L’élection avec 55 % des voix de Bolsonaro à la présidence du Brésil, « 4ème plus grande démocratie au monde » nous disait-on, est un avertissement brutal pour le monde du travail, les classes populaires, la jeunesse.

« Nous ne pouvons plus continuer à flirter avec le socialisme, le communisme, le populisme de gauche » a-t-il déclaré dès les résultats connus. Comme si la cause de la misère était le socialisme ou le communisme et pas la politique des capitalistes et des riches !

Cet ancien capitaine parachutiste nostalgique de la dictature militaire de 1964-1985, faisant l’apologie de la torture, misogyne, raciste, homophobe, anti-IVG, a été choisi par l’armée et les classes dominantes, les banques et les milieux d’affaire, les grands propriétaires terriens, et est soutenu activement par la puissante Eglise évangéliste. Mais il est aussi le fruit pourri de 14 ans de pouvoir du Parti des Travailleurs (PT) de Lula, l’ancien syndicaliste « père des pauvres » qui avait conquis les classes populaires en promettant la justice sociale, la démocratie, mais dont toute la politique est restée entièrement dominée par les intérêts des possédants, incapable d’empêcher que sous les effets de la crise les classes populaires soient victimes de la misère et de la violence. Lula, aujourd’hui en prison accusé de corruption, a été empêché de se présenter par un système politique totalement corrompu, à la satisfaction des classes dominantes qui n’avaient jamais accepté cet ancien ouvrier, leader d’une des plus grandes grèves que le Brésil ait connu.

De Lula à Bolsonaro

C’est la désillusion, la colère contre cette prétendue gauche, sa corruption, et un immense sentiment d’impuissance qui ont conduit des pans entiers des classes populaires à basculer en quelques mois vers un vote pour l’extrême-droite.

Alors que Bolsonaro était encore un parfait inconnu aux propos outranciers, Lula et le PT ont voulu croire cet été en une possible réélection malgré le profond désaveu (il était alors crédité de 39 % contre 19 % au candidat d’extrême-droite), mais l’emprisonnement de l’ancien président pour corruption a fini de tourner la page. Le 7 octobre lors du 1er tour, Rio et ses quartiers populaires, autrefois largement acquis au PT, ont voté à 60 % pour Bolsonaro, le prétendu candidat « antisystème ». Dans les favelas où les trafiquants et les milices d’un côté, la police et l’armée de l’autre font régner la terreur (en 2017, la seule police de l’État de Rio a tué plus de mille personnes), rares sont ceux qui font confiance à Bolsonaro. Mais après 14 ans de PT, d’explosion de la misère et des inégalités, de mensonges, de corruption, ils sont encore moins nombreux à faire confiance à Haddad.

La politique des financiers secrète les démagogues d'extrême-droite

La guerre de classe que mènent la finance et les multinationales s’accompagne sur tous les continents de l’arrivée au pouvoir de démagogues d’extrême-droite ou de droite extrême tels Bolsonaro, Orban, Salvini, Erdogan, Poutine… ou Trump dans la première puissance mondiale, temple de la finance et de la violence libérale. Une violence dont les travailleurs, les pauvres, les noirs, les hispaniques sont les premières victimes comme l’illustrent les assauts démagogiques en pleine campagne de mi-mandat, Trump promettant de « passer à la manière forte » face aux milliers d’Honduriens qui fuient la misère.

La domination de l’oligarchie financière ne peut se maintenir qu’en s’appuyant sur des régimes autoritaires pour faire taire toute contestation, dominer les esprits, diviser les exploités en exacerbant et instrumentalisant les peurs et les préjugés.

Construire un véritable parti des travailleurs, démocratique, révolutionnaire

Il ne peut y avoir d’issue institutionnelle, pas plus que de « bonne » gauche à reconstruire. De Mitterrand à Lula en passant par Obama, les partis de gauche et autres « démocrates » au pouvoir n’ont jamais servi qu’à désarmer les exploités pour mieux servir les classes dominantes... préparant eux-mêmes le terrain aux démagogues d’extrême-droite.

Au Brésil comme aux USA, en Italie, en Allemagne, en France, combattre les extrêmes-droites c’est redonner toute leur actualité aux luttes des classes exploitées pour faire vivre les idées du socialisme et du communisme qu’ils haïssent parce qu’elles représentent les intérêts des classes populaires qu’ils méprisent.

Dans le monde entier, de nouvelles générations aspirent à ces idées par-delà les partis faillis qui les ont travesties. C’est la construction d’un véritable parti des travailleurs qui est à l’ordre du jour, qui ne peut-être que démocratique et révolutionnaire, ne craignant pas de contester le pouvoir aux capitalistes.

Démocratie révolutionnaire

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