A la veille de la marche contre l’islamophobie de ce dimanche à Paris, qui a rassemblé plus de 13000 personnes, s’est développée une campagne hostile portée par les médias aux ordres devenus les porte-parole du gouvernement, des Zemmour et autres RN pour dénoncer leur fantasme d’un prétendu ralliement à l’islamisme politique. Ils ont repris à leur compte les propos du premier ministre sur BFM-TV, déclarant qu’« un certain nombre, peut-être pas tous, de ceux qui appellent à manifester dimanche me paraissent s’inscrire dans une logique de communautarisme… ». Communautarisme, l’accusation est lâchée !

La gauche de la dérobade…

Il n’en a pas fallu plus pour provoquer une débandade parmi certains courageux hommes de gauche empressés de se justifier quitte à donner crédit aux accusations du pouvoir contre la manifestation.

Yannick Jadot, Europe Ecologie-Les Verts, a décidé de ne pas se rendre à la marche sous couvert qu’il ne « validait pas l’ensemble du texte » qu’il avait signé et qu’il ne souhaitait pas être aux côtés du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). David Cormand, secrétaire national d’EELV, l’a rejoint… François Ruffin a lui battu le record de grossièreté en récusant sa signature dudit appel, qu’il avait signé, dixit, par négligence « je mangeais des gaufres avec mes enfants », et ce dimanche, il a foot ! Une façon bien peu élégante et surtout cynique de se démarquer de Mélenchon, cible de toutes les attaques en particulier de la part de Marine Le Pen.

Le Parti socialiste a, quant à lui, annoncé qu’il ne se rendrait pas à la marche et a lancé un appel aux partis, de LFI aux Républicains en passant par La République en marche…, pour une manifestation, « pour la République, la laïcité et contre le racisme », le 20 novembre, des partis, pour lui, bien plus fréquentables que le CCIF !

Quant à Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, il tire en touche parce qu’il trouve le terme d’« islamophobie » trop « réducteur ».

Certes, l’usage abusif, et maintenant devenu lieu commun, du mot « islamophobie » est source de confusion. Ceci dit, il l’est plutôt moins que l’abus d’un autre lieu commun, « le communautarisme », le plus souvent associé bien sûr à l’islam ou qu’un autre lieu commun de l’establishment au pouvoir « la radicalisation » et ses signes manifestes !

En réalité, les arguments invoqués par l’un ou l’autre de ces adeptes de la dérobade sont tous de mauvais prétextes pour tenter de masquer leur capitulation devant les pressions de l’État dit républicain. Ils sont tout aussi hypocrites que celui qui invoque la laïcité pour dénoncer l’islam et le voile, argument qui n’empêche pas une grande tolérance à l’égard des écoles privées religieuses, on ne peut plus chrétiennes, financées par l’État de la dite république !

Des arguments qui relaient la campagne du pouvoir

Le fond du problème n’est pas là mais bien dans l’impérieuse nécessité de combattre la scandaleuse campagne engagée par le pouvoir et la grande majorité des médias avec le soutien actif de toute la droite et de l’extrême droite, une campagne de haine contre les musulmans dont l’attentat de Bayonne a montré les terribles conséquences. Cette campagne vient en complément de la dénonciation des salariés en lutte.

Il est évident que, quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir de l’usage du mot « islamophobie », il est une nécessité absolue de saisir toutes les occasions de dénoncer cette campagne qui vise l’ensemble des classes populaires, de ne pas céder un pouce de terrain contre les préjugés obscurantistes du racisme et de la xénophobie.

Dénoncer la campagne dont sont l’objet les musulmans ou celles et ceux qui sont supposés l’être, implique de manifester et de nous battre avec eux, bien évidemment. De faire respecter aussi les femmes qui portent le voile ce qui ne signifie en rien abdiquer de la lutte contre l’obscurantisme religieux, sous toute ses formes, ou tout ce qui vise à soumettre les femmes, comme le voile, mais par des méthodes démocratiques et révolutionnaires, qui ne peuvent que s’opposer à toute stigmatisation ou humiliation.

Une seule classe ouvrière

Les critiques formulées à l’égard de l’appel à manifester se gardent bien d’en pointer la principale limite : il ne se situe pas du point de vue des classes opprimées, du monde du travail pour appeler à la nécessaire unité de classe de tous les exploités contre ceux qui voudraient diviser, obscurcir les consciences, étouffer la contestation en flattant les pires préjugés réactionnaires.

Le combat contre l’offensive réactionnaire du pouvoir est indissociable du combat contre son offensive contre le monde du travail dans son ensemble.

Les mesures décidées par Macron contre l’immigration en sont la brutale et cynique illustration. Ces mesures réjouissent le Medef à qui la politique des quotas et de l’immigration choisie chère à Sarkozy fournira une main d’œuvre bon marché tout en fragilisant toutes celles et tous ceux qui risquent leur vie pour échapper à la misère, aux dictatures et à la guerre. L’appareil d’État sera, là encore, mis à contribution pour satisfaire aux besoins du patronat.

La lutte contre la campagne contre les musulmans, contre le racisme, tous les racismes si tant est que ce mot se conjugue au pluriel, est la même que la lutte contre les attaques contre les migrants ou celles contre l’ensemble du monde du travail.

C’est un seul et même combat qui se mène tant sur le terrain social que politique.

Il est de l’intérêt de toutes et tous de le prendre en main, dans les entreprises et les lieux de travail, dans nos quartiers, pour faire, en particulier, du 5 décembre le point de départ d’un mouvement d’ensemble pour mettre en échec l’offensive réactionnaire du gouvernement, des gros actionnaires, de la finance au nom de leur religion du fric.

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