L’agression terroriste des USA contre le Venezuela, le rapt de Maduro, leur mainmise sur le pays et ses richesses, est d’abord et avant tout un acte de guerre qui menace l’ensemble des peuples et des travailleur·es de la planète. Il s’inscrit dans l’offensive économique, technologique, commerciale et militaire dans laquelle est engagée la première puissance mondiale pour tenter d’enrayer son inexorable déclin. Les menaces directes renouvelées en direction du Groenland, de la Colombie, de Cuba ou de l’Iran (avec la collaboration d’Israël) démontrent une accélération dans la fuite en avant militariste de la première puissance mondiale. Les esprits conservateurs peuvent y voir le retour de l’impérialisme, de la doctrine Monroe ou la continuité du passé impérialiste, en réalité une rupture s’est opérée dont les suites représentent une sérieuse menace pour l’humanité. Cette agression montre sans la moindre ambiguïté la logique prédatrice et destructrice en route qui conduit à une prise de conscience au sein du prolétariat de la menace qu’elle représente et qu’il est seul à pouvoir enrayer.

Œuvrer à cette prise de conscience, la renforcer, l’armer d’une politique et d’un programme est au centre de nos préoccupations. C’est indissociable de la politique qui nous rassemble autour de la perspective d’un pôle du regroupement des révolutionnaires, elle en souligne la nécessité impérieuse tout en éclairant les désaccords que nous pouvons avoir sur la façon de la mettre en œuvre.

Les évolutions accélérées éclairent les débats, obligent les différents courants à formuler leurs réponses, à les confronter pour, à partir de là, mener la discussion vis-à-vis des autres courants du mouvement ouvrier révolutionnaire afin de définir collectivement une stratégie répondant à la période, base pour avancer vers un possible regroupement.

Il n’est plus à démontrer que les formules du dernier congrès, « la fusion par la construction » et « construire le parti que nous voulons à partir de ce que nous sommes » sont dépassées par l’évolution et les possibilités qu’ouvre la déroute du capitalisme tant au niveau international que national. Nous avons besoin de réévaluer les erreurs d’analyse antérieures.

Nous connaissons un moment où les contradictions entre les idées et conceptions héritées du passé se confrontent aux réalités nouvelles de la lutte des classes, le mouvement révolutionnaire ne pourra dépasser ses divisions stériles qu’à condition qu’il s’attache à ce travail collectif pour formuler une compréhension commune de la période.

La nécessaire réappréciation de la guerre d’Ukraine au cœur de la discussion

L’article de fin 2025 (paru dans Révolutionnaires) intitulé « À qui aura profité la guerre en Ukraine ? » illustre cette nécessité. Il est surprenant que nous écrivions un tel article de bilan d’une guerre qui est loin d’être terminée sans aucune analyse historique ni sur les origines de la guerre ni sur la suite pour en faire un bilan prématuré fondé sur des interprétations pour discuter à qui elle aura profité !

« L’invasion à grande échelle de l’Ukraine déclenchée par Poutine en 2022 a permis à l’administration américaine de Biden d’imposer enfin une des revendications de longue date des États-Unis vis-à-vis de leurs alliés (et subordonnés) européens : le découplage économique de la Russie, surtout dans le domaine de l’énergie. » Donc les USA auraient gagné sur des objectifs qui, initialement, n’étaient pas les leurs mais que Poutine leur aurait permis de réaliser ! Heureusement qu’il est écrit plus loin « Évidemment il reste les aspects politiques du choc impérialiste entre la Russie et les Occidentaux. » Évidemment, certes, ce qui suppose de discuter d’où vient historiquement ce « basculement vers un nouveau mode de la domination impérialiste américaine » que décrit l’article. Ne correspondrait-il pas à une nouvelle phase du développement du capitalisme ? Quelle et sa signification historique ? Et surtout, du point de vue du prolétariat, de la stratégie révolutionnaire ? Du point de vue de nos tâches ? Autant de questions auxquelles nous avons besoin de répondre car il n’y aura pas de pôle des révolutionnaires si nous ne sommes pas capables de formuler et de discuter publiquement de nos réponses à ces questions. En particulier celle de la réalité de la prétendue menace russe que l’auteur de l’article reprend à son compte.

Là encore y répondre suppose une compréhension globale et historique pour préserver notre indépendance de classe vis à vis de la propagande de notre propre bourgeoisie. « Rien ne dit, peut-on lire dans l’article, que le régime de Poutine, renforcé par une demi-victoire en Ukraine et dont l’économie est dopée à la guerre, ne cherche pas à aller au-delà de ce qu’il aurait déjà obtenu. Mais rien de matériel ne permet non plus de l’affirmer, quoi qu’en disent Macron et les dirigeants de l’UE dont l’alarmisme vise à la fois à embrigader leurs propres populations et à se montrer menaçant à l’égard de la Russie. Personne ne peut prévoir les formes futures de cette confrontation entre Europe et Russie – qui pourrait connaître un engrenage guerrier ou au contraire se maintenir autour d’une forme de statu quo sur le dos des travailleurs et des peuples. Aujourd’hui elle sert en tout cas de moteur autant que de justification à la politique militariste européenne. » Soit l’un soit l’autre ! Peut-être que oui, peut-être que non mais le peut-être que non n’a d’autre usage que de crédibiliser le thème de la menace russe, le thème de la propagande de l’État ! Et cela, juste avant la réunion de « la coalition des Volontaires » qui a vu la France et la Grande-Bretagne signer une « déclaration d’intention » sur l’envoi de troupes en Ukraine, au sein d’une « force multinationale », une fois un cessez-le-feu signé. Il pourrait s’agir de « plusieurs milliers d’hommes » côté français, a ajouté Macron. Le tout avec la bénédiction des USA qui en seront le garant.

Il est clair que l’Allemagne et la France se disputent le leadership de la militarisation contre la Russie au nom de l’Europe de la défense. Prétendre l’inverse ou mettre les deux menaces au même niveau revient à céder à la propagande officielle qui prédomine dans les appareils syndicaux, à gauche. De la même façon qu’en 2022 refuser de voir la guerre par procuration menée par les USA et l’Otan en Ukraine contre la Russie pour ne voir que l’agression de Poutine.

Pourtant tout converge aujourd’hui pour convaincre de la responsabilité des vieilles puissances impérialistes dans le déclenchement de la guerre d’Ukraine comme aujourd’hui l’instrumentalisation de cette guerre pour mettre en œuvre une politique militariste, politique de réarmement au nom d’une improbable Europe de la défense. Et ce sont bien ces vieilles puissances rivales entre elles cependant, y compris en concurrence avec leur mentor US, qui sont à l’offensive et cela depuis l’effondrement de l’URSS.

Nous avons besoin d’intégrer dans nos raisonnements ce que les luttes de classes démontrent sans craindre des réajustements critiques. Il n’y a pour l’ensemble du mouvement révolutionnaire pas d’autre voie vers un regroupement national et international que cette démarche démocratique.

« Notre priorité vis à vis de LO » et ce que nous dit le congrès de Lutte ouvrière. N’y a-t-il pas une erreur de méthode ?

Nous partageons le constat que LO occupe une place spécifique dans l’histoire du mouvement trotskyste et de sa décomposition, qu’elle représente une des organisations qui a réussi à se maintenir, qui a une réelle implantation ouvrière et dont nous partageons l’essentiel des analyses et prises de position en particulier sur des points comme la guerre d’Ukraine que la direction du NPA-R combat sans avoir éprouvé le besoin d’en discuter sérieusement par écrit, malgré sa « priorité ». Désaccord que nous retrouvons, par exemple, dans les éditos qui ont suivi le coup de force contre le Venezuela.

Ce bilan sommaire ne peut nous faire oublier le tournant pris au moment de l’exclusion des camarades qui allaient fonder notre courant puis, onze ans plus tard, des camarades de L’Étincelle « Fraction de LO » et les transformations qui se sont opérées depuis, conséquences de ce tournant, dont le dernier congrès de LO donne la mesure.

En conclusion de ce congrès, nous pouvons lire : « Il faudra que nos perspectives, notre programme, survivent au sens le plus matériel du terme. Mais « survivre », c’est de nos idées, de notre programme et, bien au-delà, de notre volonté de créer une société qui devienne véritablement humaine, qu’il s’agit[i]

Alors, transmettre et défendre nos positions, y compris et surtout dans notre programme, est notre façon de continuer à défendre le marxisme. Si la guerre se rapproche, il faut que nous nous protégions. Certes, pour faire la révolution, il faut commencer par survivre. Mais pas à n’importe quel prix et n’importe comment ? : pour survivre, il faut que nous conservions notre programme et nos idées. »

La période à venir sera plus difficile et la guerre nous atteindra sans doute, car le prolétariat n’est pas du tout en mesure de s’en défendre. Rappelons-nous que même un prolétariat autrement plus organisé et fort politiquement n’a pu empêcher la Première Guerre mondiale ! Alors la période sera ce qu’elle sera mais nous, nous sommes censés rester ce que nous sommes ? : des communistes révolutionnaires, c’est-à-dire des gens convaincus que le prolétariat, qui a déjà pris le pouvoir auparavant, a l’avenir entre les mains. »

Plus loin de préciser : « Qu’entendons-nous par trotskysme aujourd’hui ? Pour le résumer en quelques phrases, c’est d’abord la compréhension par Trotsky de la politique bolchevique après la révolution d’Octobre 1917. Insistons sur ce point : ce n’est pas ce que Trotsky a mis en avant au début de sa vie militante, où il avait tort. » Un schématisme quelque peu manichéen qui pourrait s’appliquer à Lénine qui, avant d’avoir raison, avait tort ! Étrange compréhension de l’histoire, du rôle des militants, de la lutte d’idées, de la façon dont naissent et se formulent les idées elles-mêmes, un marxisme frelaté par les influences d’un volontarisme moraliste qui est la négation de toute démarche scientifique.

La politique de « survie » des camarades de LO devrait nous amener à relativiser « nos priorités ».

Peut-être pourrait-il être utile que le CE engage une discussion écrite à partir de leurs textes de congrès auquel nous n’étions, par ailleurs, pas invités.

Le NPA-R et le congrès de la Ligue internationale socialiste (LIS) [ii]

Dans un article publié dans Révolutionnaires, « 3e congrès mondial de la Ligue internationale socialiste : une tentative de regroupement révolutionnaire », nos camarades rendent compte de ses riches débats en particulier du fait qu’il a « acté le rapprochement et l’intégration de plusieurs groupes dans la LIS : le Mouvement Alternative socialiste (MAS) du Portugal, Socialist Horizon aux États-Unis, la Ligue pour la Cinquième Internationale (L5i) qui s’engage dans un processus d’intégration sur deux ans, et enfin l’Opposition trotskiste internationale – avec sa section italienne, le Parti communiste des travailleurs (PCL) – qui, elle, avait déjà franchi le pas il y a quelques semaines. Après plusieurs années d’échanges, ils avancent dans un regroupement international sur la base d’accords programmatiques sur la guerre en Ukraine et la question nationale palestinienne. »

Nos camarades se félicitent de cet « effort salutaire de réunir les forces des révolutionnaires, qui mérite dès lors de réussir » tout en considérant ce regroupement comme « plutôt les « incorporations » à la LIS ». Ils précisent « la méthode même de ce processus interroge. Nous ne pensons pas que ce type d’accords suffisent à rassembler durablement nos forces. Pour regrouper, il ne suffit pas de s’accorder sur des cadres programmatiques minimaux – bien que nécessaires – sans discuter les désaccords et passer l’épreuve de tests concrets. Le lien entre ces discussions sur les aspects programmatiques d’une part, et les étapes de construction de nos organisations, leurs tâches pour une intervention et la construction de directions nationales d’autre part, n’est ni simple ni mécanique. Pour faire le bilan de nos positions respectives, nous préférons commencer par militer ensemble afin de les mesurer, de les confronter sur le terrain, en intervenant dans les luttes lorsque c’est possible. Mais une telle perspective n’est pas aisée à mettre en place sur un terrain international, où les transpositions ne sont pas toujours possibles, faisant ressortir le manque d’une direction internationale reconnue et éprouvée par l’expérience. » Et notent « Un certain nombre de discussions de fond abordées, qui laissaient entrevoir des divergences de conception parmi les participants (nature de l’État chinois, « éco-socialisme », conception féministe…), ont été éludées, pour privilégier le processus de regroupement. Remises à plus tard, certes, mais elles n’en soulignent pas moins les difficultés du pari. » Ils précisent « les échanges entre révolutionnaires doivent se poursuivre, et se multiplier. C’est un des grands mérites du cadre proposé par la LIS. Toutefois, dans un monde mû par de profondes reconfigurations, il est essentiel que les révolutionnaires discutent certes de leurs points d’accord, mais peut-être surtout de leurs désaccords. »

On ne peut que souscrire tout en soulignant que ce qui est vrai dans les relations internationales l’est aussi dans les relations entre courants ou fractions au niveau national ce qu’ont refusé les deux fractions majoritaires entre elles ou avec les autres courants. Nous supposons que personne ne voit dans les débats aux Rencontres d’Eté Révolutionnaires avec LO une discussion.

« Une prochaine opportunité de le faire sera la Conférence internationaliste de Paris, dont la quatrième édition aura lieu en mai 2026, organisée par le NPA-R, Lotta Comunista, la LIS et le comité promoteur. » oui et tout le monde s’en félicite. Il semble cependant nécessaire de préciser que la discussion entre les accords et les désaccords est une discussion globale qui devrait viser à définir ce qui, politiquement, permet d’agir ensemble que ce soit au niveau international ou national, la nature des désaccords, leur évolution possible...

« Il ne s’agira pas à cette occasion de construire une nouvelle Internationale, mais de porter un cadre d’échanges politiques et d’expériences militantes. C’est une étape modeste, mais un préalable indispensable pour poser sur des bases solides l’internationalisme prolétarien. » Peut-être que les bouleversements en cours pourraient encourager à aller plus loin, à élaborer plus avant les cadres politiques des coopérations à venir ?

Les propositions de la LIS encouragent à aller de l’avant

Dans un article publié dans le dernier numéro de leur revue Révolution Permanente, intitulé De la Ligue communiste au NPA, histoire d’une dérive [iii], les camarades de la LIS écrivent : « L’apparition du NPA-R, en réaction à la scission organisée en plein congrès par la direction du NPA avec la complicité du SU, ouvre une possibilité qui ne doit pas conduire à une nouvelle frustration.

Pour y parvenir, il est essentiel :

- De réaffirmer le programme révolutionnaire : le NPA-R ne doit pas se réduire à un espace de « résistance », ouvriériste et centré sur un syndicalisme combatif, choses certes valables mais insuffisantes.

- Il a besoin d’un programme explicite d’indépendance de classe et doit défendre la perspective d’un gouvernement ouvrier.

- Une démarcation claire avec le réformisme. Construire un parti léniniste avec un centralisme démocratique. Des liens organiques avec les luttes ouvrières et populaires.

- Dans le cadre d’une stratégie internationaliste de regroupement des révolutionnaires, loin du sectarisme dogmatique de LO et de Lotta Comunista (Italie).

Nous nous appuyons sur l’expérience acquise depuis l’adhésion de l’OIT-PCL à la Ligue internationale socialiste (LIS) cette année et sur le processus d’intégration en cours de la LIS avec la Ligue pour la Cinquième Internationale (L5I) et le MAS-Portugal, en vue du troisième congrès qui se tiendra en décembre 2025.

Nous souhaitons donner la priorité aux accords sur les principales caractéristiques et politiques de la situation mondiale et nationale, en nous basant sur un programme de transition.

Sans ignorer les nuances ou les divergences qui persistent, mais en les traitant avec la méthode du centralisme démocratique. Au sein d’une même organisation, tout en établissant la confiance et une nouvelle tradition qui transcende les courants d’origine.

Nous espérons que les conditions seront réunies à l’avenir pour ouvrir un débat plus approfondi entre le NPA-R et la LIS, qui nous permettra d’entreprendre une voie commune vers le regroupement international des révolutionnaires. »

Nous imaginons que, bien évidemment, il y a un accord entre les camarades pour engager cette discussion qui nous semble indispensable et pourrait être l’occasion de préciser nos propres positions. (Après la rédaction de cette contribution, la LIS a publié une réponse au NPA-R)[iv]

Une politique pour le rassemblement des révolutionnaires ne peut ignorer RP et le Courant Révolution Permanente (Quatrième Internationale).

Dans un texte intitulé Débats. LIS, LCI, ITO : des tendances trotskistes qui s’unissent, mais sur quelles bases ? [v] les camarades du courant international auquel appartiennent les camarades de RP critiquent la démarche de la LIS, leur orientation à l’égard de la guerre par procuration en Ukraine, critique dont nous partageons l’essentiel, et plus largement la méthode qui conduit au regroupement en cours. Il parle à son sujet de « Cet internationalisme folklorique (basé sur la « coexistence » fondée sur des « différences partielles ») n’a rien à voir avec le type de lutte révolutionnaire unifiée incarnée par l’Internationale communiste fondée en 1919 ou la Quatrième Internationale de 1938. » Cette critique peu fraternelle et solidaire se revendique de l’IC et de la IV dont les camarades se proclament les continuateurs. Centrés sur la construction de leur propre courant, ils définissent ainsi le « trait distinctif de notre courant international que nous considérons comme une partie essentielle de la lutte pour la reconstruction de la IVème Internationale. »

D’un point de vue marxiste, la méthode qui consiste à prétendre reproduire l’IC ou reconstruire la IV sans confronter cet objectif aux réalités objectives et subjectives, dont le niveau pratique et théorique du mouvement révolutionnaire, de la période actuelle, est une absurdité. Il est le produit d’une direction autoproclamée qui s’octroie des mérites qu’elle ne peut avoir. « La crise de la direction du prolétariat mondial » qui était le point de départ de la démarche de Trotsky n’a pas été surmontée et, en conséquence s’est approfondie. Les dérives de bien des courants qui ont pu voir dans la révolution chinoise une révolution prolétarienne et socialiste en sont une des nombreuses conséquences.

Les décisions du congrès du CRP semblent infirmer notre propos : « La XIVème Conférence du CRP-QI[vi]  approuve la reprise et l’actualisation de la politique du Mouvement pour une Internationale de la Révolution Socialiste, qui représente pour nous la IVème Internationale.

Nous sommes conscients qu’aucune des organisations actuellement existantes qui se revendiquent révolutionnaires ne peut, à elle seule, résoudre cette tâche de portée historique. Contre toute auto-proclamation sectaire, nous soutenons que la construction de partis ouvriers révolutionnaires et la mise sur pied d’une internationale de la révolution sociale, ce qui implique pour nous la refondation de la IVème Internationale sur des bases révolutionnaires, ne sera pas le produit du développement évolutif de nos organisations ni de notre tendance internationale, mais le résultat de la fusion des ailes gauches des organisations marxistes révolutionnaires et de secteurs de l’avant-garde ouvrière et de la jeunesse qui s’orientent vers la révolution sociale »).

Nous votons la constitution d’un Comité chargé de l’élaboration d’un manifeste appelant à impulser ce mouvement (non pas comme un « programme achevé, mais comme une mise en discussion des principaux noyaux stratégiques et programmatiques que nous considérons comme devant, conjointement avec l’épreuve de la pratique politique et de la lutte de classes, délimiter le champ de la gauche révolutionnaire » et pour « s’adresser de manière offensive à l’avant-garde des processus de lutte et politiques »), composé de camarades du CRP-QI et des groupes invités à la XIV? Conférence — March to Socialism de Corée du Sud, le groupe Rouge ! de Belgique, le groupe What is to be done au Canada et des camarades de l’État espagnol — sur la base de l’accord de leurs délégués présents, qui le soumettront à leurs organisations respectives. Cette commission devra se réunir pour organiser l’élaboration dudit Manifeste et discuter de toutes les tâches nécessaires pour impulser ce mouvement. »

En réalité, cette résolution exprime les contradictions qui mûrissent entre les réalités nouvelles et les conceptions du passé en réponse au recul et au processus de décomposition du mouvement trotskyste.

L’enjeu de la discussion est de remettre les pendules à l’heure. La tâche de reconstruire la Quatrième internationale est hors de l’histoire qui ne connaît pas la marche arrière. Elle ne peut se concilier avec celle de construire une cinquième internationale. Nos camarades ont à choisir entre l’ambition légitime d’élaborer une démarche programmatique répondant aux besoins de la période et leur illusion de pouvoir reconstruire la IV, ce qui n’a pas de sens d’un point de vue marxiste, et le sectarisme pratique qui est le leur vis-à-vis des autres courants et tendances du mouvement révolutionnaire, sectarisme qui s’associe à la démarche opportuniste d’appeler à la constitution d’un large front anti-impérialiste incluant ceux qui défendent « l’honneur bafoué de la France ».

Rompre avec les rivalités de micro-appareil pour construire l’état-major des luttes révolutionnaires à venir

Le principal enseignement des expériences, des échecs passés et des divergences en discussion est que toute politique visant au regroupement des révolutionnaires suppose de la part de ses initiateurs de souhaiter leur propre dépassement, de rompre avec les vieux cadres qui se sont imposés à travers notre histoire, le long parcours de l’épuisement de l’impulsion donnée par la IV et Trotsky sous la pression du recul pour s’atteler à élaborer une stratégie répondant aux évolutions de la lutte des classes, du capitalisme et du prolétariat mondialisé.

La nécessaire préservation des acquis que chaque courant pense représenter ne saurait devenir un conservatisme, une politique de « survie » alors que de gigantesques bouleversements s’invitent dans un avenir proche. En corollaire, faire vivre sans crainte une dynamique démocratique vivante tant dans les organisations existantes qu’entre elles, pour rompre avec la politique de scissions, d’exclusions, de mises à l’écart, voire de calomnies est une exigence. Avancer vers un cadre de regroupement tout en respectant les rythmes de chacun, leurs acquis implique des rapports démocratiques entre organisations et militant.es sans craindre que ces derniers s’emparent du débat.

Par ailleurs, la confrontation des expériences, des pratiques différentes ne peut se faire que dans le cadre de bases stratégiques communes, de bases programmatiques communes qui sont les critères d’appréciation sauf de tomber dans un activisme moraliste dont les limites s’imposent vite.

Le rassemblement des révolutionnaires ne concerne pas uniquement les militant.es organisé.es mais, bien au-delà, toutes celles et ceux qui n’ont pas abdiqué de changer le monde et ont rompu avec les appareils de la gauche parlementaire ou syndicale. Ils ne se retrouvent pas dans les orgas réellement existantes, désorientés par les divisions et le sectarisme ambiant, mais sont en réalité partie prenante du processus.

En guise de non-conclusion, ce texte vise, en toute lucidité sur le bilan collectif et le nôtre en particulier, à partager notre expérience avec les camarades qui sont réunis, à travers des histoires proches, par le même souci de l’unité pour construire un parti révolutionnaire des travailleur·es. La question revient sur l’établi dans un contexte radicalement différent qui fait que personne ne pourra y échapper.

Encore une fois, les conceptions façonnées par le long recul du mouvement ouvrier rentrent nécessairement en contradiction avec son avenir, des contradictions qu’il nous faut collectivement dépasser. Le NPA-R est né de ces contradictions et constitue un outil pour contribuer à les dépasser.

Le 10/01/2026

Démocratie révolutionnaire  

[i] https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/conclusions-189177.html

[ii] https://npa-revolutionnaires.org/3e-congres-mondial-de-la-ligue-internationale-socialiste-une-tentative-de-regroupement-revolutionnaire/

[iii] https://lis-isl.org/wp-content/uploads/2025/12/RP-No9-Frances.pdf

[iv] https://lis-isl.org/fr/2026/01/reponse-au-npa-r/

[v] https://www.revolutionpermanente.fr/Debats-LIS-LCI-ITO-des-tendances-trotskistes-qui-s-unissent-mais-sur-quelles-bases

[vi] https://www.revolutionpermanente.fr/Resolutions-de-la-XIVe-Conference-du-Courant-Revolution-Permanente-Quatrieme-Internationale

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