Le gouvernement porte l’entière responsabilité des violences qui se sont déroulées samedi en particulier sur les Champs Élysées à Paris. D’abord par la violence contre les travailleurs et les classes populaires de sa politique toute dévouée aux seuls intérêts du grand patronat, des actionnaires, des riches. Ensuite par son arrogance et son mépris face aux légitimes exigences portées par les gilets jaunes, son obstination aveugle à maintenir la hausse de taxes iniques sur les carburants ou à refuser une augmentation significative du Smic. Enfin par le déploiement policier qui visait à humilier les manifestants en les filtrant sur les Champs Élysées et qui a répondu à la révolte par une brutale répression. A son retour de Buenos Aires et du G20, le sommet des maîtres du monde capitaliste, Macron a congratulé sa police sans trouver un mot en réponse aux demandes des gilets jaunes puis annoncé que son premier ministre allait recevoir les chefs des partis parlementaires et une délégation de gilets jaunes. En clair, gagner du temps, tenter d’étouffer le mouvement, réprimer.

Il a fait le choix de l’affrontement. Son propre mouvement tangue devant la vague montante de l’impopularité et de la colère, il est lui-même isolé, déconsidéré, rejeté par l’immense majorité de la population. Il a d’ores et déjà perdu les élections européennes et ne peut tenter de reprendre la main que par une brutale intransigeance acculant le mouvement à l’affrontement dans le but de le déconsidérer. Il joue aussi un jeu politicien pervers en attribuant à la droite et l’extrême droite, à Marine Le Pen en particulier, la responsabilité du mouvement. Marine Le Pen et ses amis s’emploient à en capter les bénéfices en posant aux plus solides soutiens des gilets jaunes et des classes populaires.

Mais dans la réalité, la mobilisation échappe aux petits calculs des politiciens et Macron lui donne de nouvelles raisons de se renforcer.

C’est bien pourquoi l’attitude des organisations syndicales est particulièrement scandaleuse et tourne le dos à la défense des intérêts des travailleurs. Y compris celle de la direction de la CGT. Certes, cette dernière appelait à manifester samedi en même temps que les organisations de chômeurs. Mais elle n’appelait pas en solidarité avec les gilets jaunes, elle ne militait pas pour la convergence des révoltes mais pour affirmer son propre appareil. Une telle politique laisse le terrain à la droite extrême et à l’extrême droite se drapant dans le bleu-blanc-rouge au nom du peuple et de la France.

Comme si tous les Français étaient égaux ! Justement non, et c’est bien le sens du mouvement, la lutte contre les inégalités, la lutte pour vivre dignement et non survivre sans perspectives face à un avenir bouché.

La révolte, ses exigences et revendications ont un caractère de classe, elles sont celles de la classe exploitée contre ceux qui s’enrichissent sur son dos.

Ce qui se passe en France se déroule au niveau de toute l’Europe et du monde. Partout, l’offensive du capitalisme financier mondialisé provoque une régression sociale généralisée. Les prix augmentent et les salaires stagnent ou baissent. La précarité se généralise, de plus en plus nombreux sont celles et ceux qui ont été ou sont confrontés à la pauvreté ou à des privations, en particulier sur la santé, inacceptables.

A l’opposé les bourses ont atteint des sommets inimaginables, les actionnaires se remplissent les poches. Une telle folie ne peut durer éternellement. Déjà, les bourses se retournent, baissent, des milliards que les capitalistes nous ont volés partent en fumée. Et c’est à nous qu’ils voudront faire à nouveau payer la facture.

« Macron démission » crient de nombreux manifestants mais pour mettre qui à la place ? Marine Le Pen, notre pire ennemi ? Et les mêmes souvent prêchent l’apolitisme tout en chantant la Marseillaise.

C’est tout le système qu’il faut changer.

Il y urgence à ce que les travailleurs prennent les choses en main, dans le mouvement des gilets jaunes pour contrecarrer les manœuvres de l’extrême droite, dans leurs organisations syndicales. Il n’est pas possible de laisser Macron faire son sale boulot et l’extrême droite récupérer la mise pour faire pire encore. Au-delà même du mouvement des gilets jaunes, la révolte est contagieuse, les discussions vont bon train, la jeunesse commence à se mobiliser. De plus en plus nombreux sont les militants syndicalistes qui s’engagent pour la convergence de la colère. Les travailleurs ont les moyens de prendre en main avec leurs armes, la grève, les manifestations, l’organisation démocratique la lutte contre la vie chère, pour les salaires, les pensions et les allocations. Ils peuvent obliger leurs organisations à prendre leurs responsabilités, s’organiser eux-mêmes, démocratiquement, sur les lieux de travail ou les quartiers.

Le moment est venu de mettre un coup d’arrêt à une politique hostile aux intérêts du monde du travail et de toute la population.

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