« Vous avez raison »… Voilà ce que Macron, roi de l’imposture, a cru bon de répondre à la pétition « Pour une baisse des prix du carburant à la pompe » qui a initié le mouvement des Gilets jaunes. Cynique, il appelle à faire « ensemble et dans le dialogue, de cette colère une chance »… après avoir refusé, des semaines durant, de satisfaire la moindre de leurs exigences et fait donner ses flics, les flash-ball, les grenades, les lacrymogènes contre les manifestants ! Derrière les phrases hypocrites, les matraques, la répression ne sont jamais bien loin. « C'est maintenant l'ordre qui doit régner » a-t-il déclaré, entouré de soldats depuis N’Djamena au Tchad.

Tout est mensonge et double jeu, à commencer par les mesures votées, au final, à marche forcée vendredi : le tour de passe-passe sur la prime d’activité, qui ne concernera que 55 % des salariés payés au SMIC, sur la CSG que les retraités devront continuer de payer jusqu’au mois de juillet… dans l’attente d’un remboursement ! Pour tout le monde, on est loin du compte.

Et pris de panique, le gouvernement a été contraint de lâcher aux policiers quelques augmentations de salaire par crainte d’une contestation de ces « forces de l’ordre » si chères à Castaner. Mais cela ne fait qu’augmenter le mécontentement des Gilets jaunes comme de tous les salariés, en particulier de la Fonction publique, dont les salaires sont gelés depuis des années… Colère qui va bien au-delà des syndicats de fonctionnaires qui quémandent la prime de Noël au gouvernement !

La colère et la révolte sont bien vivantes. Samedi, malgré les bulldozers et la répression, les manifestations ont continué, massives pour certaines. Et surtout, la minorité qui manifestait exprime une colère largement partagée dans la population.

Ouvrons la discussion, au sein du monde du travail, pour préparer la suite

Le mouvement révèle au grand jour que le gouvernement n’agit qu’en fonction des seuls intérêts du capital. Philippe le redit : « l'objectif reste de créer plus de richesse, de réduire le coût du travail, d'être plus compétitifs, de tenir nos comptes publics ». C’est une fuite en avant qui sacrifie les intérêts des travailleurs à une folle course au profit sous le fouet de la concurrence qui conduit la société dans le mur. L’économie stagne et les capitalistes en demandent toujours plus. Bilan, les bourses dévissent un peu partout et ils vont vouloir nous faire payer leur addition.

Autant de raisons de ne pas céder, c’est la suite du mouvement que nous voulons discuter.

Le pouvoir tente de contenir la contestation avec ses annonces de « grands débats ». Philippe reprend à son compte le « RIC », comme la droite et l’extrême-droite, ou LFI qui a déposé un projet de loi. Mais ces manœuvres institutionnelles sont en réalité dépassées. Le gouvernement est lui-même en train d’élargir le mouvement, de le politiser.

A travers des semaines de mobilisation, les gilets jaunes ont démontré que ce n’était pas par le bulletin de vote pour les élections européennes ou pour un referendum, que les travailleurs peuvent changer les choses mais bien par leur mobilisation, leur organisation en rupture avec le capitalisme et ses institutions.

La question des salaires se discute partout et les primes distribuées par ces grands groupes qui croulent sous les bénéfices, ne font que montrer qu’il est temps de réclamer notre dû. Le scandale des Hôpitaux publics, au bord de l’implosion suite à leur mise en concurrence et des décennies d’austérité, participe de cette contestation globale de la loi du fric.

Nous sommes le parti du travail contre le capital

Les directions syndicales se refusent à aider les travailleurs à prendre en main l’affrontement avec le pouvoir et le patronat, incapables d’exister hors du dialogue social, telle la CGT qui déclare lors d’une réunion de « partenaires sociaux » : « Vous pouvez encore vous ressaisir et changer de braquet. Il est encore temps pour le gouvernement d’agir, avant qu’il ne soit trop tard. L’action politique pour l’intérêt général doit prendre le dessus sur celle en faveur de l’oligarchie financière » !

Non, pour défendre l’intérêt général, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes, pour la lutte contre les bas salaires, les licenciements, la précarité, mais aussi pour en finir avec la loi du profit et prendre en main la marche de la société.

Face aux actionnaires qui licencient pour augmenter leurs dividendes comme à Ford, Le Maire crie à la « trahison »… alors que lui et Macron ont donné plus de libertés aux multinationales pour licencier. Et les mêmes cherchent à enrôler les travailleurs dans leur « patriotisme économique », alors que nos adversaires, sont autant Ford que Total, ou Ghosn. C’est bien la réquisition qui est à l’ordre du jour, sans indemnité ni rachat, sous le contrôle démocratique des travailleurs.

A juste titre, les gilets jaunes posent la question de la démocratie, qui dirige et au nom de quels intérêts ? A cette question, il n’y a pas de réponse si on laisse le pouvoir économique entre les mains d’une oligarchie financière. La démocratie, comme le démontre le mouvement, c’est agir par en bas, sans rien attendre des politiciens professionnels, se donner les moyens de décider et de contrôler la marche de la société pour produire en fonction des besoins de tous et toutes dans le respect de l’environnement.

Cette démocratie n’est pas celle du « peuple », une démocratie bleu-blanc-rouge dite citoyenne où la voix des actionnaires vaudrait autant que celle d’un salarié ou d’un chômeur. Elle doit être celle des producteurs, des sans travail, des sans-papiers et des migrants aussi contre la minorité qui prétend imposer sa loi à toute la société pour ses seuls profits et privilèges.

« On veut pas des miettes, on veut la boulangerie ! »

Démocratie Révolutionnaire

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