Le gouvernement et les médias se sont à nouveau emparés des violences qui ont émaillé, à Paris, la manifestation des gilets jaunes pour mener leur campagne de dénigrement, de calomnie contre le mouvement. Ils tentent de se dédouaner de leur responsabilité contre les manifestants. Pourtant ce sont bien eux qui, par leur mépris, leur hostilité de classe aux Gilets jaunes, aux classes populaires et à leurs exigences, comme par les provocations de leur police, alimentent les tensions et créent un terrain propice à des groupes marginaux. Cette campagne ne les sortira pas de l’impasse ni ne réussira à étouffer le mécontentement qui s’exprime de partout.

Macron a certes réussi à remobiliser ses troupes, à regagner une partie de son électorat face à Le Pen, à lancer sa campagne pour les européennes mais il est loin d’avoir convaincu. Comme il n’a rien à répondre aux exigences non seulement des Gilets jaunes mais de l’ensemble des travailleurs et des classes populaires, il lui faut encore et encore gagner du temps… Et aussi tenter d’impliquer un peu plus non seulement les syndicats mais les partis, les corps dits intermédiaires, les élus et notabilités dans la mascarade… Le Sénat et l’Assemblée nationale seront de la partie pendant que Macron continue sa tournée des popotes dans les régions après avoir reçu des intellectuels à l’Élysée... Le grand show continue et Macron « dépliera progressivement les réponses jusqu’à l’été » selon la ministre qui gère le barnum. Jouer la montre et l’esquive...

Face au mépris, affirmer notre dignité

Macron continue de faire semblant de ne pas entendre malgré l’ultimatum qui lui a été adressé samedi avec l’Acte 18. Dans le même temps, après les joyeuses et dynamiques manifestations des lycéens vendredi pour le climat, se sont déroulées des marches des Solidarités, en soutien aux victimes des violences policières, contre le racisme et la répression, pour la régularisation des sans-papiers et l’accueil des réfugiés et, dans les principales villes du pays, la Marche du Siècle pour le climat. Les contestations sociales et politiques convergent, dans bien des endroits gilets jaunes et militants syndicaux se retrouvent au coude à coude, le besoin de se coordonner prend corps comme en atteste la réunion qui s’est tenue samedi à Paris dans la continuité de l’assemblée des assemblées de Commercy.

Le gouvernement n’est pas au bout de ses peines. Tout le monde a compris qu’il n’avait pas la moindre intention de répondre aux exigences des Gilets jaunes. Pour cela, nul besoin de débattre à n’en plus finir. Il s’agit de mettre un terme à ce que reconnaissent tous les organismes officiels, la baisse du pouvoir d’achat : en 2018, ce dernier avait baissé d’environ 800 euros par rapport à 2010. Depuis dix ans, il ne cesse de reculer pour que grossissent les profits du CAC 40 qui se portent à merveille.

La réponse est simple et immédiate, l’augmentation du Smic, des salaires, des pensions et des minima sociaux, leur indexation sur le coût de la vie.

Pour Macron et ses commanditaires, le grand patronat, il n’en est pas question. Nous connaissons sa réponse sans attendre l’été !

Toutes et tous en grève et dans la rue le 19 pour préparer la suite

Pour contraindre les patrons et leurs serviteurs à céder, il n’y a pas d’autre voie que la mobilisation de l’ensemble du monde du travail à travers des assemblées générales démocratiques permettant à toutes et tous de prendre leurs affaires en main, d’organiser la bataille politique pour les salaires, faire vivre directement la démocratie, s’organiser sur les lieux de travail, les quartiers pour décider des actions, des manifestations, de la grève.

La pire des choses serait de laisser les patrons du CAC 40 piller les richesses pour les dilapider.

Revendiquer des augmentations de salaire, de l’argent pour les services publics, empêcher les licenciements, exiger de mettre fin au chômage par la répartition du travail sont des mesures de sauvegarde de toute la société. Elles servent l’intérêt général.

La CGT, après l’appel du 5 février, a pris l’initiative d’une nouvelle journée d’action le 19 mars, avec Solidaires, FO, la FSU et des organisations de jeunesse. Personne ne se fait d’illusion sur la politique des directions syndicales qui, depuis 4 mois, protègent le gouvernement, mais cette journée est une nouvelle occasion de discuter de la suite, de nous coordonner entre entreprises, avec des Gilets jaunes, de mener notre débat pour nous concerter sur les moyens d’engager la bataille pour faire céder le patronat et le gouvernement.

Encouragés par la puissante mobilisation des travailleurs, des femmes, des jeunes, de la jeunesse d’Algérie, nous avons la possibilité de reprendre l’initiative. La classe des travailleur.se.s est la seule force capable d’ouvrir des perspectives collectives pour l’ensemble des classes populaires, d’unifier les luttes, les révoltes et les mécontentements, d’unifier aussi leurs exigences à travers un programme qui remette en cause la domination des multinationales et des actionnaires. Elle porte l’avenir de la société.

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