Étranges élections pour le parlement européen dont le contenu politique pourrait se résumer à cinquante nuances de souverainisme ou de nationalisme, voire de xénophobie agressive. Celui qui se veut le porte-parole des dits « progressistes », Macron, s’est emparé avec une ardeur intéressée de la cérémonie d’hommage aux deux soldats morts au Burkina Faso pour libérer des otages, de l’émotion que cela avait pu susciter pour faire l’éloge du patriotisme et de l’armée de la nation. Et cela avec l’assentiment et l’approbation de tout ce que ce pays compte d’institutionnel communiant au nom de l’unité nationale.

« On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour les industriels » écrivait au lendemain de la première guerre mondiale Anatole France. On dirait aujourd’hui « pour les multinationales » dont l’armée française impose l’ordre et le pillage aux peuples d’Afrique après leur avoir imposé l’ordre colonial et nourrit le terrorisme que le gouvernement prétend combattre.

Leur Europe capitaliste n’est pas l’Europe de l’entente des peuples ou de la paix, elle est celle de la concurrence libre et non faussée, des rivalités nationales voire chauvines et xénophobes. Elle est l’Europe forteresse qui rejette les migrants qui fuient la misère et la guerre engendrées par le capitalisme mondialisé.

Leur Europe est une alliance de brigands capitalistes qui se battent pour les marchés au nom de la rentabilité financière. La seule chose qui les unit, c’est leur commune hostilité au monde du travail, aux classes populaires, à ceux que jadis ils envoyaient au massacre sur les champs de bataille pour aujourd’hui en faire les fantassins de leur guerre économique.

C’est bien pourquoi, dimanche, les travailleurs n’ont pas d’intérêt à s’abstenir. Ce serait laisser le champ libre à tous les partis institutionnels qui, d’une façon ou d’une autre, défendent l’ordre établi, celui de l’exploitation capitaliste.

Certes, ces élections ne changeront rien à leur sort, c’est vrai. Quant au fond, il n’y a rien à en attendre. Mais laisser sans réponse ce déferlement réactionnaire n’est pas sans conséquence.

Les travailleurs ne sont pas neutres, ils ont une opinion, une solidarité de classe à exprimer pour pouvoir la construire.

Nous ne savons pas qui l’emportera de Macron ou de Le Pen. Nous ne sommes pas de ceux qui, sous couvert de sanctionner Macron, sont prêts à voter Le Pen ou à cautionner ce vote anti-ouvrier qui fait de la haine des migrants un argument électoral. Mais nous sommes sûrs que, dans tous les cas, les travailleurs seront perdants si les discours réactionnaires qui envahissent les médias restent sans réponse.

Ne pas répondre à ses adversaires, c’est avoir déjà perdu la bataille y compris sociale.

C’est pourquoi les classes exploitées doivent voter pour la seule liste qui se situe dans leur camp, qui se revendique de la solidarité des travailleurs par delà les frontières, internationaliste, la liste de Lutte ouvrière.

Bien sûr, il peut y avoir des divergences, des désaccords, au sein du mouvement ouvrier. Ces divergences, nous en discutons entre nous, démocratiquement, mais cette démocratie n’a de sens que si nous affirmons sans ambiguïté notre solidarité de classe face aux partis institutionnels qui, tous, souhaitent gérer les affaires de la bourgeoisie au niveau européen ou national.

Le vote Lutte ouvrière est le seul qui exprime les aspirations et les exigences essentielles du mouvement des gilets jaunes et des luttes des salariés.

Ce ne sont pas les frontières qui nous protégeront de quoi que ce soit mais notre capacité à faire valoir nos droits, à nous organiser, à faire de la politique pour défendre nos intérêts de classe. C’est notre capacité à nous unir, nous rassembler, nous organiser autour de nos exigences vitales contre le chômage, les salaires, pour la défense des services publics, de l’école et de la santé. A faire vivre aussi dès maintenant, à l’image des gilets jaunes, une démocratie directe, de classe dans les entreprises, les lieux de travail et les quartiers pour postuler à prendre le pouvoir aux mains de l’oligarchie financière pour décider nous mêmes de la marche de la société.

Le capitalisme est à bout de souffle. Il ne réussit à éviter la faillite, jusqu’à quand, qu’en aggravant sans cesse l’exploitation du monde du travail.

A la suite du mouvement des gilets jaunes, alors que de nouvelles mobilisations sont devant nous, nous pouvons utiliser notre bulletin de vote pour aider au rassemblement des travailleurs, ici et par delà les frontières, en faire un geste d’encouragement à toutes et tous ceux qui veulent s’organiser en toute indépendance des institutions dans leur propre camp, leur propre parti, celui des travailleurs.

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