A travers la confusion des batailles entre les candidats qui aspirent à servir les classes dominantes, les affaires, la corruption généralisée du système qui s'affiche, les convergences des différents programmes, à des degré divers tous libéraux et nationalistes, tous intégrés au système même quand ils prétendent rompre avec lui, un fait, une idée émergent et s'imposent : le véritable clivage n'est pas entre la droite et la gauche, populiste ou non, mais bien entre les travailleurs, les classes populaires et l'oligarchie financière, les riches.

Toute la vie sociale est façonnée par ce clivage, dominée par la lutte entre les classes dans laquelle les riches, les classes dominantes ont l'initiative et exercent une pression chaque jour plus forte sur le monde du travail.

Contre la tyrannie de la finance

Récemment a été publié le classement du magazine Forbes des milliardaires dans le monde. Leur nombre a augmenté de 13 % en un an, franchissant pour la première fois la barre des 2000 (2043 précisément, contre 1810 l'an dernier). Leur fortune globale a fait un bond de 18 % pour atteindre les 7 670 milliards de dollars. La France en compte 39. Les cinq premières d'entre eux représentent à elles seules 125,8 milliards de dollars. Bernard Arnault arrive en tête avec une fortune estimée à 41,5 milliards de dollars. Le patron de LVMH passe de la quatorzième à la onzième place mondiale. Il est suivi dans le classement français par Liliane Bettencourt. L’héritière du groupe L’Oréal pèse actuellement 39,5 milliards de dollars. Serge Dassault est en troisième position avec 16,1 milliards de dollars. François Pinault est quatrième avec 15,7 milliards et Patrick Drahi est cinquième avec 13 milliards.

Ce sont ces milliardaires qui tiennent les rênes de l'économie. Ce sont eux et les multinationales à travers lesquelles ils interviennent qui mettent le monde en coupe réglée pour accumuler toujours plus de profit à travers le jeu destructeur de la concurrence.

Plus récemment, l’organisation non-gouvernementale Oxfam a révélé comment les banques participent à ce festin macabre et permettent aux plus riches et aux multinationales d’échapper à l’impôt grâce aux paradis fiscaux.

Les 20 plus grandes banques européennes parmi lesquelles, BNP Paribas, Deustche Bank, HSBC, Société Générale, etc. réalisent 25% de leur bénéfice dans un paradis fiscal, soit un total de 25 milliards d’euros pour la seule année 2015. En France, l’évasion fiscale organisée par les banques coûte entre 60 et 80 milliards d’euros.

Les procédés des banques sont légaux, ils sont à l'image de tout un système social, juridique, politique dont tous les rouages obéissent à la logique capitaliste, faire du profit, favoriser les riches, donner toute liberté au capital de s'approprier partout dans le monde le bénéfice de tout travail humain.

Le discrédit du PS comme de LR est bien la conséquence du rejet des politiques qu'ils ont menées, à tour de rôle, au service de ce système, du grand patronat et de la finance. Les affaires ne sont au final que l'expression au sein du monde politique de cette loi du fric, cette logique du tout est permis, du mépris des classes populaires.

Le temps des imposteurs

C'est ce contexte qui a permis à Philippe Poutou de conquérir une large sympathie dans l'opinion, sympathie qui s'est aussi exprimée dans les parrainages qu'il a réussi, avec les militantes et les militants du NPA, à rassembler pour franchir la barre des 500 et devenir très officiellement l'ouvrier candidat anticapitaliste.

Il nous faut maintenant donner un contenu politique à cette sympathie, donner à la révolte, à la colère, aux aspirations qu'elle exprime une perspective, créer une dynamique, rassembler, entraîner.

Il nous faut aider le monde du travail, la jeunesse à tirer les conséquences de leur rupture avec ce monde de politiciens, d'imposteurs. Il ne s'agit pas de se contenter de démontrer l'imposture de Macron et Le Pen qui se présentent comme des candidats anti-système pour dévoyer le mécontentement général afin de mieux continuer à servir les intérêts des classes dominantes. Le ralliement de Valls à Macron est bien à l'image de cette campagne, retournement et coups dans le dos, calculs politiciens, petits jeux de massacre, climat délétère qui laisse le terrain libre à de prétendus femme ou hommes providentiels.

Croire un seul instant que Macron pourrait être un obstacle à la propagation des idées nationalistes, xénophobes et racistes qui nourrissent Le Pen serait une illusion qui vouerait les travailleurs à l'impuissance.

Aucun homme providentiel ne pourra suppléer à l'intervention consciente et organisée du monde du travail, de la jeunesse, pas plus Mélenchon que quiconque. Certes, il suscite un large intérêt, son discours de bateleur attire mais sa sixième république reste dans le cadre du capitalisme et de la patrie, de cette société d'exploitation qu'il a déjà servie en tant que ministre.

Le 18 mars, il a eu le cynisme de manifester en prétendant rendre hommage à la Commune de Paris, la première révolution ouvrière en 1871, en étouffant le drapeau rouge sous une marée de drapeaux bleu-blanc-rouge.

La question n'est pas de changer de république mais bien d'un finir avec les républiques des riches, des patrons et des banques.

C'est une toute autre voie qu'il faut suivre, elle se trace hors des institutions, dans le monde du travail, dans les consciences de millions de femmes et d'hommes qui font marcher la société, produisent toutes les richesses.

Gauche et droite ont nourri le FN, notre principal ennemi

Il est vain de croire qu'il est possible d'enrayer la montée des idées réactionnaires, de faire obstacle au FN sans combattre les politiques d'austérité, sécuritaires et militaristes qui ont labouré le terrain pour elle.

Ce sont ces partis, la droite et la gauche, qui ont fait du FN un parti comme les autres, qui ont banalisé les préjugés dont il se revendique pour mieux diviser les classes populaires, les subjuguer, dévoyer leur colère.

Et de façon plus générale, il n'y aura pas de pas en avant, d’issue progressiste à la crise globalisée du capitalisme sans l’intervention consciente des travailleurs posant la question du pouvoir et de l’expropriation des capitalistes, en refusant de rester enfermés dans les frontières de l'hexagone pour défendre une politique internationaliste.

Les travailleurs, la population doivent avoir le droit de s’organiser sur les lieux de travail et d’habitation pour assurer leur contrôle sur la société. C'est pourquoi nous sommes solidaires de toutes les initiatives, de toutes les luttes qui vont dans ce sens quelles que puissent être leurs limites comme la manifestation du 22 avril.

Les mobilisations, les révoltes, les luttes n'obéissent à aucun plan prédéterminé pas plus que leur convergence.

Le rôle des anticapitalistes et révolutionnaires est de contribuer à la prise de conscience des possibilités, des voies et moyens de changer le rapport de force et de préparer l'affrontement pour en finir avec la propriété capitaliste, conquérir le droit de décider, de contrôler la marche de la société pour mettre l’ensemble de l’économie au service des besoins sociaux, écologiques, culturels de la population.

La révolte des travailleurs et des classe populaires de Guyane jette un éclairage cru sur les conséquences dramatiques de ces politiques, montre aussi l'issue : l'organisation, la mobilisation collective des classes exploitées pour prendre en main leurs affaires, défendre leurs propres intérêts en défendant ceux de l'ensemble de la société.

Il ne peut y avoir de réponses crédibles qui ne s'appuient pas sur la perspective d'une transformation révolutionnaire de la société.

Faire converger les voix des travailleurs...

Dans cette campagne, ces idées ont deux porte-parole, Nathalie et Philippe. Certes être deux n'est pas de trop et nous sommes pleinement solidaires de Nathalie Arthaud et de ses camarades, nous additionnerons nos voix comme notre travail militant converge.

Mais il est clair que cette division ne nous aide pas à créer une dynamique, à donner confiance, à entraîner. Militer pour l'unité de la classe ouvrière, le rassemblement de ses forces suppose d'être capables d'unir nos propres forces, une politique de rassemblement des anticapitalistes et des révolutionnaires. Un parti des travailleurs ne sera pas un bloc monolithique construit et dirigé par en haut. Un réel mouvement de masse anticapitaliste et révolutionnaire naîtra de la convergence de différentes initiatives, courants, comme à son niveau et indépendamment de ses faiblesses, le NPA.

Y compris sur le plan électoral, la division ne nous renforce pas. Certes, nous ne sommes pas électoralistes au sens où nous ne pensons pas que les élections dans le cadre des institutions du système puissent permettre de changer les choses. Mais il serait stupide d'être indifférent au score que nous réaliserons. Prétendre vouloir redonner confiance à la classe ouvrière, c'est faire en sorte que nos idées gagnent en crédibilité et que cette crédibilité se manifeste publiquement par des bulletins de vote.

Nos divisions n'y aident pas de même qu'elles nous limitent concrètement quotidiennement.

Nathalie Arthaud et Philippe Poutou sont de la même génération née d'une même période, l'arrivée de Mitterrand au pouvoir en 1981. Ils se sont formés, au sein de Lutte ouvrière, à travers la même volonté militante d'agir en toute indépendance de toutes les composantes de la gauche gouvernementale même s'il y a eu rupture après l'élection présidentielle de 1995 sur la façon de donner vie à l'appel d'Arlette Laguiller à la construction d'un parti des travailleurs. Ils ont voulu contribuer à ce que notre classe se donne les armes de son combat pour changer le monde sans céder à la démoralisation face aux trahisons de la gauche.

Aujourd'hui, cette gauche ne prétend même plus changer quoi que ce soit. Le PS comme le PC s'autodétruisent dans leur soif d'intégration à l'ordre bourgeois et à ses institutions pour céder le terrain à deux hommes qui se proclament providentiels.

Ni césar, ni tribun ! L'avenir est entre les mains des classes exploitées, de leur propre activité tant sur le terrain social que politique, nous le disons les uns et les autres.

Une nouvelle époque s'ouvre dont naîtra un nouveau parti des travailleurs, des classes exploités. Ses porte-parole seront ces ouvrières et ouvriers qui, quotidiennement, luttent et résistent, les militants de cette classe ouvrière au sens large, du prolétariat, qui jour et nuit fait tourner toute la société, dans les usines, dans les écoles, dans les hôpitaux, dans les maisons de retraite, dans les supermarchés, de plus en plus souvent dans des situations précaires. Ils seront les porte-parole de toutes celles et tous ceux qui aspirent à un autre monde, un monde sans exploitation, sans riches ni pauvres, un monde respectueux de l’homme et de la nature.

C'est pourquoi, avec Philippe Poutou, nous militons pour le rassemblement des anticapitalistes et des révolutionnaires, pour que ces élections de 2017 bousculent les rapports de force, aident à la convergence des luttes comme à celles des forces de la révolution.

Le bulletin de vote qui permettra d'affirmer cette conviction, cette volonté militante, cette aspiration à la démocratie contre les divisions est celui pour Philippe Poutou.

Contre le monde des privilèges et des riches,

Faisons-nous entendre,

Votons pour l'un d'entre nous,

Votons Philippe Poutou, ouvrier candidat anticapitaliste

Yvan Lemaitre

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