flics et des tribunaux aux révoltes qui en émergent.

La lutte pour l’emploi, contre les licenciements, est un combat social et politique qui ne peut rien attendre des pouvoirs publics. Bien au contraire, nos luttes ne pourront contribuer à construire un rapport de force qui nous soit favorable qu’en nous émancipant de ces illusions, en identifiant et en désignant clairement nos ennemis de classe.

Lutter pour l’interdiction des licenciements, pour la répartition du travail entre toutes et tous avec la garantie d’un salaire décent, c’est remettre en cause la mécanique mortifère qui règne sur le système économique de cette société, le droit d’une minorité à décider de qui peut travailler ou pas, vivre dignement ou pas.

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