Lundi dernier, le 28 octobre, la mosquée de Bayonne a été l’objet d’un attentat. Un ancien candidat du FN en a dynamité l’entrée puis il a tiré sur deux personnes qui en sortaient, les blessant gravement. Il a ensuite incendié une voiture dont le propriétaire a failli mourir.

Le lendemain, une majorité de sénateurs votaient une proposition de loi d’un élu de la droite LR consistant à interdire le port d’insignes religieux, dont le voile, aux mères d’élèves accompagnant les sorties scolaires. Une façon de donner raison à l’élu du RN qui avait apostrophé et humilié publiquement, en pleine séance du conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, une mère d’élève portant un foulard qui accompagnait la sortie à laquelle participait son fils.

Le « en même temps », ou le double jeu pervers de Macron

Tout le monde politique, y compris Le Pen, a condamné l’attaque de Bayonne mais jusqu’à ce jour, il n’a pas été question de la qualifier d’« attentat terroriste ». Quant aux autres manifestations de racisme à l’égard des musulmans, Macron et ses ministres les ont désavouées mais comme si elles n’étaient qu’excessives, « contre-productives » a déclaré Blanquer à propos de la proposition de loi votée par le Sénat, après s’être signalé en disant « le voile n’est pas souhaitable dans la société ». Bien plus, Macron et son gouvernement ont préparé le terrain, suscité la surenchère du côté de la droite et de l’extrême droite en même temps qu’ils prétendent les combattre. N’est-ce pas Macron lui-même qui s’était empressé d’ouvrir un débat sur l’immigration à l’Assemblée nationale, sous le cynique prétexte de répondre aux prétendues préoccupations des Gilets jaunes ? Et maintenant, son Premier ministre, Philippe, d’annoncer la mise en œuvre de ce débat en rendant plus difficiles, entre autres, l’accès à l’aide médicale d’État (AME) pour les étrangers et le regroupement familial pour les immigrés… Et Macron de s’épancher sur tous ces problèmes dans une interview de 12 pages accordée au magazine de la droite la plus réactionnaire, Valeurs actuelles !

Non une simple diversion mais une politique de classe lucide

Macron se pose en rempart contre l’extrême droite et en distille en même temps tous les préjugés les plus réactionnaires, tout à fait consciemment. Cela fait partie de la guerre de classe qu’il mène contre les travailleurs et toute la population pour le compte des multinationales et des classes privilégiées. Il espère diviser les travailleurs entre eux, étouffer leur lucidité et leur conscience par le poison du racisme, pour nous imposer la baisse des salaires, de la protection sociale, la dégradation des services publics.

Ce 1er novembre, entre en vigueur la première partie de la réforme de l’assurance-chômage qui durcit encore les conditions ouvrant les droits à l’indemnisation. Il faudra avoir travaillé 6 mois sur 28 au lieu de 4 mois sur 26 pour y accéder et, pour recharger ses droits, il faudra une nouvelle période de 6 mois contre un mois aujourd’hui. La moitié des personnes indemnisées, 1,3 million, verra ses droits réduits ou supprimés alors que déjà, 2,7 millions de travailleurs au chômage seulement, sur les 6 millions inscrits à Pôle emploi, sont indemnisés. Le gouvernement veut ainsi économiser 3,4 milliards d’ici à la fin 2021.

La démocratie, c’est l’action collective des travailleurs

A la SNCF, les cheminots du dépôt de maintenance des TGV ouest à Châtillon se sont mis en grève, sans préavis ni mot d’ordre syndical, lorsque leur direction leur a annoncé qu’elle allait leur enlever 12 jours de congés par an.

Dans les hôpitaux, après des annonces dérisoires du gouvernement au regard des besoins, la grève continue à s’étendre, dans tous les services et toutes les régions. Le collectif inter-hôpitaux et l’intersyndicale appellent à une journée de grève et de manifestation nationale le 14 novembre pour des créations de postes et des augmentations de salaires.

Avec la réforme des retraites, les revenus de tous les travailleurs seront amputés de l’équivalent de plusieurs années de salaire sur toute leur vie. La grève du 5 décembre contre cette réforme est maintenant appelée par quasiment tous les syndicats dans tous les secteurs. C’est sous la pression des salariés en lutte, dans les transports, la santé, et du mécontentement général que les directions syndicales se sont vu contraintes d’appeler à ce qu’elles-mêmes nomment une « première journée » de grève interprofessionnelle. La révolte, l’organisation démocratique des luttes ont mis hors jeu le « dialogue social » qui n’est qu’un jeu de dupes. La journée du 5 décembre peut devenir le point de départ d’une grève reconductible, comme les salariés de la RATP qui en ont été à l’initiative, mais aussi des cheminots, veulent le faire, une étape vers l’affrontement général nécessaire pour mettre un coup d’arrêt à l’offensive anti-ouvrière du gouvernement, imposer les revendications qui répondent aux besoins de la population, étouffer la campagne raciste par l’affirmation de la solidarité de tous les travailleurs, quelles que soient leurs origines et leurs convictions philosophiques ou religieuses.

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