Depuis vendredi, l’ensemble des listes présentes pour les élections européennes sont connues. La campagne donne un sombre tableau de la vie politique institutionnelle de ce pays. Toutes les forces de droite extrême ou d’extrême droite se disputent les mêmes thèmes en ayant bien du mal à faire entendre leurs prétendues différences qui justifient leurs rivalités et luttes pour le pouvoir. Macron espère rallier à lui une partie de l’électorat le plus réactionnaire en particulier grâce au zèle de Castaner et de sa police. Depuis des mois, son objectif vise à être le point d’orgue du rassemblement des couches sociales les plus réactionnaires, le parti de l’ordre qui ne joue pas avec le feu mais garde le cap et se prépare, prépare la police, les médias, tout ce que le pays compte d’institutionnel à une véritable guerre de classe contre le monde du travail et les classes populaires face aux difficultés financières et économiques qui menacent. Le premier Mai, à Paris, en a été une nouvelle démonstration. Mais le zèle de son ministre pourrait bien se retourner contre lui.

La stratégie des tensions

Ce zèle policier n’est pas une bavure mais bien celui de Macron qui, incapable de mettre un terme aux mobilisations, de répondre à leurs demandes, fait de la politique par le biais du ministère de l’intérieur, des manipulations policières, de l’intox et des fake news relayées par des médias aux ordres, serviles. Macron croyait pouvoir étouffer la colère, mais aveuglé par ses ambitions politiques, sa soif de revanche, son inextinguible besoin de rabaisser ses adversaires ou même… ses alliés, il ne parvient pas à reprendre la situation en main.

A défaut d’avoir quant au fond un autre programme que Le Pen, servir les classes dominantes et la démagogie pour le peuple, Macron joue la carte des tensions, du chaos. Que lui importent les inquiétudes du grand patronat ou d’une partie de la droite, c’est lui ou le Pen… Sauf que c’est Le Pen qui pourrait ramasser la mise en donnant à la politique de Macron sa propre cohérence…

Confusions et surenchères souverainistes

Macron a su s’adapter au climat dominant dans son électorat et a trouvé en Loiseau une porte-parole adéquate quoique fort peu charismatique ! Finie la perspective d’une « renaissance » du projet européen la main dans la main avec Merkel, Macron en appelle au « Patriotisme ouvert » qui fait écho au slogan de Le Pen « La protection, c'est la nation ».

C’est aussi sur le terrain de l’immigration que Macron entend rivaliser avec le RN comme sur celui de la xénophobie, de la démagogie contre l’Islam et du racisme antimusulman. Certes, il est contraint de modérer ses propos alors que Marine Le Pen, à Vienne lors du rassemblement de l’extrême droite européenne, appelait à l’« insurrection (…) pacifique et démocratique » contre une « submersion » migratoire « organisée » selon elle par l’Union européenne pour « faire disparaître nos patries ».

Face à ce déferlement réactionnaire dans lequel Les Républicains ne sont pas en reste, la gauche gouvernementale en perdition, divisée, incapable de surmonter ses luttes d’ambitions rivales, n’a même pas la force de résister. Elle se plie à l’air du temps souverainiste, certes de façon plus mesurée, mais qui participe, de fait, à cette ambiance réactionnaire.

Quant aux listes qui se revendiquent des gilets jaunes ou qui se disent gilets jaunes, elles viennent ajouter de la confusion à la confusion. Après Dupont-Aignan, Philippot a réussi à débaucher quelques GJ autour, disent-ils, de la conviction que les revendications « largement partagées (plus de pouvoir d'achat, plus de démocratie directe, plus de justice fiscale et sociale), ne sont possibles que si la France sort du carcan de l'Union européenne et de l'euro ». Quant à la liste dirigée par le chanteur Francis Lalanne, elle flatte l’apolitisme tout en agitant le méli-mélo populiste, sans parler de celle de Christophe Chalençon...

Faire entendre la voix des travailleurs

Au regard de cette campagne, le désintérêt est général, l’abstention s’annonce massive. Elle traduit la rupture de plus en plus profonde entre les classes populaires et le monde politicien. Mais cette abstention n’est pas une réponse à leur campagne qui vise à faire taire toute contestation, à étouffer les consciences, à les enfermer dans l’impasse du système, de ses institutions, de son idéologie nationaliste. Elle leur laisse le terrain libre.

Face au capital et à ses serviteurs, tant au niveau national qu’européen, il est indispensable d’affirmer notre indépendance de classe, notre solidarité internationale. Notre internationalisme n’est pas un supplément d’âme mais bien la conviction que les travailleurs ne pourront vaincre sans briser le carcan des frontières.

Il y a dans ces élections une liste qui rompt avec le chœur des politiciens des partis institutionnels, la liste de Lutte ouvrière conduite par Nathalie Arthaud et Jean Pierre Mercier. Les médias la boycottent, raison de plus pour la soutenir, c’est la seule liste qui se revendique du camp des travailleurs contre la classe capitaliste et ses serviteurs.

Pour les travailleurs, l’enjeu de ces élections n’est pas de mettre « une volée » à Macron, pas plus que l’enjeu des mobilisations n’est sa démission, il est d’aider par la campagne comme par le vote, à construire un affrontement pour faire plier l’Etat et le grand patronat.

Il serait démagogique de dire que seules les luttes sociales comptent, les élections, c’est bidon. Certes, les élections ne changeront pas notre sort, mais notre combat est global, social et politique. Pour changer le rapport de force, il nous faut faire de la politique, contester le pouvoir de la bourgeoisie, ses partis, sa propagande et ses mensonges y compris sur le terrain institutionnel. C’est pourquoi nous soutenons la liste de Lutte ouvrière, et appelons à voter pour elle.

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